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Tecno lance une campagne mondiale de la meilleure photographie

[Digital Business Africa] – La marque chinoise de téléphones portables, TECNO Mobile a annoncé le lancement de la campagne mondiale de la meilleure photographie #CAMON12#CtheWorld Best Photography, qui vise à créer une occasion pour tous les amateurs de la photographie. Le meilleur travail photographique vaudra à son auteur de figurer dans le magazine National Geographic, la référence en termes d’influence et d’autorité dans le monde de la photographie. Cette campagne s’inscrit dans le cadre du lancement de la nouvelle série de smartphones CAMON 12.

« La campagne de la meilleure photographie #CAMON12#CtheWorld est un concours international de haut niveau qui dépasse les frontières et les ethnies nationales, et vise à encourager les photographes et les particuliers à explorer les possibilités offertes par la photographie à partir d’un téléphone mobile et à profiter pleinement des joies que procure ce type de photographie », explique Tecno dans un communiqué.

Les participants peuvent soumettre leurs meilleures photos sur le site Web de TECNO Mobile – bbs.TECNO-Mobile.com/index_new – du 10 septembre au 29 octobre (Minuit heure de Chine) 2019. Tous les passionnés de photographie, qu’ils utilisent ou non des smartphones TECNO Mobiles, sont invités à soumettre leurs photos réalisées à l’aide d’un téléphone portable, sans restriction de date de prise ou de modèle de téléphone utilisé. Chaque participant se limitera à un maximum de 30 œuvres – une photo, un storyboard 3×3 ou un fichier vidéo étant considéré comme une œuvre unique.

A partir de toutes les photos téléchargées sur le mur Facebook de TECNO Mobile, la liste des lauréats sera publiée le 1er novembre sur le site Web de TECNO Mobile et les 3 photos qui auront obtenu le plus grand nombre de likes seront présélectionnées. Les 3 photographes correspondants bénéficieront d’une formation auprès d’un photographe professionnel et auront l’occasion de prendre une nouvelle série de photos avec le CAMON 12 Series. Le photographe professionnel sélectionnera le meilleur instantané qu’il recommandera en vue de sa publication dans National Geographic.

Ecrit par Jephté TCHEMEDIE

Récupérer l’argent d’un mort de son compte MTN Mobile Money : Alain Nono explique comment [Vidéo]

[Digital Business Africa] – Votre plateforme web d’informations stratégiques sur les TIC, les Télécoms et le Numérique, Digital Business Africa, a organisé en collaboration avec la Fondation Inter-Progress la première édition d’Innovation 4 Human. L’événement s’est tenu du 18 au 22 février 2019 au Palais des Congrès de Yaoundé dans le pavillon numérique de Promote 2019, le salon international de l’investissement. 

Alain Nono, le Directeur de MTN Mobile Money (Cameroun), a été panéliste à la conférence Innovation 4 Human modérée par Beaugas Orain Djoyum, DG de ICT Media STRATEGIES et DP de Digital Business Africa, à Yaoundé le 20 février 2019. C’était sur le thème : «Monnaie électronique et régulation en Afrique centrale : quels défis ?».

Etaient également présents à ce panel, Patrick Kengne, le PDG de Wouri TV ; Jean-Jacques Massima-Landji, le Représentant de l’UIT pour l’Afrique Centrale et Madagascar et Valentin Mbozo’o,  le directeur général du GIMAC (le Groupement interbancaire monétique de l’Afrique centrale).

Alain Nono a expliqué au cours de cette conférence que la réglementation en matière de paiement mobile en Afrique centrale est plus restrictive que celle de l’Afrique de l’Ouest. Notamment en matière d’identification des abonnés. Aussi, il a expliqué comment retirer l’argent d’un mort retenu dans son compte MTn Mobile Money. Digital Business Africa vous présente dans cette vidéo les grandes séquences de son intervention.

Récupérer l’argent d’un mort de son compte MTN Mobile Money : Alain Nono explique comment [Vidéo]

La réglementation en matière de paiement mobile en Afrique centrale est plus restrictive que celle de l’Afrique de l’Ouest. En Afrique de l’Ouest, si vous avez un compte dont le montant n’atteint pas 200 000 francs Cfa, vous n’êtes pas obligés de vous faire identifier de la même façon qu’en Afrique centrale.Alain Nono

Alain Nono : « Lorsqu’une personne décède, même si cette personne n’a pas écrit son testament qui justifie ce qu’il faut faire de cet argent, les ayants-droits viennent à Mtn avec un document de justice confirmant et prouvant leur qualité d’ayants-droits et sont identifiés. Ils ont le choix de récupérer cet argent ou de transférer cela sur leur compte à eux.

Après un certain temps, si l’argent n’est pas réclamé, il est reversé à la banque. Nous avons un compte de compensation dans une banque où ces fonds sont reversés jusqu’à réclamation ».

Alain Nono : « (…) La réglementation en matière de paiement mobile en Afrique centrale est plus restrictive que celle de l’Afrique de l’Ouest. En Afrique de l’Ouest, si vous avez un compte dont le montant n’atteint pas 200 000 francs Cfa, vous n’êtes pas obligés de vous faire identifier de la même façon qu’en Afrique centrale. Chez nous, nous avons une réglementation très rigoureuse quel que soit le montant que vous avez dans votre compte de paiement mobile. Ce qui permet de sécuriser le client (…) ».

Innovation 4 Human

D’après Beaugas Orain Djoyum, Innovation 4 Human à Promote 2019 consistait à animer le pavillon numérique de Promote avec un accent sur les Conférences thématiques, ateliers et débats sur des thèmes collés à l’accélération du développement numérique au Cameroun. 

Le thème général d’Innovation 4 Human était « Accélérer le développement d’un Cameroun numérique ». L’objectif général étant de créer un cadre de rencontres professionnelles entre entreprises, de regrouper des experts sur des thématiques importantes du numérique avec un accent sur les retours d’expériences et bonnes pratiques, de proposer des solutions adaptées aux entreprises entamant leur transformation numérique, de découvrir des services et solutions innovantes adaptées aux entreprises, de partager les enjeux, opportunités et innovations du numérique.

Par Digital Business Africa 

Promote 2019 : Revivre en vidéos les conférences Innovation for Human

Cet article fait partie du Dossier spécial : Promote 2019 : Revivre en vidéos les conférences Innovation 4 Human. Lire également et voir les interventions des autres panélistes.

Transformation numérique : Djibril Ouattara appelle la jeunesse ivoirienne à passer « de l’émotion à la stratégie »

[DIGITAL Business Africa] – Pour la Côte d’Ivoire, la bataille du numérique ne se gagnera ni dans les discours ni dans les effets d’annonce. Elle se jouera dans la capacité du pays à former des talents, construire des infrastructures souveraines et développer des solutions technologiques locales capables de rivaliser sur la scène internationale. C’est le message fort porté par le ministre ivoirien de la Transition numérique et de la Digitalisation, Djibril Ouattara, à l’occasion de sa rencontre avec les étudiants ivoiriens qualifiés pour la finale mondiale du concours Huawei ICT Competition 2026 à Shenzhen, en Chine.

Face aux jeunes talents issus de l’INP-HB, de l’ESATIC et de l’IIT, le membre du gouvernement ivoirien a livré un discours à forte portée stratégique, appelant la nouvelle génération africaine à dépasser la logique de l’émotion pour entrer dans celle de la vision et de la construction.

« Sortez de l’émotion, entrez dans la stratégie. Ayez une stratégie pour votre avenir », a-t-il déclaré.

À travers cette prise de parole, la Côte d’Ivoire affiche clairement ses ambitions : faire du numérique un pilier central de sa souveraineté économique et technologique.

Pour Djibril Ouattara, les performances académiques des jeunes Ivoiriens engagés dans cette compétition mondiale dépassent le simple cadre éducatif. Elles traduisent la montée en puissance d’un capital humain appelé à jouer un rôle décisif dans la transformation structurelle du pays. « Un diplôme peut donner une carrière. Une vision peut changer le destin d’un pays », a insisté le ministre.

Cette vision s’inscrit dans la stratégie nationale de transformation numérique portée par les autorités ivoiriennes. Celle-ci vise notamment à renforcer les infrastructures numériques souveraines, à accélérer l’accès à Internet sur l’ensemble du territoire, à développer massivement les compétences digitales et à accompagner les startups locales vers les marchés internationaux.

Dans un contexte mondial marqué par l’intensification de la compétition autour de l’intelligence artificielle, du cloud, de la cybersécurité et des infrastructures numériques, la Côte d’Ivoire entend désormais investir prioritairement dans ses ressources humaines.

Le gouvernement ivoirien considère que les futurs champions africains du numérique se construiront avant tout dans les universités, les écoles d’ingénieurs et les écosystèmes d’innovation locaux.

À travers les étudiants qualifiés pour Shenzhen, Abidjan veut envoyer un signal fort : l’Afrique ne doit plus seulement être consommatrice des technologies développées ailleurs, mais devenir un espace de production, d’innovation et d’exécution technologique.

« La bataille du numérique se gagnera d’abord par nos talents, notre capacité à créer, à innover, à exécuter et à produire nos propres solutions », a souligné Djibril Ouattara.

Le choix de Shenzhen comme théâtre de cette finale mondiale n’est pas anodin. La métropole chinoise est aujourd’hui considérée comme l’un des plus grands hubs technologiques mondiaux, siège de géants de l’innovation comme Huawei, Tencent ou DJI.

Pour les étudiants ivoiriens, cette participation représente bien plus qu’une compétition académique : elle constitue une immersion directe dans les nouveaux centres mondiaux de production technologique.

Pour la Côte d’Ivoire, l’enjeu est également diplomatique et économique. En soutenant ces jeunes talents, le pays cherche à renforcer son positionnement dans l’économie numérique africaine et à bâtir un vivier de compétences capables d’accompagner sa stratégie de transformation digitale à long terme.

À travers ce discours, Djibril Ouattara esquisse ainsi une doctrine numérique fondée sur la souveraineté technologique, la formation des talents et l’innovation locale. Une orientation qui pourrait progressivement devenir l’un des principaux leviers de compétitivité de la Côte d’Ivoire dans l’économie africaine de demain.

Par Loic Souop

Communication institutionnelle : le Burkina Faso prépare une nouvelle approche plus proche des citoyens

[DIGITAL Business Africa] – Face à l’évolution rapide des usages numériques et aux nouvelles exigences de la communication publique, le Ministère de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques (MTDPCE) engage une réflexion stratégique sur l’avenir de sa communication institutionnelle. Ce vendredi 22 mai 2026, la Direction de la Communication et des Relations Presse (DCRP) a réuni les différentes structures techniques du ministère autour d’une session d’évaluation du Plan stratégique de communication 2023-2028.

Cette rencontre avait pour principal objectif de dresser un état des lieux de la mise en œuvre des actions prévues dans le plan adopté en 2022, tout en amorçant les travaux de révision du document afin de l’adapter aux nouveaux enjeux institutionnels et technologiques.

