Burundi : La confidentialité des discussions sur WhatsApp à rude épreuve

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(TIC Mag) – Le samedi 20 aout 2016, huit journalistes burundais, tous membres d’un groupe de discussion WhatsApp baptisé “RPA-Amakourou” (qui veut dire “information” en kirundi) étaient interpellés au Burundi. Face à la censure du gouvernement sur les médias locaux ainsi que sur les moyens de télécommunications ordinaires, ces journalistes pensaient avoir trouvé en WhatsApp une plateforme d’échanges sécurisées qui les mettraient à l’abri du gouvernement. Surtout qu’ils avaient introduit le chiffrement de leurs conversations entre deux individus. Seulement, mal leur en a pris lorsqu’ils se sont tous retrouvés interpellés par les forces de l’ordre burundaise sur la base des informations échangées dans ce forum.

Un fait qui vient démontrer que malgré ses avantages que sont la gratuité, l’instantanéité et son accès facile, le réseau social qui compte aujourd’hui plus d’un milliard d’utilisateurs n’est pas complètement sécurisé. D’après Julie Owono, avocate et responsable du bureau Afrique de l’ONG Internet sans frontières, « bien qu’ils (les journalistes) aient introduit le chiffrement entre deux individus, cette option n’existe pas lorsque vous avez des discussions de groupe, donc à plus de deux personnes. Ce qui rend possible la demande, par un gouvernement, auprès de Whatsapp, auprès d’un opérateur, de savoir ce qui a été raconté dans tel ou tel groupe“. Une démarche qui n’a pourtant jamais été faite par les autorités burundaises.

On se souvient qu’en avril 2016 WhatsApp avait introduit le chiffrement des conversations de bout en bout. Une avancée qui signifiait que désormais, WhatsApp pourra avoir l’identification d’un numéro qui a expédié un message, ainsi que le numéro qui l’a reçu. Il pourra également avoir accès au jour et à l’heure de réception.

Mais le texte en lui-même est crypté, et même WhatsApp ne peut pas accéder au contenu. Seul l’utilisateur qui devra entrer son code pour décrypter le message. Dans la même veine, des applications alternatives offrent plus de confidentialité, à l’instar de l’application suisse Signal ou l’application Russe Telegram qui permettent le chiffrement des conversations de groupe, et chiffrent aussi le numéro du destinataire du message. Une solution qui implique que même si un gouvernement cherche à obtenir cette information, l’opérateur ne sera pas en mesure de la lui donner.

Néanmoins, avec l’utilisation de ces nouvelles applications, « il faut vous assurer par exemple que vous avez un mot de passe, pour être la seule personne à pouvoir pénétrer dans votre ordinateur ou mobile en l’occurrence. Et, surtout vous servir de la vérification en deux étapes qui est permise par certaines applications de messagerie. Elles permettent de vérifier que le numéro de téléphone qui est utilisé est bien celui d’untel. Mais surtout pour que vous soyez le seul à pénétrer dans l’application », prévient Julie Owono.

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