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Cameroun : Avancées, piliers et dangers de l’ IA présentés à un atelier du Minpostel dédié aux administrations publiques   

[DIGITAL Business Africa] – Les administrations publiques se retrouvent au ministère des Postes et Télécommunications le temps de deux jours. Un atelier d’imprégnation des administrations publiques sur les enjeux de l’intelligence artificielle y est organisé du 17 au 18 février 2026. Le thème des travaux est : « Intelligence artificielle, le responsable au Cameroun : protéger le citoyen, encadrer les usages et bâtir la confiance numérique ». 

L’événement a connu la présidence de la ministre des Postes  et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng accompagnée du ministre  de la Fonction publique et de la Réforme administrative, Joseph Lé. Les participant à cet atelier devraient produire des contributions exploitables, qui respectent les réalités et les ambitions de la Stratégie nationale de Développement (SND30).

Deux exposés poignants servis auw participants. D’abord celui du directeur général de la Caisse nationale de Prévoyance sociale (CNPS). Noël Alain Olivier Mekulu Mvondo Akame a présenté les avantages de l’IA au sein de l’administration. D’après lui, la CNPS a engagé une dynamique de transformation numérique intégrant des solutions IA à la disposition de ses assurés.

Notamment un système d’identification biométrique, de reconnaissance facile pour le dépôt des pièces de maintien de droit à distance basé sur l’IA connexionniste ; un système d’auto-traitement de dossiers de pensions de vieillesse basé sur l’IA symbolique ; un système de réponse automatique aux clients pour leur information ; un porte-monnaie électronique (MA CNPS À MOI). Ce qui a permis à la CNPS d’améliorer la gestion et l’analyse des données des assurés.

 

Le consumérisme des africains 

 

Cependant, le DG recommande de sortir du consumérisme des logiciels générés par les entreprises étrangères. Noël Alain Olivier Mekulu Mvondo Akame est certain qu’avant 2030, 99 % des métiers seront obsolètes. La puissance de calcul pour faire de l’IA générative, c’est 100 fois la capacité énergétique des datacenters actuelle.

Le DG affirme que certains pays à revenu élevé ont dépensé plus de 500 milliards de dollars pour développer l’IA générative. « L’IA avancée, c’est l’IA de singularité. Ce qui signifie que cette technologie va développer sa propre intelligence », a-t-il dit.

Sur les deepfakes, le DG suggère de créer des logiciels de détection de discernement du faux du vrai. Il appelle la ministre des Postes et Télécommunications à jouer pleinement le rôle de refonder le système d’éducation et à privilégier la culture générale.

L’IA générative pourra causer des problèmes d’ordre public, notamment le chômage. On pourrait se retrouver avec un taux de chômage extrêmement élevé, ajoute-t-il.

Sur le plan fiscal, les impôts ne pourraient plus être payés car celui qui ne travaille pas ne peut payer d’impôts. Les caisses de l’État seraient vides. Il faut donc repenser un nouveau modèle de gouvernance (éducationnel, social…), a indiqué le DG.

A la suite du DG de la CNPS, Jean-Jacques Essome Bell, chef d’entreprise et consultant, s’est appesanti sur les priorités de l’IA à l’avenir :

« L’IA n’est plus une promesse futuriste, c’est une réalité. Le grand public utilise déjà l’IA. En 2026, les priorités sont d’un autre ordre. Le chiffre d’affaires dans le monde dépasse les 300 milliards de dollars. L’IA va permettre d’ajouter 10 % au PIB mondial d’ici 2030 et 6 % au PIB de l’Afrique d’ici 2030, soit près de 400 milliards de dollars ».

D’après l’expert, en 2026, il y a également d’autres priorités. Le nombre de deepfakes est passé de 500 000 deepfakes en 2023 à 8 millions en 2026. Donc 22 milliers de deepfakes chaque jour. Moins de 5 % de données pour entraîner l’IA proviennent de l’Afrique, et 33 pays ont créé une autorité dédiée à l’IA.

 

Les piliers d’une IA avancée

 

Parmi ces piliers, il y a la qualité et la fiabilité des résultats. L’expert prescrit à Il une base de données pour éviter des hallucinations ou biais de données. 63 % des entreprises utilisant l’IA pour le recrutement ont signalé que les algorithmes ont montré des biais en faveur des candidats masculins par rapport aux candidates féminines.

Ensuite, le carburant. L’expert ajoute qu’il faut des données. Comment en créer ? Où sont stockées ces données ? Disposons-nous de la vitesse de traitement ?

Selon l’expert, lorsque les données sont stockées ailleurs cela ne garantit pas une sécurité. Jusqu’en 2024, il n’y a que 5 pays africains qui disposaient de plus de datacenters. Pendant que la France en avait 300.

L’Afrique c’est seulement 1 % d’implémentation de recommandations. Puis le pilier de l’impact. En Afrique, l’IA est seulement utilisée pour la consommation (réseaux sociaux, divertissements) alors que la technologie doit être utilisée pour la transformation. Diverses catégories de mesures pour un usage responsable de l’IA. Il faut sensibiliser les populations, recommande-t-il.

Et enfin, le moteur de croissance. Jean-Jacques Essome Bell dit que les startups ont leur rôle à jouer. Mais 10 % seulement sont à la technologie de pointe. Il faut financer les startups pour que les pays puissent tirer avantage de l’IA.

Par Jean Materne Zambo

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Organisé par l’association Smart Click Africa et Digital Business Africa, cet événement réunira décideurs publics, organismes de développement, institutions publiques, entreprises, experts et acteurs privés de l’Afrique autour du thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique cashless et paperless ».

Plus d’infos sur www.e-gov.africa et via mail [email protected].

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