À l’ouverture des travaux, la Directrice de la Communication et des Relations Presse, Somborgnina Djelika Drabo, a insisté sur la nécessité de repenser les mécanismes de communication du ministère dans un contexte marqué par l’accélération de la transformation numérique et l’évolution des attentes citoyennes.

Selon elle, cette démarche répond à un double impératif : assurer une meilleure redevabilité des actions publiques et renforcer l’efficacité des dispositifs de communication institutionnelle à travers des approches plus modernes, interactives et adaptées aux réalités actuelles.

Le document présenté au cours des échanges a permis aux participants d’évaluer le niveau d’exécution des différentes actions engagées depuis le lancement du plan stratégique. Les discussions ont également mis en lumière plusieurs acquis enregistrés ces dernières années, notamment en matière de visibilité institutionnelle, de coordination des actions de communication et de diffusion de l’information publique.

Toutefois, plusieurs insuffisances ont également été relevées. Les représentants des structures techniques ont plaidé pour une communication davantage orientée vers les besoins des populations, plus inclusive et accessible, notamment à travers une meilleure exploitation des plateformes numériques et des outils de proximité.

Les échanges ont aussi souligné l’importance de recentrer certaines actions afin qu’elles répondent plus efficacement aux priorités actuelles du département ministériel, dans un environnement où la communication publique doit désormais conjuguer transparence, réactivité et proximité avec les citoyens.

Les contributions recueillies lors de cette concertation serviront de base à la révision du Plan stratégique de communication 2023-2028. L’ambition affichée par le ministère est de bâtir un dispositif de communication institutionnelle plus cohérent, plus agile et capable d’accompagner efficacement les politiques publiques liées à la transition digitale.

Clôturant les travaux, Somborgnina Djelika Drabo a salué l’implication des différentes structures et appelé à une synergie d’action renforcée pour construire une communication institutionnelle moderne, performante et plus proche des citoyens.

Par Loïc SOUOP

Source : MTDPCE

Top 5 des meilleures applications de contrôle parental : Le guide de Smart Click Africa pour protéger vos enfants en ligne

[Smart Click Africa] – À l’ère du numérique, offrir un smartphone à son enfant sans protection revient à le laisser traverser une autoroute les yeux fermés. Les dérives récentes sur les réseaux sociaux nous rappellent que la naïveté des plus jeunes, face aux pièges du virtuel, peut briser des vies scolaires et familiales en un seul clic.

Pour accompagner les parents dans leur rôle de cyber-éducateurs, Smart Click Africa a sélectionné et testé les 5 meilleures applications de contrôle parental disponibles aujourd’hui. Que vous recherchiez un outil gratuit ou une protection ultra-complète, voici notre guide pour installer une véritable « ceinture de sécurité » numérique.

Le Top 5 des applications de contrôle parental

  1. Google Family Link (Site officiel) : L’incontournable (et 100 % gratuite)

C’est la solution idéale pour débuter, en particulier si votre enfant possède un appareil Android (le parent peut piloter l’outil depuis un iPhone ou un Android).

    • Le point fort : Entièrement gratuite, sans publicité cachée, et directement intégrée au système.
    • Fonctionnalités clés : Verrouillage de l’appareil à distance (pratique pour le couvre-feu de nuit), validation parentale obligatoire avant chaque téléchargement, et gestion fine du temps d’écran (ex : limiter TikTok à 45 minutes par jour).
  1. Qustodio (Site officiel) : Le bouclier le plus complet (Payant, essai gratuit)

Considérée comme l’une des applications les plus robustes du marché, elle fonctionne sur toutes les plateformes (Android, iOS, PC, Mac).

    • Le point fort : Un filtrage web d’une précision chirurgicale et des rapports d’activité ultra-détaillés pour les parents.
    • Fonctionnalités clés : Blocage automatique des sites inappropriés (pornographie, jeux d’argent, violence), suivi des vidéos visionnées sur YouTube, et un bouton de panique (SOS) permettant à l’enfant d’envoyer sa position exacte en un clic s’il se sent en danger dans la rue.
  1. Kaspersky Safe Kids (Site officiel) : Le meilleur rapport qualité/prix

Développée par un géant mondial de la cybersécurité, cette application propose une excellente version gratuite et une version premium très abordable.

    • Le point fort : L’alliance parfaite entre la sécurité technique et les conseils psychologiques intégrés pour les parents.
    • Fonctionnalités clés : Alertes en temps réel sur le téléphone des parents si l’enfant tente de forcer l’accès à un site interdit, et définition d’un périmètre de sécurité géographique (vous êtes alerté si l’enfant s’éloigne de l’école ou du quartier).
  1. Bark (Site officiel) : Le spécialiste de la détection (Idéal pour les adolescents)

Bark adopte une approche innovante : plutôt que de tout bloquer ou de tout espionner, elle utilise l’intelligence artificielle pour analyser les contenus et protéger l’intimité de l’ado.

    • Le point fort : Redoutable pour détecter en amont le cyberharcèlement, les idées noires ou les contenus à caractère sexuel.
    • Fonctionnalités clés : Analyse des messages (WhatsApp, SMS, réseaux sociaux) et des photos. Le parent ne reçoit une notification que si l’algorithme détecte un mot-clé dangereux ou une anomalie (nudité, violences), préservant ainsi le climat de confiance.
  1. Microsoft Family Safety (Site officiel) : La solution idéale pour la maison

Si vos enfants partagent leur temps entre un smartphone et un ordinateur Windows pour les travaux scolaires, c’est l’outil d’écosystème par excellence.

    • Le point fort : Une gestion unifiée et synchronisée du temps d’écran à la fois sur console Xbox, PC et mobile.
    • Fonctionnalités clés : Rapports hebdomadaires envoyés par email résumant l’activité numérique de la famille et filtrage web efficace sur le navigateur Microsoft Edge.

Les 4 conseils d’or de Smart Click Africa pour les parents

Installer une application ne suffit pas. Pour que le contrôle parental soit efficace et accepté, nous vous invitons à suivre ces principes fondamentaux :

  1. Ne le faites jamais en cachette : le contrôle parental secret détruit la confiance. Expliquez clairement à votre enfant : « J’installe cet outil non pas parce que je n’ai pas confiance en toi, mais parce que le web contient des pièges dont je dois te protéger, tout comme je te tiens la main pour traverser la rue. »
  2. Établissez un « Contrat Numérique » pour la maison : le smartphone ne doit pas régner sur la vie de famille. Fixez des règles claires : pas de téléphone à table pendant les repas, pas de téléphone dans la chambre après 21 h (les appareils se chargent dans le salon).
  3. Adaptez l’outil à l’âge de l’enfant : On ne surveille pas un enfant de 10 ans comme un adolescent de 16 ans. À mesure que votre enfant grandit et gagne en maturité, desserrez les verrous de l’application pour lui apprendre l’autonomie.
  4. Privilégiez toujours le dialogue : aucune technologie ne remplacera jamais la discussion. Prenez le temps de vous asseoir avec votre enfant, demandez-lui ce qu’il regarde sur TikTok, quels sont les “trends” à la mode dans sa classe (comme le récent phénomène “On écoute et on ne juge pas”), et expliquez-lui les notions d’empreinte numérique et d’e-réputation.

Le contrôle parental n’est pas une punition, c’est un outil d’accompagnement. En associant ces applications à un dialogue permanent, vous donnez à vos enfants les moyens de profiter du meilleur d’Internet tout en restant à l’abri des dérives.

Ensemble, transformons chaque clic d’imprudence en un déclic de responsabilité !

Par Beaugas Orain DJOYUM, Président de l’association Smart Click Africa

Une publication de Smart Click Africa. Partagez cet article autour de vous pour sensibiliser d’autres parents !

Dérives en ligne au Tchad : Smart Click Africa plaide pour des « sanctions réparatrices » plutôt que l’exclusion

[Smart Click Africa] – L’actualité récente sur les réseaux sociaux au Tchad a été marquée par la viralité de vidéos du type « On écoute et on ne juge pas », tournées en uniforme par des élèves du Lycée technique commercial de Moundou dans leur établissement.

Derrière l’apparente légèreté de ce “trend” (tendance) se cachent des révélations intimes et graves, ainsi que des propos qui ont conduit, le 13 mai 2026, le conseil de discipline de l’établissement à prononcer l’exclusion définitive de dix élèves (neuf filles et un garçon).

En tant que président de Smart Click Africa, association engagée dans la promotion d’un usage responsable du web, des réseaux sociaux et des solutions numériques en Afrique, je constate que cet incident met une fois de plus en lumière le fossé éducatif numérique qui persiste dans nos sociétés.

La sanction disciplinaire, bien qu’explicable par les règlements intérieurs, ne résout pas le problème de fond : l’illusion d’intimité et l’inconscience des frontières du virtuel. Pour éviter que l’exposition numérique de nos enfants ne brise leur avenir scolaire et social, voici nos conseils à l’attention de toutes les parties prenantes.

I. Les conseils aux acteurs de la communauté éducative

1. Aux élèves : Le virtuel est réel, l’empreinte numérique est éternelle

Le smartphone donne une fausse impression de complicité et de secret. Ce qui semble être un jeu entre amies dans une salle de classe peut devenir, en un clic, un sujet de débat public mondial.

  • Comprendre la notion d’empreinte numérique : une fois qu’une vidéo est publiée ou partagée dans un groupe WhatsApp, vous en perdez totalement le contrôle. Elle peut être téléchargée, modifiée et ressortir des années plus tard, compromettant vos études ou votre future carrière professionnelle.
  • L’école est un sanctuaire : son cadre est régi par des lois et des règlements. Utiliser l’image de son établissement (uniformes, salles de classe) à des fins inappropriées constitue une faute lourde.
  • Tourner sept fois son pouce avant de produire, participer ou cliquer : Avant de suivre une tendance ou de relever un défi en ligne, posez-vous ces trois questions : Est-ce que je serais fier(e) que mes parents le voient ? Est-ce que cela peut nuire à mon école ? Est-ce que cela peut me porter préjudice demain ? Si une seule réponse est “Oui”, abstenez-vous.

2. Aux parents : Le smartphone n’est pas un simple jouet, c’est une responsabilité

On ne donne pas les clés d’une voiture à un enfant sans lui apprendre à conduire. Il en va de même pour un smartphone connecté à Internet. Il faut lui apprendre à utiliser l’appareil et les réseaux sociaux de manière responsable, à l’image d’une formation en auto-école, avant de lui délivrer ce véritable “permis d’usage”.

  • Rompre le tabou et dialoguer : Le concept même de ces vidéos montre un besoin criant chez les jeunes de s’épancher sans crainte du regard des adultes. Les parents doivent instaurer un climat de confiance pour que la chambre de l’enfant ne devienne pas le studio d’enregistrement de sa propre déchéance sociale.
  • Accompagner et surveiller (sans fliquer) : Il est indispensable de s’intéresser aux applications utilisées par les enfants (TikTok, Snapchat, Instagram, WhatsApp). Expliquez-leur les algorithmes, les dangers des vidéos intimes, des sextapes, du cyberharcèlement et de la manipulation des données.
  • Fixer des règles claires : pas de téléphone tard le soir dans la chambre, et interdiction stricte d’emporter le smartphone à l’école si l’établissement l’interdit.
  • Installer des applications de contrôle parental : Sur les téléphones confiés aux enfants, utilisez des outils de contrôle parental pour encadrer et surveiller leurs activités en ligne.

