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Santé, éducation, e-gouvernance : le Rwanda signe avec Anthropic pour déployer Claude au cœur de l’action publique

[DIGITAL Business Africa] – Le Rwanda franchit une nouvelle étape dans sa stratégie nationale d’intelligence artificielle. Le gouvernement rwandais et la start-up américaine Anthropic, spécialisée dans les modèles d’IA générative (Claude), ont signé le 17 février 2026 un protocole d’accord (Memorandum of Understanding – MoU) d’une durée de trois ans pour structurer et élargir leur coopération dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de l’administration publique. Il s’agit du premier partenariat multisectoriel formalisé par Anthropic avec un gouvernement africain, marquant un tournant dans l’ancrage institutionnel des grandes entreprises d’IA sur le continent.

Un accord structurant autour de trois piliers

Le MoU conclu entre Kigali et Anthropic repose sur trois axes stratégiques clairement identifiés : la santé, la transformation numérique de l’administration publique et l’éducation.

Dans le secteur de la santé, Anthropic accompagnera le ministère rwandais de la Santé dans la réalisation de plusieurs objectifs nationaux prioritaires, notamment l’élimination du cancer du col de l’utérus, la réduction du paludisme et la baisse de la mortalité maternelle. L’ambition affichée est d’exploiter les capacités de l’IA pour renforcer le suivi des patients, l’aide à la décision médicale, l’analyse de données de santé publique et l’optimisation des politiques sanitaires.

Au niveau de l’administration publique, l’accord prévoit la mise à disposition des outils d’Anthropic, dont Claude et Claude Code, au profit des équipes de développeurs des différentes institutions gouvernementales. Cette démarche s’accompagne de formations pratiques, de programmes de renforcement de capacités et de crédits d’API, afin de permettre l’intégration progressive de l’IA dans plusieurs services publics. Kigali entend ainsi accélérer l’adoption d’outils d’IA pour l’amélioration de l’efficacité administrative, la modernisation des services aux citoyens et l’innovation GovTech.

Sur le volet éducation, le MoU formalise un partenariat initié à l’automne 2025, qui avait permis de déployer 2 000 licences Claude Pro pour les enseignants rwandais, d’organiser des formations à la littératie en IA pour les agents publics, et d’introduire un assistant pédagogique basé sur Claude dans huit pays africains. Cette dimension régionale confère à l’accord une portée panafricaine, au-delà du seul cas rwandais.

Une stratégie d’IA orientée “services publics”

Pour les autorités rwandaises, ce partenariat s’inscrit dans une trajectoire de long terme visant à faire de l’IA un levier de performance des politiques publiques. « Ce partenariat avec Anthropic constitue une étape importante dans le parcours du Rwanda en matière d’IA. Notre objectif est de continuer à concevoir et déployer des solutions d’IA applicables à l’échelle nationale pour renforcer l’éducation, améliorer les résultats en matière de santé et renforcer la gouvernance, en tenant compte de notre contexte », a déclaré Paula Ingabire, ministre rwandaise des TIC et de l’Innovation.

Du côté d’Anthropic, l’accent est mis sur l’appropriation locale et le renforcement des capacités nationales.

« La technologie n’a de valeur que par sa portée. Nous investissons dans la formation, l’assistance technique et le renforcement des capacités afin que l’IA puisse être utilisée de manière sûre et autonome par les enseignants, les agents de santé et les fonctionnaires au Rwanda », souligne Elizabeth Kelly, responsable des déploiements à impact (Beneficial Deployments) chez Anthropic.

Un modèle de partenariat public-privé pour l’Afrique

Au-delà du cas rwandais, cet accord illustre une tendance de fond : la montée en puissance des partenariats directs entre gouvernements africains et grandes entreprises d’IA, autour de projets structurants dans la santé, l’éducation et la gouvernance numérique. Contrairement aux approches purement pilotes ou expérimentales, le MoU avec Anthropic affiche une ambition de déploiement à l’échelle nationale, assortie d’investissements dans les compétences, l’infrastructure et les institutions.

Pour l’Afrique, l’enjeu est double. Il s’agit, d’une part, de capter les opportunités offertes par l’IA pour accélérer l’atteinte des objectifs de développement dans des secteurs clés, et, d’autre part, de préserver une forme de souveraineté numérique en veillant à ce que ces partenariats intègrent des dimensions de transfert de compétences, d’appropriation locale et de gouvernance responsable des technologies.

Un signal fort pour les politiques africaines de l’IA

Le partenariat Rwanda–Anthropic envoie un signal clair aux autres États africains : l’IA ne se limite plus à un champ d’expérimentation académique ou à des projets de start-up, mais devient un outil structurant des politiques publiques nationales. En formalisant une coopération multisectorielle avec un acteur majeur de l’IA générative, Kigali se positionne comme l’un des laboratoires africains de l’IA appliquée aux services publics.

Pour les gouvernements du continent, la question centrale devient désormais celle des conditions de déploiement : quels cadres de gouvernance de l’IA, quels mécanismes de protection des données, quelles garanties d’éthique et de souveraineté, et quelles stratégies de formation pour éviter une dépendance technologique excessive vis-à-vis des grands acteurs internationaux du numérique.

Cette initiative du Rwanda avec Anthropic et Claude illustre la dynamique en cours sur le continent autour de l’intégration de l’IA dans les politiques publiques. C’est précisément ce type de retours d’expérience concrets que des plateformes africaines de dialogue et de co-construction entendent mettre en lumière, à l’instar du Salon E-Gov’A (Salon de l’e-Gouvernance et de l’Innovation Digitale en Afrique), prévu du 14 au 16 mai 2026 à Yaoundé. L’événement se positionne comme un espace de partage entre gouvernements africains, partenaires technologiques et acteurs de l’IA, autour de cas d’usage réels dans la santé, l’éducation et l’administration publique.

Par Digital Business Africa

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Par ailleurs, ne manquez pas la première édition du Salon de l’e-Gouvernance et de l’innovation digitale en Afrique (E-Gov’A), qui se tiendra du 14 au 16 mai 2026 à Yaoundé, sous le haut patronage du Ministère camerounais des Postes et Télécommunications.

Organisé par l’association Smart Click Africa et Digital Business Africa, cet événement réunira décideurs publics, organismes de développement, institutions publiques, entreprises, experts et acteurs privés de l’Afrique autour du thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique cashless et paperless ».

Plus d’infos sur www.e-gov.africa et via mail [email protected].

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