[Digital Business Africa] – Le Tchad confie les rênes de sa transformation digitale à un fin connaisseur du secteur. Nommé ministre des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation à la faveur du décret, n°280/PR/PM/2026 du 1ᵉʳ avril 2026 portant remaniement du gouvernement de la République du Tchad, Haliki Choua Mahamat succède au Dr Michel Boukar avec un profil résolument technique : celui d’un ancien régulateur du marché des télécommunications.
Avant son entrée au gouvernement, Haliki Choua Mahamat occupait le poste de Directeur général de l’Autorité de Régulation des communications électroniques et des Postes (ARCEP) du Tchad. À ce poste stratégique, il était en première ligne pour encadrer le développement du secteur, arbitrer les relations entre opérateurs et veiller au respect des règles du marché.
Son passage à la tête de l’ARCEP a été marqué par des enjeux structurants : amélioration de la qualité de service, régulation des coûts, gestion du spectre et encadrement des opérateurs télécoms dans un marché encore en consolidation. Une expérience qui lui confère une connaissance fine des défis techniques, économiques et réglementaires du secteur.
En accédant au ministère, Haliki Choua Mahamat change d’échelle. De régulateur, il devient désormais stratège et pilote de la politique publique numérique. Une évolution logique pour un profil qui maîtrise déjà les dynamiques du marché.
Son principal défi sera d’accélérer la connectivité dans un pays où l’accès à Internet reste limité et coûteux. La question des infrastructures notamment le déploiement de la fibre optique et l’extension de la couverture mobile s’impose comme une priorité immédiate.
Mais au-delà de l’accès, c’est toute la chaîne de valeur numérique qu’il devra structurer : des services digitaux à l’économie des données, en passant par la cybersécurité et l’innovation locale.
Le choix d’un ancien DG de l’ARCEP traduit une volonté des autorités tchadiennes de s’appuyer sur une expertise sectorielle forte pour impulser des résultats concrets. Dans un environnement où les réformes peinent parfois à se traduire en impacts visibles, ce type de profil est souvent perçu comme un levier d’efficacité.
Sa connaissance des opérateurs, des contraintes du marché et des mécanismes de régulation pourrait faciliter le dialogue public-privé, un élément clé pour attirer les investissements et accélérer les projets.
L’un des défis majeurs pour Haliki Choua Mahamat sera de trouver le bon équilibre entre régulation et développement. Trop de contraintes peuvent freiner l’innovation, tandis qu’un cadre trop souple peut désorganiser le marché.
Son expérience passée pourrait justement lui permettre d’ajuster ce curseur avec précision, en créant un environnement propice à la fois à la concurrence, à l’investissement et à l’émergence d’un écosystème numérique local.
À court terme, les attentes sont nombreuses : baisse du coût de l’Internet, amélioration de la qualité de service, digitalisation de l’administration et soutien aux start-ups. À plus long terme, c’est la capacité du Tchad à s’inscrire dans l’économie numérique africaine qui est en jeu.
Avec Haliki Choua Mahamat, le Tchad fait le choix d’un profil technique pour porter une ambition politique. Reste désormais à transformer cette expertise en levier de transformation concrète.
Par Loic SOUOP