3. Aux établissements scolaires : associer la discipline à la cyber-éducation

Si l’exclusion est une réponse administrative immédiate pour préserver l’image de l’école, elle laisse souvent des jeunes livrés à eux-mêmes sur les plans éducatif et psychologique, face au lynchage en ligne et dans la société. Il faut agir en amont pour prévenir :

  • Intégrer l’éducation au numérique dans les curricula : Les écoles doivent moderniser leurs règlements intérieurs en y incluant explicitement une charte d’usage des TIC (interdiction de filmer en uniforme, sanctions en cas de cyberharcèlement impliquant l’école, etc.).
  • Créer des cellules d’écoute et de sensibilisation : Au lieu de réagir uniquement après la crise, les établissements gagneraient à organiser, dès la rentrée, des ateliers en partenariat avec des organisations spécialisées comme Smart Click Africa, ou à former les conseillers d’orientation à l’usage responsable du web afin qu’ils transmettent à leur tour ces bonnes pratiques aux élèves.

II. Le plaidoyer de Smart Click Africa : pour des sanctions constructives et réparatrices

En tant que président de Smart Click Africa, je mesure la nécessité pour l’administration scolaire de faire respecter le règlement. Cependant, l’exclusion définitive résout-elle le problème ? En renvoyant ces dix jeunes, on les prive d’éducation et on les pousse vers la rue dans une ville qui, visiblement, n’offre pas d’autres structures prêtes à les accueillir. Ils deviennent alors un danger potentiel pour eux-mêmes et pour la jeunesse.

C’est pourquoi Smart Click Africa plaide en faveur d’une alternative : associer la discipline à une obligation de réparation pédagogique.

Le souvenir de Garoua-Boulaï : la force de la discipline éducative

Au secondaire, notre censeur, M. André Noubossé, qui deviendra par la suite proviseur, nous avait infligé une sanction marquante après que nous avions manqué de participer au défilé du 20 mai à Garoua-Boulaï. La sentence était claire : écrire 1 000 fois la phrase « Je ne boycotterai plus jamais les cérémonies officielles ». Et le censeur vérifiait méticuleusement chaque ligne. Une seule lettre manquante et l’exercice reprenait à zéro. Je me souviens des camarades qui ont fait l’exercice deux ou trois fois après avoir commis une faute détectée. Sacré Noubossé !

Au terme de cet exercice fastidieux, je peux vous assurer que je n’ai plus jamais manqué un défilé ni une cérémonie officielle lorsque j’y étais désigné. Cette sanction rigoureuse a forgé mon sens des responsabilités envers la chose publique.

C’est de cette rigueur constructive dont nos écoles ont besoin aujourd’hui. Plutôt qu’un bannissement définitif, nous préconisons un dispositif de réparation en trois étapes :

1. La sanction scripturale et mémorielle : responsabiliser par l’écrit

Les dix élèves concernés devraient être soumis à la rédaction, 500 fois, d’une phrase forte conçue pour ancrer la distinction entre espace public, vie privée et préservation de la dignité :

« Je ne salirai plus jamais ma dignité ni mon uniforme sur les réseaux sociaux ou sur les terminaux mobiles, car mon empreinte numérique et mon e-réputation d’aujourd’hui définissent mon respect de demain. »

Cette punition force l’élève à intérioriser l’impact à long terme de ses actes sur sa propre vie et sur l’image du Lycée technique commercial de Moundou.

2. La réparation publique : l’exposé devant la communauté scolaire

Parce que la faute a été publique, la réparation doit avoir un impact réel au sein de la communauté éducative.

  • L’exercice : les dix élèves sanctionnés doivent concevoir et présenter ensemble un exposé approfondi sur le thème : « Les dangers des dérives en ligne avec les terminaux mobiles ».
  • Le public : cet exposé doit se faire devant tous leurs camarades et l’ensemble des élèves de l’établissement, réunis dans la cour ou dans une grande salle.
  • L’objectif : en devenant les ambassadeurs de la cyber-prudence, ces élèves expliquent à leurs pairs les pièges des algorithmes, le mirage de l’anonymat et la permanence des traces en ligne.

3. Le concept du « Contrat visuel »

Pour que cette sanction de 500 phrases et cet exposé ne restent pas de simples formalités cachées au fond d’un cahier, nous proposons de formaliser la démarche :

  • La lecture à haute voix : avant d’entrer en salle ou de remettre officiellement sa punition écrite au surveillant général ou au proviseur, chaque élève lit une dernière fois la phrase à voix haute devant sa classe, en expliquant en une minute ce qu’il ou elle a compris durant les heures d’écriture.
  • L’engagement affiché : la 500e phrase de chaque élève est rédigée sur une grande feuille de format A3, A4 (ou sur un tableau dédié), signée de sa main, avec la mention bien visible de son nom complet et de sa classe. Cette feuille est affichée temporairement dans les couloirs ou les salles de classe comme un rappel collectif et un symbole visuel de leur engagement à un retour au respect.

De cette façon, la sanction individuelle devient une leçon collective de citoyenneté numérique.

Pour que le clic d’imprudence devienne un déclic de responsabilité

L’exemple du Lycée technique commercial de Moundou doit servir de déclic national au Tchad. Smart Click Africa appelle l’établissement, le ministère de l’Éducation nationale et le ministère des Télécommunications et de l’Économie numérique à collaborer afin que l’exclusion systématique ne soit plus la seule réponse aux dérives numériques.

Dans cet esprit, nous plaidons pour que les dix élèves récemment exclus soient rappelés par l’établissement afin de purger ces sanctions constructives et de réintégrer leurs classes.

Internet et les réseaux sociaux sont de formidables outils de développement, de créativité et de formation pour la jeunesse africaine. Ne laissons pas l’effet de mode et la quête éphémère de « likes » détruire l’avenir de nos enfants.

Éduquons-les à habiter le monde virtuel avec la même dignité que le monde réel. Ensemble, parents, enseignants, éducateurs et acteurs du numérique, transformons l’erreur de ces dix élèves en une opportunité d’élever la maturité numérique de toute la jeunesse tchadienne et, plus largement, africaine.

Transformons ce clic d’imprudence en un déclic de responsabilité.

Par Beaugas Orain DJOYUM, Président de l’association Smart Click Africa

Peut-il exister une stratégie numérique « africaine » ?

[DIGITAL Business Africa – Avis d’expert] – Depuis une quinzaine d’années, l’expression « stratégie numérique africaine » s’est imposée dans les discours institutionnels, les rapports de bailleurs et les sommets internationaux. Elle évoque une ambition positive : coordonner les politiques numériques, réduire la fracture technologique et inscrire le continent dans l’économie numérique mondiale.  Mais derrière cette formule apparemment mobilisatrice se cache une question rarement posée : de quelle Afrique parle-t-on ? Car parler d’Afrique au singulier rassure, mais simplifie. Et dans le numérique, la simplification est souvent le prélude à l’échec.

Une réalité numérique profondément fragmentée

Les chiffres suffisent à dissiper l’illusion d’une trajectoire commune : en 2024, environ 38 % de la population africaine utilise Internet, contre près de 68 % à l’échelle mondiale. Autrement dit, plus de 6 Africains sur 10 restent hors ligne, malgré une croissance rapide des infrastructures. Dans certains pays, le taux dépasse 70 %, tandis que dans d’autres — notamment en zones rurales ou enclavées — il reste inférieur à 20 %. Ces écarts ne sont pas marginaux. Ils reflètent des différences majeures de revenus, de couverture réseau, de coût de la donnée…et de priorités politiques. Parler d’une stratégie numérique unique pour un continent aussi hétérogène revient à ignorer ces réalités structurelles.

Le mythe de l’homogénéité des usages

Même là où l’accès existe, les usages diffèrent radicalement. L’Afrique compte aujourd’hui environ 570 millions d’internautes, dont la grande majorité accède au numérique exclusivement via le téléphone mobile. Cependant, seuls environ 416 millions d’utilisateurs utilisent réellement Internet mobile, ce qui signifie que la couverture ne se traduit pas mécaniquement par l’adoption. Dans de nombreux territoires : l’usage se limite aux réseaux sociaux et à la messagerie, l’e-administration (ou e-Gov, Egouv…) reste marginale, les services numériques structurants (santé, éducation, énergie, services publics) sont peu accessibles. Une stratégie qui ignore cette diversité d’usages confond la connexion et la transformation.

Une stratégie sans véritable sujet politique

Toute stratégie suppose un acteur capable de décider, de financer et d’arbitrer. À l’échelle continentale, ce rôle est théoriquement assumé par l’Union africaine. Or celle-ci souffre de trois fragilités majeures : un déficit de légitimité populaire, un pouvoir contraignant très limité sur les États, une dépendance financière partielle vis-à-vis de partenaires extérieurs, ce qui affaiblit toute prétention à la souveraineté numérique. Peut-on réellement parler de stratégie lorsque les moyens, les priorités et l’exécution restent largement nationaux — voire locaux ?

Le danger très concret du discours globalisant

Le problème n’est pas seulement conceptuel. L’idée d’une stratégie numérique africaine produit des effets très concrets :  elle encourage des solutions standardisées, souvent importées, elle favorise des projets pensés pour des moyennes statistiques, pas pour des territoires réels, elle invisibilise des innovations locales pourtant efficaces, elle reproduit une logique descendante déjà connue dans l’aide au développement. En voulant penser large, on pense parfois mal.

Pourtant, le numérique africain fonctionne…ailleurs

Le paradoxe est là : le numérique africain produit déjà des résultats mesurables, mais pas là où on l’attend :  Le secteur du mobile représente près de 7,7 % du PIB africain, soit plus de 220 milliards de dollars (dont une proportion non négligeable des profits opérateurs est rapatriée vers les actionnaires étrangers). Les services de mobile money comptent des centaines de millions de comptes actifs et ont profondément transformé l’inclusion financière, des écosystèmes locaux émergent dans les grandes villes, mais aussi dans des territoires intermédiaires, portés par les usages réels plutôt que par des plans continentaux. Le numérique progresse malgré l’absence de stratégie unifiée, grâce à des dynamiques territoriales, pragmatiques et souvent informelles.

Changer de regard : de la stratégie unique aux trajectoires multiples

Ce constat invite à un déplacement conceptuel majeur :

Plutôt que de parler d’une stratégie numérique africaine, il serait plus juste de parler : des stratégies numériques en Afrique, d’une vision panafricaine aux trajectoires différenciées, ou d’un numérique construit depuis les territoires.

Comme l’a souvent souligné Achille Mbembe, le défi n’est pas d’imiter des modèles globaux, mais de penser depuis les réalités africaines elles-mêmes. La vraie question n’est donc pas :« Peut-il exister une stratégie numérique africaine ? »,

La vraie question est plutôt : Avons-nous le courage d’abandonner une fiction confortable  pour penser la complexité réelle du continent ? Le numérique ne fera pas l’unité africaine par décret institutionnel.

