Cameroun : 22,2 milliards FCfa de pertes en 2015 sur les appels téléphoniques frauduleux par Simbox

L’économie camerounaise paie au prix fort les appels téléphoniques internationaux émis grâce au système de fraude par Simbox.

En 2015, le manque à gagner atteint 22,2 milliards FCfa. Soit 18 milliards pour les 4 opérateurs de téléphonie locaux, à savoir MTN Cameroon, Orange Cameroun, Nexttel et Camtel. C’est la facture de 100 millions de minutes d’appels émis depuis l’étranger. Quant à l’Etat, il perd 4,2 milliards en termes de taxes non perçues. En 2014, les pertes globales étaient de 9,3 milliards FCfa. Les opérateurs supportaient 7,5 milliards et l’Etat 1,8 milliard.

Ces données ont été communiquées ce 8 octobre 2015 au cours du sommet consacré aux enjeux et perspectives de la lutte contre la fraude par Simbox au Cameroun. Une initiative de la société MTN Cameroon en partenariat avec la Fondation Solomon Tandeng Muna. Etaient réunis les différents acteurs pouvant jouer un rôle dans la lutte contre la fraude par Simbox : les compagnies de téléphonie, le ministère des Postes et Télécommunications, l’Agence de régulation des télécommunications, les services de sécurité, etc. Pour la directrice générale de MTN Cameroon, Philisiwe Sibiya, il faut engager un front commun contre les trafiquants. La ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng (photo), a annoncé la mise en place d’un centre de contrôle et de supervision des trafics téléphoniques.

« Il y a urgence à agir contre la fraude par Simbox, car la progression est exponentielle d’une année à l’autre », prévient le directeur général adjoint de MTN Cameroon, Serge Esso. Il constate que « le Cameroun devient de plus en plus la cible des fraudeurs ». Le sommet de Yaoundé a permis de relever que l’environnement camerounais est propice à cette activité illicite. « Traqués dans plusieurs pays africains comme le Nigéria, le Ghana ou encore la Rd Congo, ces fraudeurs se rabattent sur le Cameroun », note un expert en télécommunications.

Le cadre juridique camerounais présente des lacunes, car il n’existe aucune loi prenant en charge de manière spécifique le phénomène de fraude par Simbox. En l’absence d’une définition de cette activité, il est  difficile d’établir la matérialité de la preuve. Un cas d’école ce sont ces fraudeurs arrêtés le 28 août 2015 à Douala. Malgré l’enquête policière, le procureur de la République a renvoyé les malfrats faute de preuve suffisante. Ils ont été mis en liberté provisoire. La police continue de chercher.

L’autre problème du Cameroun est la vente incontrôlée des puces téléphoniques dans la rue. Accusés, les opérateurs rappellent à la police que le phénomène des fausses cartes d’identité est un facteur aggravant. « Le fraudeur ne peut pas rêver mieux, lui qui a besoin d’un maximum de puces téléphoniques pour mener son activité », note un expert sur la question. Aujourd’hui, le phénomène continue de s’enraciner, même si les opérateurs de téléphonie disent avoir suspendu 6 millions de puces suspectes en 2014 et 2015.

La fraude est possible grâce à un dispositif technique appelé Simbox. Pour un appel reçu de l’étranger, c’est un numéro local qui s’affiche. « Dans cette opération, il y a un fraudeur installé au Cameroun qui dispose de centaines de cartes Sim à numéro local. Ces cartes fonctionnent dans une Simbox connectée à l’Internet haut débit. Cette connexion permet d’établir le lien avec un autre fraudeur installé dans le pays étranger d’où l’appel est émis. Cet appel arrive dans la Simbox qui l’enregistre automatiquement sur une puce locale. C’est sur cette puce que l’appel est reçu au Cameroun. Ainsi, le trafic international est transformé en trafic local », explique Alain Nkondjoc, Fraud Manager chez MTN Cameroon. Les fraudeurs ne détournent pas seulement les appels, ils encaissent aussi les revenus qui auraient dû revenir aux opérateurs locaux et à l’Etat.

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  1. InInflation des chffres comme d’habitude comme a la douane… de 18 mds a 20 puis 22 en…1 semaine? Une goute d’eau dans les revenus des telcos D’ici la fin de l annee le montant de la « fraude » sera de 500 Mds a cette allure.
    Quel en est l impact fiscal ? moins de 5 Mds dans l’annee (40 fois moins que la fraude debusquee a la douane par les services du MINFI)
    Plus serieusement, cette “fraude” est tres difficile a poursuivre en justice puisqu’il s’agit d’un loophole, utilise par des personnes “vives” qui exploitent des couts d interconnexion anormalement eleves au Cameroun rendent ce dispositif – qui utilise le protocole IP- attrayant.
    La lutte contre les SIMBOX est perdue d’avance tant que les tarifs d’interconnexion ne seront pas revus. l’industrie doit se tourner vers de nouveaux marches : le data. Au niveau mondial, on observe la decrue des volumes lies a la voix et aux SMS.
    De nouveaux operateurs viennent remettre en question la position dominante des telcos : Whatsapp et demain Facebook avec le deploiement des satellites couvrant l Afrique.
    Etes vous prets ? quel est votre plan de contingence ?

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