Mais pensé depuis les territoires, les usages et les besoins concrets, il peut devenir un levier de transformation crédible, mesurable et durable. À condition de ne plus demander : quelle stratégie pour l’Afrique ? Mais : quelles Afriques, pour quels numériques, à quelles échéances et pour quels peuples ?

Par Pierre Ndjop POM                                                                                              Conseil en stratégie de développement et Transformation Numérique

UIT : les régulateurs télécoms veulent désormais peser dans la réussite de l’e-gouvernance en Afrique

[DIGITAL Business Africa] – Longtemps concentrés sur les réseaux télécoms, les fréquences, les licences ou encore la qualité de service, les régulateurs du numérique veulent désormais jouer un rôle beaucoup plus stratégique dans la transformation digitale des États. À travers « Regulatory Governance Essentials: The new core kit regulators need to make digital markets deliver », le document stratégique « GSR-26 Best Practice Guidelines » de l’Union internationale des télécommunications (UIT), l’organisation envoie un signal fort : l’avenir de l’e-gouvernance dépendra aussi de la capacité des régulateurs à coordonner les écosystèmes numériques publics.

Adoptées lors du Global Symposium for Regulators (GSR-26) organisé en mai 2026 à Ankara, en Türkiye, les nouvelles lignes directrices de l’UIT marquent une évolution majeure dans la vision même du rôle des autorités de régulation.

Désormais, les régulateurs ne veulent plus être de simples arbitres techniques du secteur télécoms. Ils ambitionnent de devenir des acteurs centraux de la réussite des politiques publiques numériques, de l’interconnexion des administrations et du fonctionnement des services publics digitaux.

L’e-gouvernance ne peut plus fonctionner en silos

Dans son analyse, l’UIT estime que les services numériques modernes traversent les frontières administratives traditionnelles. Un système d’identité numérique interagit avec les services fiscaux, les plateformes de paiement, les administrations territoriales, les systèmes de santé, les opérateurs télécoms, les banques et parfois même les plateformes régionales ou internationales.

Or, dans de nombreux pays, les administrations publiques continuent de fonctionner en silos numériques.

Résultat :

  • duplication des données ;
  • plateformes incompatibles ;
  • absence d’interopérabilité ;
  • multiplication des procédures ;
  • difficultés d’authentification ;
  • expériences utilisateurs fragmentées ;
  • et faible efficacité des services publics numériques.

Pour l’UIT, cette fragmentation représente désormais un véritable frein à l’e-gouvernance. C’est pourquoi l’organisation appelle à une meilleure coordination entre autorités publiques, à des mécanismes permanents de partage d’informations et à des cadres de coopération structurés entre institutions.

Les régulateurs veulent devenir des architectes de l’écosystème numérique

À travers cette approche, les régulateurs télécoms semblent vouloir élargir leur périmètre d’influence.

La question n’est plus uniquement de réguler les opérateurs télécoms, mais aussi de contribuer à la cohérence globale de l’écosystème numérique national : interconnexion des plateformes publiques, circulation sécurisée des données, harmonisation des standards techniques, supervision des infrastructures critiques ou encore coordination entre administrations.

Cette évolution intervient dans un contexte où les États accélèrent leurs projets de :

  • digitalisation des services publics ;
  • identité numérique ;
  • paiements électroniques gouvernementaux ;
  • archivage électronique ;
  • cybersécurité ;
  • intelligence artificielle ;
  • et dématérialisation des procédures administratives.

L’UIT semble ainsi considérer que les régulateurs disposent désormais d’une expertise stratégique indispensable pour garantir l’efficacité, la stabilité et l’interopérabilité des futurs services publics numériques.

E-Gov’A 2026 au cœur des nouveaux enjeux africains de gouvernance numérique

Cette nouvelle vision portée par l’UIT rejoint directement les ambitions du Salon E-Gov’A 2026, prévu du 14 au 16 octobre 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé, au Cameroun. Organisé par Smart Click Africa et Digital Business Africa sous le haut patronage du ministère des Postes et Télécommunications, l’événement se positionne justement comme une plateforme africaine de réflexion sur l’avenir des services publics numériques.

Placée sous le thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique cashless et paperless », cette première édition ambitionne de réunir gouvernements, régulateurs, opérateurs télécoms, fintechs, experts cybersécurité, institutions publiques et acteurs du numérique autour des grands défis de l’interconnexion administrative et de la transformation digitale des États africains.

Les débats annoncés autour :

  • de l’interopérabilité des plateformes publiques ;
  • des paiements numériques gouvernementaux ;
  • des identités numériques ;
  • de la cybersécurité ;
  • des infrastructures numériques ;
  • ou encore de l’intelligence artificielle appliquée aux services publics,

résonnent fortement avec les nouvelles orientations stratégiques défendues par l’UIT.

Vers une nouvelle génération de régulateurs africains ?

À travers « Regulatory Governance Essentials: The new core kit regulators need to make digital markets deliver », le document stratégique « GSR-26 Best Practice Guidelines » de l’UIT laisse entrevoir l’émergence d’une nouvelle génération de régulateurs africains davantage impliqués dans la gouvernance globale des États numériques.

Dans cette logique, les autorités de régulation pourraient progressivement devenir des acteurs pivots de la coordination numérique nationale, capables de rapprocher administrations, opérateurs privés, plateformes technologiques et citoyens autour d’écosystèmes publics plus intégrés.

Pour plusieurs observateurs, cette évolution pourrait profondément transformer le rôle historique des régulateurs télécoms sur le continent africain, à mesure que l’e-gouvernance devient un enjeu central de souveraineté numérique, de compétitivité économique et d’efficacité administrative.

Par Digital Business Africa

UIT : les 7 recommandations stratégiques aux régulateurs du numérique pour bâtir des marchés digitaux plus efficaces

[DIGITAL Business Africa] – Face à la montée en puissance des plateformes numériques, de l’intelligence artificielle, des services transfrontaliers et des nouveaux risques cyber, les régulateurs du numérique sont appelés à revoir leurs méthodes. Réunis du 12 au 15 mai 2026 à Ankara, en Turquie, dans le cadre du Global Symposium for Regulators (GSR-26), les experts de l’Union internationale des télécommunications (UIT) ont adopté un nouveau référentiel stratégique destiné à aider les autorités de régulation à mieux gouverner les marchés numériques.

Intitulé « Regulatory Governance Essentials: The new core kit regulators need to make digital markets deliver », ce document « GSR-26 Best Practice Guidelines » identifie sept piliers essentiels pour bâtir une régulation plus efficace, plus agile et davantage orientée vers l’intérêt public.

Dans un contexte où les écosystèmes numériques deviennent de plus en plus complexes, l’UIT estime que les approches réglementaires traditionnelles ne suffisent plus. Les régulateurs doivent désormais être capables d’anticiper, de mesurer, d’adapter et de coordonner leurs actions dans un environnement marqué par l’interconnexion des plateformes, l’intelligence artificielle, les infrastructures critiques et les flux numériques mondiaux.

  1. Définir des objectifs clairs d’intérêt public

Pour l’UIT, la régulation du numérique doit d’abord partir d’une vision claire des résultats attendus. Les régulateurs sont invités à identifier un nombre limité d’objectifs prioritaires servant de boussole à toutes les décisions réglementaires.

Parmi ces priorités figurent notamment la connectivité significative, l’accessibilité des services, leur fiabilité, la résilience des réseaux, la protection des consommateurs et une concurrence saine sur les marchés numériques. L’idée est d’éviter une dispersion des objectifs et de concentrer l’action publique sur des résultats mesurables et cohérents dans le temps.

  1. Adapter les obligations selon les risques et les acteurs

L’UIT recommande ensuite une régulation proportionnée et fondée sur les risques. Tous les acteurs du numérique ne devraient plus être soumis aux mêmes obligations réglementaires.

Les régulateurs sont encouragés à différencier les exigences selon la fonction exercée dans la chaîne de valeur numérique, la position sur le marché ou encore le niveau de risque associé à une activité donnée. Cette approche vise à éviter une surcharge réglementaire pour les petits acteurs, tout en renforçant la supervision des entreprises à impact systémique important.

  1. Construire une régulation fondée sur des données crédibles

Le troisième pilier souligne la nécessité de disposer d’indicateurs fiables et d’un système robuste d’observation des marchés numériques.

L’UIT recommande la mise en place de mécanismes de collecte de données standardisés, de tableaux de bord réglementaires et de fonctions internes d’évaluation capables de mesurer réellement les performances du marché. Les données doivent permettre aux régulateurs de détecter les risques, d’évaluer les impacts des politiques publiques et de renforcer la transparence vis-à-vis des citoyens.

  1. Utiliser les incitations plutôt que la contrainte systématique

Plutôt que de s’appuyer uniquement sur des sanctions ou des obligations rigides, l’UIT plaide pour une régulation incitative.

Les autorités sont encouragées à créer des conditions favorables à l’investissement, à l’innovation et au déploiement des infrastructures numériques. Cela peut passer par des licences adaptatives, des mécanismes de partage d’infrastructures, des réductions temporaires de frais réglementaires ou encore des procédures accélérées pour certains investissements stratégiques.

Selon l’UIT, une bonne régulation doit permettre aux acteurs du marché d’adopter spontanément des comportements alignés sur l’intérêt public, réduisant ainsi le recours à des mesures coercitives lourdes.

  1. Mettre en place une supervision graduelle et prévisible

Le document recommande également une approche progressive de la supervision réglementaire.

Avant d’imposer des sanctions fortes, les régulateurs devraient privilégier les mécanismes de dialogue, de correction et d’accompagnement. Les procédures d’escalade doivent être transparentes, prévisibles et fondées sur des preuves objectives.

L’UIT insiste aussi sur la nécessité de prévoir des mécanismes de “désescalade”, permettant d’alléger les mesures de contrôle lorsque les risques diminuent ou que les acteurs se conforment aux exigences réglementaires.

  1. Faire de l’apprentissage réglementaire une pratique permanente

Dans un environnement technologique en évolution rapide, l’UIT estime que les régulateurs doivent apprendre en permanence.

Le rapport encourage ainsi le recours à des outils tels que les “sandboxes” réglementaires, les projets pilotes, les déploiements progressifs ou encore les consultations publiques structurées. Les autorités doivent être capables de tester, ajuster et améliorer leurs règles au fur et à mesure que les marchés évoluent.

L’UIT recommande également l’utilisation de l’intelligence artificielle et des technologies émergentes pour renforcer les capacités de supervision, d’analyse des risques et de suivi du marché.

  1. Renforcer la cohérence réglementaire nationale et internationale

Enfin, l’UIT appelle à une meilleure coordination entre les institutions publiques et entre les pays.

Les services numériques étant par nature transfrontaliers, les régulations fragmentées peuvent créer des incohérences, des doublons ou des failles dans la supervision. L’organisation recommande donc des mécanismes réguliers de coopération entre autorités nationales, mais aussi des cadres de collaboration internationale sur les enjeux numériques émergents.

Cette cohérence réglementaire devrait notamment concerner les définitions communes, les standards de preuve, les métriques de qualité de service ou encore les approches liées aux risques systémiques et à la protection des consommateurs.

Une nouvelle feuille de route pour les régulateurs africains ?

Pour de nombreux pays africains engagés dans la transformation numérique, ces recommandations pourraient constituer une véritable feuille de route.

À l’heure où plusieurs États accélèrent la digitalisation des services publics, le développement de l’intelligence artificielle, l’expansion des fintechs ou encore la modernisation des infrastructures télécoms, la question de la capacité des régulateurs à suivre le rythme devient stratégique.

Ces orientations de l’UIT interviennent également dans un contexte où les débats sur la souveraineté numérique, la cybersécurité, les données personnelles et la régulation des plateformes mondiales prennent une importance croissante sur le continent.

Dans le document, Dr Cosmas Luckyson Zavazava, directeur du Bureau de développement des télécommunications (BDT) de l’UIT, souligne que ces lignes directrices constituent « une ressource pratique importante pour les régulateurs », capable de transformer « de grandes ambitions politiques en outils de gouvernance clairs et applicables ».

De son côté, Mr Ömer Abdullah Karagözoğlu, président du GSR-26 et président de l’Autorité des technologies de l’information et de la communication de Türkiye (BTK), estime que ces recommandations traduisent « la sagesse collective et l’expérience pratique des régulateurs » afin que « les marchés numériques servent effectivement l’intérêt public ».

Par Digital Business Africa

Économie de la donnée en zone CEMAC : le Master Data de l’Université de Yaoundé II prépare les architectes de la décision publique

[DIGITAL Business Africa] – La donnée s’impose progressivement comme l’une des ressources stratégiques les plus déterminantes pour les économies africaines. En Afrique centrale, cette mutation accélère la transformation des administrations publiques, désormais contraintes d’intégrer l’analyse des données dans leurs mécanismes de gouvernance, de prévision économique et de pilotage des politiques publiques.

C’est dans ce contexte que l’Université de Yaoundé II a procédé, ce 22 mai 2026 à l’Hôtel Hilton de Yaoundé, à la cérémonie officielle de remise des diplômes de la deuxième promotion du Master Data du programme de Gestion de la Politique Économique (GPE).

Au-delà du symbole académique, cette sortie de promotion illustre une ambition plus large : bâtir une nouvelle génération de décideurs publics capables d’exploiter la donnée comme outil stratégique de transformation économique dans l’espace CEMAC.

Pour le Professeur Viviane Ondoua Biwolé, directrice du programme GPE, l’intégration précoce des sciences de la donnée dans les parcours de formation répond à une anticipation des mutations structurelles en cours dans les économies africaines.

« Le Cameroun a compris très tôt que la Data devenait une réalité, et donc depuis 2021, nous avons initié justement ce parcours qui porte sur l’analyse des données et tous les outils qui permettent effectivement de manipuler la donnée », explique-t-elle.

À travers cette orientation stratégique, l’Université de Yaoundé II entend positionner le Cameroun comme un acteur de référence dans la formation des compétences numériques appliquées à la gouvernance économique et financière. Dans une sous-région confrontée à des défis de performance administrative, de transparence budgétaire et d’efficacité des politiques publiques, la maîtrise de la donnée devient désormais un levier de souveraineté et d’aide à la décision.

L’originalité du Master Data réside dans son approche transversale. Contrairement aux formations purement techniques orientées vers l’informatique ou le développement logiciel, ce cursus articule sciences de la donnée, macroéconomie, statistiques appliquées et gestion publique. L’objectif est de transformer les données massives produites par les administrations, les régies financières ou les institutions économiques en outils d’analyse stratégique capables d’éclairer les décisions gouvernementales.

À terme, ces diplômés sont appelés à intervenir dans plusieurs secteurs clés : modernisation des administrations fiscales et douanières, planification budgétaire, prévisions économiques, gouvernance publique ou encore pilotage des politiques de développement.

Dans un environnement régional où les États de la CEMAC accélèrent leur transformation numérique, ces profils hybrides deviennent essentiels pour accompagner les réformes structurelles et renforcer la capacité des institutions à produire des décisions basées sur des indicateurs fiables et des analyses prédictives.

Cette deuxième promotion s’inscrit dans la dynamique du plan stratégique 2025-2029 du programme GPE, qui ambitionne de renforcer l’ancrage technologique et opérationnel de ses formations. Doté d’infrastructures numériques modernisées et d’un campus virtuel de nouvelle génération, le programme veut désormais dépasser le cadre académique classique pour répondre directement aux besoins des administrations et des marchés africains.

À travers le Master Data, l’Université de Yaoundé II confirme ainsi son positionnement comme pôle d’excellence régional dans les métiers de la donnée appliquée aux politiques publiques.

Plus largement, cette initiative traduit une évolution majeure dans l’écosystème numérique d’Afrique centrale : la sous-région ne veut plus seulement consommer les technologies et les modèles importés, mais former localement les experts capables de piloter sa propre transformation numérique et économique.

Par Loic SOUOP

Gouvernance des données : le Tchad pose les bases de sa future stratégie nationale

[DIGITAL Business Africa] – Le Tchad accélère sa réflexion autour de la gouvernance des données, considérée désormais comme un levier essentiel de transformation numérique et de développement socioéconomique. Ce jeudi 21 mai 2025, les travaux de l’atelier d’engagement des parties prenantes pour l’élaboration de la Stratégie nationale de gouvernance des données ont été officiellement lancés à N’Djamena par Mahamat Saleh Brahim Salah, Secrétaire général adjoint du ministère des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation.

La cérémonie s’est tenue en présence de plusieurs partenaires techniques et diplomatiques, parmi lesquels Samir Felich, Agnès Kovacs ainsi que Tobias Dierks.

Cette rencontre marque une nouvelle étape dans la structuration de l’écosystème numérique tchadien. L’atelier vise notamment à mobiliser l’ensemble des acteurs concernés autour de l’élaboration, de la mise en œuvre et du suivi de la future Stratégie nationale de gouvernance des données. Il intervient à la suite des consultations menées ces derniers mois par une experte en transformation numérique mandatée par Commission économique pour l’Afrique auprès des institutions et acteurs clés du secteur numérique tchadien.

Dans son allocution d’ouverture, Mahamat Saleh Brahim Salah a présenté cet atelier comme « la première pierre d’un chantier historique » pour le secteur numérique national. Pour le responsable ministériel, la donnée ne peut plus être perçue comme une simple accumulation d’informations stockées dans des serveurs.

Selon lui, les données représentent aujourd’hui « une richesse », mais aussi « le carburant du développement socioéconomique », le moteur de l’innovation et un pilier incontournable d’une gouvernance moderne. Un changement de paradigme qui traduit la volonté des autorités tchadiennes d’inscrire la gestion stratégique des données au cœur des politiques publiques numériques.

S’adressant aux participants, il a rappelé leur rôle central dans la construction de l’avenir numérique du pays, appelant à une implication collective afin de définir un cadre de gouvernance adapté aux réalités nationales et aux ambitions de transformation digitale du Tchad.

De son côté, Samir Felich a insisté sur la dimension stratégique des données dans les économies modernes. Pour le diplomate allemand, les données sont devenues aussi importantes que les ressources naturelles, tant elles influencent désormais les sphères privées, professionnelles et institutionnelles.

Il a souligné que l’absence de règles claires et de responsabilités bien définies limite encore l’exploitation efficace de nombreuses données produites au quotidien. D’où la nécessité, selon lui, de mettre en place des mécanismes solides pour garantir l’accessibilité, la sécurisation et la valorisation de ces informations.

Même tonalité du côté de Agnès Kovacs. La représentante de l’Union européenne a estimé que la gouvernance des données dépasse largement le cadre technique. Elle constitue, selon elle, un élément central de la transformation économique, de l’amélioration des services publics, de l’innovation, de l’intégration régionale et du renforcement de la confiance numérique.

Elle a également salué les efforts entrepris par le Tchad pour se doter d’une stratégie nationale dans ce domaine, y voyant un signal fort en faveur d’une meilleure maîtrise des enjeux liés aux données.

À travers cette initiative, le Tchad ambitionne ainsi de bâtir un cadre de gouvernance capable de favoriser la circulation sécurisée des données, leur valorisation économique et leur utilisation au service des politiques publiques et de l’innovation numérique.

Par Loïc SOUOP

Source : MTENDA – TCHAD

PMICE : le Tchad accélère les vérifications autour du Data Center et des infrastructures numériques

[DIGITAL Business Africa] – Le gouvernement tchadien veut accélérer la finalisation du Projet de Modernisation des Infrastructures des Communications Électroniques (PMICE), considéré comme l’un des piliers de la stratégie nationale de souveraineté numérique. Le dossier était au centre d’une réunion de suivi présidée ce 19 mai 2026 par Haliki Choua Mahamat, en présence des principaux acteurs du projet, notamment Huawei, le bureau de contrôle Gulf Consultancy ainsi que la coordination du PMICE.

Au cours des échanges, le coordonnateur du projet, Bobe Poka, a présenté l’état d’avancement des différentes composantes du programme. Si les travaux du backbone national affichent déjà des progrès importants avec 1275 kilomètres de fibre optique déployés, plusieurs autres volets du projet restent encore confrontés à des défis techniques et opérationnels.

Les discussions se sont principalement concentrées sur le futur Data Center national. Selon les informations présentées, les infrastructures physiques du bâtiment sont déjà achevées et les équipements numériques installés. Toutefois, des ajustements techniques restent nécessaires, notamment autour de la certification du Data Center, considérée comme indispensable pour garantir sa crédibilité et sa conformité aux standards internationaux.

Dans cette perspective, un audit de sécurité a déjà été réalisé par ANSICE Tchad afin d’évaluer le niveau de sécurité des équipements déployés. Les autorités envisagent également de faire appel à une structure spécialisée pour assurer la certification officielle du site.

Les échanges ont également porté sur les micros Data Centers déjà installés dans plusieurs institutions publiques. Selon la coordination du projet, ces infrastructures attendent désormais leur configuration finale ainsi que leur interconnexion avec le Data Center principal. L’Adetic devra notamment conduire des tests de connexion afin de valider l’intégration technique de l’ensemble du dispositif.

Souhaitant disposer d’une visibilité complète sur les équipements effectivement déployés, le ministre Haliki Choua Mahat a instruit la réalisation d’inventaires détaillés au niveau :

du Data Center principal ;

des micros Data Centers ;

des infrastructures numériques livrées sur les différents sites techniques du projet.

Des missions d’inspection sont également annoncées pour les 200 sites de transmission concernés par le PMICE, en vue de leur réception technique.

Le ministre a par ailleurs insisté sur le respect strict du calendrier d’exécution par Huawei, sous la supervision du bureau de contrôle Gulf Consultancy.

Avant la clôture de la réunion, le membre du gouvernement a rappelé que le Tchad avait déjà entamé le remboursement du financement mobilisé pour le PMICE. Dans ce contexte, il a appelé les différents intervenants à davantage de rigueur et de responsabilité, estimant que la concrétisation du projet représente un enjeu stratégique pour la souveraineté numérique du pays.

À travers le PMICE, le Tchad ambitionne de renforcer ses infrastructures numériques critiques, d’améliorer l’interconnexion nationale et de soutenir le développement des services numériques publics et privés.

Par Loïc SOUOP

Burundi : La capitale Gitega a son centre culturel numérique pour les jeunes et les créateurs

[DIGITAL Business Africa] – Un futur vivier pour l’innovation et les jeunes talents. La capitale du Burundi, Gitega, se dote d’un centre culturel numérique pour les jeunes et les créateurs. Son inauguration a eu lieu ce 20 mai 2026 en présence des autorités de la ville, dont le gouverneur de la province de Gitega, Liboire Bigirimana , le Conseiller du Gouverneur de Buhumuza, l’Administrateur de la Commune GitegaJacques Nduwimana ainsi que du Conseiller chargé de la communication à la Présidence de la République.

Cette infrastructure moderne est un espace d’apprentissage, de création et d’innovation, comprend une médiathèque numérique, des salles multimédias, des espaces de coworking ainsi qu’un accès Wi-Fi ouvert au public. Le maire de Gitega, Jacques Nduwimana, ne cache pas sa joie ainsi que celle de sa population.

« La ville de Gitega est fière d’accueillir cette infrastructure d’avenir. Ce centre culturel numérique représente un investissement dans notre jeunesse et dans l’intelligence collective de notre population. Nous souhaitons que cet espace devienne un lieu vivant, fréquenté chaque jour par des étudiants, des artistes, des développeurs et des entrepreneurs. Gitega doit devenir une capitale de l’innovation culturelle au Burundi », a-t-il dit.

Et les ressources ne manquent pas. Le centre dispose de points d’accès et d’initiatives technologiques. Notamment le nouveau réseau de hotspots de la ville. Cet espace numérique public, inauguré sous l’impulsion de Gateka Saxe Perry (dit Gasape) au centre-ville, offre aux étudiants et aux citoyens un accès Wi-Fi haut débit, un espace de travail en ligne et des bornes de recharge pour téléphones.

On y trouve également une bibliothèque numérique Tanga. Située dans l’enceinte de l’INSS, cette infrastructure est conçue pour l’accès aux ressources documentaires en ligne.

Juste à côté, le pari du numérique au féminin. Ce centre soutient activement l’autonomisation des jeunes femmes grâce à des programmes comme l’initiative African Girls Can Code (AGCCI) d’ONU Femmes, qui leur permet de suivre des formations pratiques au code et à la création numérique.

Et enfin l’Institut de musicologie de Gitega. Il est basé sur le site du Musicology Gitega, il joue un rôle majeur dans la numérisation et la préservation de la culture et du patrimoine audio du pays.

Un peu plus tôt, le Centre burundais pour la Lecture et l’Animation Culturelle (CEBULAC) sous Haut Patronage du Ministère ayant la Jeunesse, les Sports et la Culture dans ses attributions, la célébration de la Journée mondiale du Livre s’est tenue ce 20 mai 2026 dans la Province de Gitega.

Les cérémonies se sont déroulées en présence de plusieurs invités venus de différentes institutions publiques et privées ainsi que des acteurs du monde culturel et littéraire.

Par Jean Materne Zambo

Souveraineté numérique : TCHADIX veut bâtir un Internet tchadien plus performant et résilient

[DIGITAL Business Africa] – Le Tchad accélère la structuration de son écosystème Internet national. Réunis ce mai 2026 à l’hôtel Radisson Blu Hotel N’Djamena, les membres de TCHADIX ont ouvert leur Assemblée générale autour du thème : « Pour un internet tchadien plus performant et souverain ». Cette rencontre stratégique rassemble fournisseurs d’accès Internet, opérateurs de téléphonie mobile et acteurs clés du numérique tchadien.

Présidant les travaux, Adoum Djimet Saboun a présenté cette Assemblée générale comme une étape majeure dans la consolidation d’un écosystème numérique national plus accessible, sécurisé et performant. Selon lui, TCHADIX est le fruit d’une démarche collective portée par Agence de Développement des Technologies de l’Information et de la Communication, avec l’implication des principaux acteurs des TIC du pays afin de mettre en place une gouvernance collaborative du point d’échange Internet national.

Le responsable souligne que TCHADIX représente aujourd’hui un levier stratégique pour améliorer la qualité de l’Internet au Tchad, tout en réduisant les coûts de connectivité grâce à l’échange local du trafic Internet entre opérateurs et fournisseurs d’accès.

Structuré sous la forme d’un groupement d’intérêt économique, TCHADIX ambitionne également de renforcer la souveraineté numérique du pays. L’infrastructure vise notamment à encourager l’hébergement local des données et à limiter la dépendance du Tchad vis-à-vis des infrastructures étrangères, dans un contexte mondial marqué par l’accélération de la transformation numérique.

Pour Adoum Djimet Saboun, cette dynamique s’inscrit dans les orientations stratégiques de Haliki Choua Mahamat, dont la vision place les infrastructures numériques et la transformation digitale parmi les priorités nationales. Il a également rappelé que cette ambition rejoint la politique impulsée par Mahamat Idriss Déby Itno en faveur d’un Tchad connecté, moderne et souverain sur le plan numérique.

Afin de renforcer sa gouvernance, TCHADIX s’appuie sur trois organes majeurs : l’Assemblée générale, le Conseil d’administration et le Comité exécutif. Les travaux en cours devraient permettre de finaliser la désignation du Comité exécutif, considéré comme une étape essentielle pour accélérer la mise en œuvre des projets liés à l’interconnexion nationale.

Au cours de cette Assemblée générale, Zahra Ahmed Sidik a été désignée Présidente de l’Assemblée générale pour un mandat de deux ans, marquant une nouvelle phase dans la structuration institutionnelle de TCHADIX.

À travers cette initiative, Agence de Développement des Technologies de l’Information et de la Communication réaffirme son ambition de développer des infrastructures numériques modernes capables de soutenir la croissance de l’économie numérique tchadienne et de garantir un Internet plus stable, sécurisé et souverain pour les populations et les entreprises.

par Loïc SOUOP

Source : ADETIC

Tchad : L’ADETIC célèbre un an du point d’échange Internet TCHADIX, bilan et perspectives

[DIGITAL Business Africa] – Le point d’échange Internet du Tchad souffle sa première bougie. Loin des festivités, les fournisseurs d’accès à internet, opérateurs de téléphonie mobile et plusieurs acteurs du secteur numérique national prennent part à l’Assemblée générale des membres de TCHADIX, qui s’est ouverte ce 20 mai 2026 autour du thème : « Pour un internet tchadien plus performant et souverain ».

Conçu sous la forme d’un Groupement d’intérêt économique, TCHADIX a pour mission de faciliter l’échange local du trafic Internet entre les différents opérateurs et fournisseurs d’accès. Cette infrastructure stratégique vise notamment à réduire les coûts de connectivité, améliorer la qualité des services numériques et renforcer la souveraineté numérique du Tchad.

Un an que TCHADIX est opérationnel. Un bilan s’impose. Quelques points à relever. D’abord l’institutionnalisation : Les textes de base (statuts et règlement intérieur) ont été adoptés sous la forme d’un Groupement d’intérêt économique (GIE) pour assurer une gestion participative.

Ensuite, l’évolution du Bureau : L’Assemblée générale ordinaire a entériné la dynamique institutionnelle, reconduisant l’équipe dirigeante avec à sa tête M. Alamine Khader comme Coordinateur national.

Quelques perspectives et enjeux ont été annoncés à l’ouverture des travaux. Selon le top management, l’infrastructure vise à contrer le phénomène de tromboning (où le trafic local transite inutilement par des serveurs internationaux), permettant ainsi une baisse drastique des coûts de connectivité et une réduction de la latence pour les utilisateurs

Dans son discours, le président du Conseil d’administration de TCHADIX, Adoum Djimet Saboun, par ailleurs directeur général de l’ADETIC, a souligné que cette assemblée générale marque une étape déterminante dans la consolidation d’un écosystème numérique national plus performant, accessible et sécurisé.

TCHADIX est né d’une volonté collective portée par l’Agence de Développement des Technologies de l’Information et de la Communication, à travers un processus participatif ayant mobilisé les principaux acteurs des TIC du pays. Ce cadre de concertation a permis de définir un modèle de gestion inclusif et collaboratif du point d’échange Internet national.

Par Jean Materne Zambo, source: Adetic 

Togo : 38 experts formés en criminalistique numérique par le FBI

[DIGITAL Business Africa] – Les cybercriminels au Togo seront traqués dans leurs retranchements. Qu’il s’agisse du cyberespace ordinaire ou du Dark web, les 38 experts fraîchement formés par le Bureau fédéral d’enquêtes (FBI) auront les outils nécessaires pour lutter contre la cybercriminalité. Blockchain, enquêtes en ligne, traçage de transactions… leurs compétences sont pointues. La formation a été annoncée par l’ambassade américaine ce 15 mai 2026.

Cette formation s’inscrit dans la continuité d’une coopération bien établie. Les forces de sécurité et de défense togolaises bénéficient depuis plusieurs années de formations spécialisées en cybercriminalité dispensées par les services secrets américains (USSS).

La formation est annoncée dans un contexte où la cybercriminalité fait recette au Togo. En témoigne l’histoire d’un jeune Togolais, recruté par des mafias asiatiques au Cambodge sous de fallacieuses promesses d’emploi. Selon son témoignage recueilli par le journal Libération, le jeune homme aurait été victime des scam centers, implantés principalement au Cambodge, en Birmanie et aux Philippines.

Ces officines, selon le journal, génèrent chaque année des milliards de dollars de profits illicites. Leurs opérateurs ciblent délibérément des jeunes Africains, souvent diplômés, maîtrisant les langues étrangères et en quête d’opportunités, des profils idéaux pour mener des opérations de fraude en ligne ciblant l’Europe et l’Amérique du Nord.

Le Togo dispose d’un cadre légal qui encadre le numérique et réprime les infractions en ligne. Notamment la Loi n°2018-026 sur la cybersécurité et la lutte contre la cybercriminalité.  Elle sanctionne les infractions telles que les accès illicites, la pédopornographie, le chantage et la diffusion de fausses nouvelles visant à semer la panique (punissable de 1 à 3 ans d’emprisonnement).Et la Loi n°2019-014 sur la protection des données personnelles, qui encadre la collecte et l’utilisation de vos données numériques.

Le pays a aussi mis en place une Stratégie nationale de cybersécurité (2024-2028) pour renforcer les laboratoires de criminalistique numérique.

Par Jean Materne Zambo

Protection des Données: Les axes stratégiques de la Déclaration finale d’Abidjan adoptée à la 9ème Conférence du RAPDP

[DIGITAL Business Africa] – L’ écosystème du numérique africain se réunit autour d’une thématique sensible : la données à l’épreuve de l’innovation. Du 18 au 21 mai 2026, la Côte d’Ivoire abrite la 9ème Conférence du Réseau Africain des Autorités de Protection des Données personnelles.

Premier acte significatif des travaux : l’adoption de la Déclaration finale d’Abidjan. Un appel à l’action collective pour renforcer la souveraineté numérique et harmoniser les réglementations sur les données en Afrique.

Ce document stratégique trace la feuille de route et es orientations de la régulation des données personnelles pour la période 2026–2030.

Les axes clés de cette déclaration incluent :

• Gouvernance des technologies émergentes : Définir des cadres juridiques stricts pour encadrer l’intelligence artificielle et l’utilisation des algorithmes.

• Coopération continentale : Mutualiser les efforts entre les autorités de protection des données africaines pour faire face aux défis transfrontaliers.

• Vulgarisation des textes : Accélérer la ratification et la mise en œuvre de la Convention de Malabo sur la cybersécurité et la protection des données.

L’événement est organisée par l’Autorité de Régulation des Télécommunications/TIC de Côte d’Ivoire, et est placée sous le thème : « Réguler sans freiner l’innovation : la régulation des technologies innovantes — enjeux, défis et perspectives des autorités de protection en Afrique ».

Présidé actuellement par Iro Adamou, le RAPDP fédère des autorités issues des différentes régions d’Afrique — francophones, anglophones, lusophones et arabophones — dans une dynamique panafricaine de coopération et de mutualisation des expériences.

Au-delà des institutions, les organisateurs insistent sur le caractère citoyen de cette problématique. Gouvernements, entreprises, universités, société civile et utilisateurs du numérique sont appelés à contribuer collectivement à la construction d’un écosystème numérique africain plus sûr, plus éthique et plus souverain.

Par Jean Materne Zambo, source: RAPDP

De la CAF à la Zlecaf : Alexandre Siewe décroche un poste stratégique dans la communication du marché africain unique

[DIGITAL Business Africa] – Le Camerounais Alexandre Siewe entame une nouvelle étape de sa carrière au cœur de l’un des projets économiques les plus ambitieux du continent africain. L’ancien directeur de la communication de la Confédération africaine de football (CAF) a officiellement rejoint, depuis le 13 mai 2026, le secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) à Accra, au Ghana, en qualité de Conseiller principal en charge de la division communication.

L’annonce a été faite par l’intéressé lui-même dans un message publié le 15 mai sur Facebook, où il mêle spiritualité, leadership et vision panafricaine.

« Toute trajectoire a un auteur. Je commence par rendre grâce à DIEU, le Coach des coachs, celui qui compose les équipes que personne n’anticipe et qui place chaque joueur là où il peut être décisif », écrit-il.

Dans ce message, Alexandre Siewe présente sa nomination comme un appel stratégique plutôt qu’une simple promotion professionnelle.

« Ces moments-là, on ne les planifie pas. On les reçoit », affirme-t-il.

Le communicant camerounais révèle avoir été personnellement choisi par Wamkele Mene, secrétaire général de la Zlecaf.

« C’est S.E. Wamkele Mene qui m’a aligné dans son équipe-type », souligne-t-il, en utilisant un vocabulaire inspiré du sport et du management d’équipe.

Une mission au cœur du plus grand marché de libre-échange au monde

Dans son message, Alexandre Siewe rappelle également les ambitions gigantesques de la Zlecaf.

« 55 États. 1,4 milliard de personnes. Une ambition claire : que les Africains commercent davantage entre eux, produisent davantage chez eux, et créent de la richesse qui reste sur le continent », écrit-il.

Pour lui, le projet est déjà entré dans sa phase opérationnelle.

« Le match a commencé en 2021. Nous sommes en train de le jouer. »

La Zlecaf, entrée officiellement en vigueur en janvier 2021, vise à créer un marché continental intégré capable de stimuler le commerce intra-africain, l’industrialisation et les chaînes de valeur régionales.

Dans ce contexte, la communication apparaît désormais comme un levier stratégique majeur pour renforcer l’appropriation du projet par les populations, les entreprises et les décideurs africains.

« Creating One African Market n’est pas un slogan. C’est une promesse faite à un continent », insiste Alexandre Siewe.

Communication stratégique, IA et influence africaine

Le profil du nouveau responsable de la communication de la Zlecaf illustre également la montée en puissance des experts africains de la communication stratégique et de l’intelligence artificielle au sein des grandes institutions continentales.

Avant cette nomination, Alexandre Siewe dirigeait la stratégie chez Hémisphère Media Production Africa et présidait le réseau IA For Africa Initiatives. Consultant-expert en communication stratégique, branding, influence politique et intelligence artificielle, il affirme avoir construit son parcours à travers plusieurs secteurs et pays africains.

« Vingt ans à construire des récits à travers l’Afrique, de l’énergie au football, de la gouvernance de l’IA aux institutions continentales, m’ont conduit ici. Ce n’est pas une arrivée. C’est une mise en jeu », écrit-il.

Selon sa biographie professionnelle, Alexandre Siewe intervient dans une douzaine de pays en Afrique et à l’international, où il accompagne des dirigeants, des gouvernements, des institutions et des fondations dans leurs stratégies d’influence, de transformation et de leadership.

Il est également présenté comme le concepteur du « Système Siewe™ », une méthode de coaching et de stratégie visant à produire des résultats rapides dans les dynamiques de leadership et de communication.

Pour le communicant camerounais, la communication autour de la Zlecaf ne doit pas être perçue comme un simple outil institutionnel.

« Ma mission : faire en sorte que ce projet soit compris, raconté, et approprié par le plus grand nombre. La communication n’est pas la périphérie d’un tel projet. Elle en est une condition », affirme-t-il.

À travers cette nomination, la Zlecaf semble ainsi miser sur une communication plus offensive, narrative et orientée vers l’influence, afin d’accélérer l’adhésion au projet d’intégration économique africaine.

Et sa première mission continentale s’inscrit déjà dans la communication autour d’un événement majeur : Biashara Afrika 2026, organisé du 18 au 20 mai 2026 au Palais des Congrès de Lomé, au Togo, sur le thème : « Dynamiser la transformation économique de l’Afrique grâce à la ZLECAf ».

Co-organisé par le Secrétariat de la ZLECAf et le gouvernement togolais, ce forum réunit plus de 1 500 décideurs politiques, investisseurs et chefs d’entreprise venus réfléchir aux moyens de stimuler le commerce intra-africain, de faciliter l’accès au marché continental et d’accélérer la mise en œuvre concrète de la Zone de libre-échange continentale africaine.

À travers cette nomination, la ZLECAf semble ainsi miser sur une communication plus offensive, narrative et orientée vers l’influence, afin d’accélérer l’adhésion au projet d’intégration économique africaine.

Et la première grande mission continentale d’Alexandre Siewe s’inscrit déjà dans la communication autour d’un événement stratégique : Biashara Afrika 2026, organisé du 18 au 20 mai 2026 au Palais des Congrès de Lomé, au Togo, sous le thème : « Dynamiser la transformation économique de l’Afrique grâce à la ZLECAf ».

Co-organisé par le Secrétariat de la ZLECAf et le gouvernement togolais, ce forum réunit plus de 1 500 décideurs politiques, investisseurs et chefs d’entreprise venus réfléchir aux moyens de stimuler le commerce intra-africain, de faciliter l’accès au marché continental et d’accélérer la mise en œuvre concrète de la Zone de libre-échange continentale africaine.

Par Digital Business Africa

Transformation numérique : le Niger muscle son administration avec un important appui technologique du Projet Villages Intelligents

[DIGITAL Business Africa] – Le Niger franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son administration publique. Le vendredi 15 mai 2026, le Ministère de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information a officiellement réceptionné un important lot d’équipements informatiques offert par le Projet Villages Intelligents (PVI), dans le cadre de l’accélération de la transformation numérique de l’État. La cérémonie, organisée dans les locaux du ministère à Niamey, marque un tournant dans le renforcement des capacités technologiques de l’administration nigérienne. Celle-ci est confrontée depuis plusieurs années aux défis de la dématérialisation, de la gestion sécurisée des données et de l’amélioration des performances des services publics.

Le don remis par le Projet Villages Intelligents comprend plusieurs équipements stratégiques destinés à améliorer les conditions de travail des agents publics et à renforcer l’efficacité administrative. Le lot est constitué notamment d’ordinateurs portables et de bureau, de tablettes numériques, d’imprimantes modernes, de serveurs informatiques, ainsi que d’onduleurs et de solutions antivirus destinés à sécuriser les infrastructures numériques du ministère. À travers cette dotation, les autorités entendent réduire les lenteurs administratives, améliorer le traitement des informations et faciliter l’archivage numérique des documents administratifs.

La remise officielle du matériel a été effectuée par le Coordonnateur du Projet Villages Intelligents, Abdou Kané, au Secrétaire général du ministère, Mashoul Abdoul Nasser, en présence de plusieurs responsables administratifs et techniques.

Pour le ministère, cet appui représente bien plus qu’un simple renouvellement du parc informatique. Il s’inscrit dans une dynamique globale de transformation digitale des services publics nigériens, à l’heure où les administrations africaines sont appelées à adopter des outils numériques plus performants afin d’améliorer la qualité des prestations offertes aux citoyens.

« Ce matériel va transformer le quotidien de nos agents. Nous allons optimiser le traitement de l’information, sécuriser nos archives et, surtout, accélérer cette transformation digitale que nous appelons de nos vœux », a déclaré Mashoul Abdoul Nasser lors de la cérémonie.

L’intégration de serveurs et de dispositifs de protection numérique apparaît également comme un enjeu majeur dans un contexte de montée des risques liés à la cybersécurité et à la protection des données administratives sensibles.

À travers cette initiative, le Projet Villages Intelligents confirme son positionnement comme acteur clé de l’inclusion numérique au Niger. Initialement conçu pour favoriser l’accès aux technologies dans les zones rurales, le programme élargit désormais son action au renforcement des capacités numériques des institutions publiques.

L’objectif affiché est de créer un environnement administratif capable de soutenir les ambitions nationales en matière d’économie numérique, de gouvernance électronique et de connectivité territoriale. Dans plusieurs pays africains, les projets de digitalisation des administrations publiques deviennent progressivement des leviers de compétitivité et d’attractivité économique. Le Niger, qui multiplie depuis quelques années les initiatives de modernisation technologique, cherche ainsi à poser les bases d’un écosystème numérique plus structuré.

Au-delà de l’amélioration des conditions de travail des agents, cette dotation devrait contribuer à accélérer plusieurs chantiers liés à la dématérialisation des procédures administratives, à la circulation électronique des documents et à l’optimisation de la gestion interne du ministère.

Les autorités nigériennes ambitionnent notamment de réduire les délais de traitement des dossiers administratifs, de renforcer la traçabilité des informations et d’améliorer l’accessibilité des services publics grâce au numérique.

Cette modernisation intervient dans un contexte continental marqué par l’accélération des politiques de transformation digitale, soutenues aussi bien par les États que par les partenaires techniques et financiers.

Si cette dotation constitue une avancée importante, la question de la maintenance des équipements et de la formation des utilisateurs demeure centrale pour garantir l’efficacité et la pérennité des investissements numériques.

Le Secrétaire général du ministère a d’ailleurs appelé les bénéficiaires à faire un usage responsable et professionnel des équipements afin d’en préserver la durabilité.

À terme, le renforcement des capacités technologiques du Ministère de la Communication pourrait contribuer à faire émerger une administration plus agile, plus efficace et mieux préparée aux exigences de l’économie numérique moderne.

Plus qu’une remise élémentaire de matériel informatique, cette opération symbolise la volonté du Niger de construire une administration connectée, capable de soutenir les ambitions nationales en matière de transformation digitale et d’inclusion numérique.

Par Loic SOUOP

 

Bénin : Les lanceurs d’alerte outillés en investigation par la PPLAAF

[DIGITAL Business Africa] – Le lanceur d’alerte Béninois n’est pas loin de revêtir un manteau de légalité. Un atelier organisé par Social Watch Bénin et la Plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique (PPLAAF) se tient le 18 mai 2026. Y prennent part, le représentant du Haut Commissaire à la Prévention de la Corruption, des journalistes d’investigation, des organisations de la société civile et des experts autour des enjeux de l’investigation, de la protection des lanceurs et lanceuses d’alerte, et de la sécurité numérique.

L’atelier s’inscrit dans le cadre du projet « Alerter, Investiuer, Collaborer : Appuyer les acteurs et actrices au cœur de la lutte contre la corruption au Bénin et en Côte d’Ivoire ». L’initiative bénéficie de l’appui financier d’Expertise France.

Selon le site Transparency France, le lanceur d’alerte est une personne qui, de bonne foi et sans contrepartie financière, signale des faits illégaux ou dange pour l’intérêt général : corruption, fraude, atteintes à l’environnement, risques sanitaires, violations des droits humains.

Au niveau africain, l’activité des lanceurs d’alerte est encadrée par la Convention de l’Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption, le Protocole de la CEDEAO sur la prévention et la lutte contre la corruption. Ces deux  textes ont été signés et ratifiés par le Bénin.

Sur le plan local, la Constitution du Bénin garantit le « droit à la liberté de pensée, de conscience, de religion, de culte, d’opinion et d’expression dans le respect de l’ordre public établi par la loi et les règlements », et assure « la liberté et la protection de la presse ».

La loi 2011-20 du 12 octobre 2011 portant lutte contre la corruption et autres infractions connexes en République du Bénin qui avait prévu la protection des lanceurs d’alerte a été abrogée en 2020. Renforçant ainsi le vide juridique en matière de protection des lanceurs d’alerte.

Transparency France explique étape par étape l’activité de lanceur d’alerte.

« Pour bénéficier de la protection légale, le lanceur d’alerte doit suivre une procédure définie. L’alerte commence en principe à l’intérieur de l’organisation : un salarié ou collaborateur transmet les faits à son employeur ou au référent désigné.

Si aucune réponse n’est donnée dans un délai raisonnable, ou si la situation est trop grave pour rester interne, le lanceur d’alerte peut alors saisir une autorité externe comme le Défenseur des droits, un régulateur sectoriel ou un juge.

Enfin, en dernier recours, l’alerte peut être rendue publique, par exemple via la presse. Ce parcours vise à garantir à la fois l’efficacité du signalement et la protection de la personne qui alerte ».

Cette formation se tient dans un contexte où l’influenceur béninois Kemi Seba est maintenu en détention en avril 2026 en Afrique du Sud. L’activiste se revendiquant de lanceur d’alerte est recherché par les autorités béninoises pour son soutien présumé à une tentative de coup d’État annoncée au Bénin en décembre 2025.

Par Jean Materne Zambo

Rise Africa 2026 : Yves KOM met en avant les 8 200 jeunes déjà formés par les Orange Digital Centers

[DIGITAL Business Africa] – Le Palais polyvalent des sports de Yaoundé a fait le plein ce samedi 16 mai 2026 à l’occasion de la première édition de Rise Africa 2026, un forum porté par le youtubeur et entrepreneur camerounais Philippe Simo. Devant des milliers de jeunes réunis autour des questions d’entrepreneuriat, d’opportunités et d’avenir numérique, Orange Cameroun, sponsor officiel de l’événement, a profité de cette tribune pour mettre en avant sa vision de l’inclusion numérique et de l’employabilité des jeunes.

Prenant la parole au nom de l’opérateur télécom, Yves KOM, directeur marketing d’Orange Cameroun, s’est d’abord dit impressionné par la mobilisation observée au Palais des sports.

« Nous avons rempli le Palais polyvalent. Je suis émerveillé, je suis impressionné », a-t-il lancé devant un public enthousiaste, avant de souligner la portée symbolique d’un tel rassemblement de jeunes autour d’un forum consacré aux opportunités et à la construction de l’avenir.

Dans une intervention fortement axée sur l’engagement des jeunes et le numérique, Yves KOM a insisté sur le fait que cette mobilisation traduisait une volonté croissante de la jeunesse camerounaise de croire en son propre potentiel.

« Vous avez laissé vos activités, vos plans du samedi pour être ici aujourd’hui parce que vous croyez que le Cameroun peut être une véritable terre d’opportunités », a-t-il déclaré.

Au-delà du discours motivationnel, le responsable marketing d’Orange Cameroun a surtout mis en avant les investissements et les initiatives de l’entreprise en matière de connectivité, de services digitaux et de formation aux métiers du numérique.

Selon lui, Orange Cameroun revendique aujourd’hui près de 7,5 millions de clients connectés grâce à ses offres data et numériques. Il a également évoqué Max It, l’application digitale du groupe, qu’il présente comme l’une des plateformes les plus utilisées au Cameroun après WhatsApp et Facebook.

Mais c’est surtout sur le terrain de la formation numérique que le discours a pris une dimension stratégique. Yves KOM a rappelé l’existence des Orange Digital Centers (ODC), déployés dans plusieurs villes du Cameroun, notamment à Yaoundé, Douala, Garoua, Buea et, récemment, Maroua.

« Ils ont pour but de former gratuitement les jeunes aux métiers d’avenir », a-t-il expliqué.

D’après les chiffres communiqués lors de l’événement, plus de 8 200 jeunes auraient déjà été formés gratuitement au sein de ces centres, plus de 2 500 certifications auraient été délivrées, et plus de 1 200 jeunes auraient pu accéder à un emploi ou à des opportunités professionnelles grâce à ces programmes.

Orange Cameroun affirme également disposer d’une cinquantaine de maisons digitales et d’écoles numériques réparties sur le territoire national, y compris dans certaines zones rurales.

L’intervention d’Yves KOM a également permis de retracer la genèse de Rise Africa Cameroun. Le directeur marketing d’Orange Cameroun a expliqué avoir découvert les conférences de Philippe Simo organisées à l’international, notamment en France, au Canada, au Sénégal et en Côte d’Ivoire, avant de prendre contact avec l’entrepreneur camerounais pour envisager une édition locale.

« Je me suis dit qu’il fallait peut-être offrir la même chose aux Camerounais », a-t-il confié.

L’événement confirme ainsi la montée en puissance des forums orientés vers l’entrepreneuriat, le leadership et l’économie numérique au Cameroun, dans un contexte où les questions d’employabilité des jeunes, de formation aux compétences digitales et de transformation numérique occupent une place croissante dans les politiques publiques et les stratégies des entreprises technologiques.

À travers Rise Africa 2026, Philippe Simo et ses partenaires entendent justement promouvoir une nouvelle narration autour des opportunités africaines, du digital et de l’entrepreneuriat, avec pour ambition de convaincre davantage de jeunes que « le Cameroun est une véritable terre d’opportunités ».

Parmi les principales personnalités mises en avant à cet événement figuraient notamment :

  • Philippe Simo, entrepreneur et promoteur de Rise Africa
  • Yves KOM, Directeur Marketing et Communication, Orange Cameroun
  • Cyrille BOJIKO, PDG du Groupe Balafon Media
  • Louis Paul GUENEBENU, DG Africa Food Distribution
  • Naomi BAKAM, Promotrice de Leelou Baby Foods
  • Lisette Claudia TAME NJAMBE, DG de Ca’Oly.
  • Sylvia NFONBA, Directrice d’Orange Business Cameroun
  • Abakal MAHAMAT, DG de BGFI Bank Cameroun
  • Philippe TAGNE, PDG de Dovv SA

Par Digital Business Africa

Data Sovereignty Summit : L’Éthiopie mise sur une gouvernance rigoureuse fondée sur les données 

[DIGITAL Business Africa] – L’Éthiopie veut accélérer sa souveraineté numérique. Et le gouvernement compte sur une gouvernance axée sur les données. Le Data Sovereignty Summit qui s’est ouvert ce 18 mai 2026 à Addis-Abeba est l’occasion de donner vie à un cadre politique autonome, piloté par les données, soutenu par des enquêtes sur les ménages, le tourisme et les entreprises.

Le Data Sovereignty Summit est une plateforme stratégique pour consolider, démontrer et institutionnaliser cette transition avec les décideurs politiques, les statisticiens, les économistes, les experts juridiques, les technologues, les partenaires au développement, les acteurs du secteur privé et les citoyens.

En marge du Data Sovereignty Summit, le Premier ministre Abiy Ahmed, accompagné de hauts responsables gouvernementaux, a visité une exposition consacrée à la planification nationale et aux systèmes intégrés de données. Ce moment clé du sommet a permis de présenter de nouveaux outils destinés à renforcer la manière dont les informations nationales sont collectées, traitées et exploitées à des fins de politiques publiques.

Les autorités présentes ont pu découvrir des tableaux de bord sectoriels conçus pour appuyer la prise de décision dans les domaines des infrastructures, ainsi que la planification économique et la prestation des services sociaux.

Les systèmes présentés démontrent les efforts entrepris pour améliorer la coordination et la visualisation en temps réel des indicateurs nationaux. Les responsables ont notamment observé comment des plateformes intégrées peuvent soutenir la planification dans les principaux secteurs gouvernementaux. Une exposition qui a mis en lumière l’avenir du développement de l’Éthiopie fondé sur les données.

Zerihun Kebede, du ministère éthiopien de la Planification et du Développement, a affirmé que la  souveraineté numérique de l’Éthiopie est désormais une réalité opérationnelle et non plus une simple ambition. Il a expliqué qu’une plateforme nationale numérique de suivi-évaluation intègre l’ensemble des indicateurs, programmes et Key Performance Indicators (KPI) dans un système unifié et validé, alimenté en temps réel par l’intelligence artificielle à partir de sources de données approuvées.

Selon le ministre Zerihun Kebede, ce système vise à éliminer la fragmentation des statistiques, garantir une version unique et fiable des données nationales et renforcer la redevabilité grâce à des décisions fondées sur des preuves au sein de toutes les institutions publiques.

Par Jean Materne Zambo, source: office of the Prime minister