RD Congo : Facebook supprime 66 comptes, 63 pages, cinq groupes et 25 comptes Instagram, avec Honoré Mvula, soutien de FATSHI, comme principal sanctionné

[Digital Business Africa] – Au cours du mois de Juillet 2020, Facebook a supprimé 798 comptes Facebook, 259 comptes Instagram, 669 pages et 69 groupes. Plus de la moitié de ces réseaux se sont concentrés sur des audiences nationales dans leur propre pays, dont notamment les États-Unis, le Brésil, l’Ukraine, le Yémen ou la République démocratique du Congo.

Pour Facebook, une grande partie des activités des comptes et groupes supprimés étaient liées à des entités commerciales et à des individus associés à des campagnes et à des fonctions politiques. C’est ce qui ressort en effet du rapport mensuel (juillet 2020) sur les comportements inauthentiques coordonnés publiés par Facebook ce 06 août 2020.

En RD Congo, Facebook affirme avoir supprimé 66 comptes Facebook, 63 pages, cinq groupes et 25 comptes Instagram.

Bien que les gestionnaires et administrateurs de ces comptes et pages aient tenté de dissimuler leur identité et leur coordination, après investigation, Facebook a indiqué que la plupart des comptes, pages et groupes Facebook et Instaram supprimés appartenaient aux sympathisants de Force des patriotes. Un parti politique créé en 2019 par Honoré Mvula et dont l’objectif affiché est de soutenir et d’accompagner l’action du président de la République, Félix Antoine Tshisékedi (FATSHI).

Sur les 63 administrateurs des pages supprimées par Facebook, six jeunes hommes ont été identifiés comme opérateurs d’au moins 26 pages et cinq groupes dans le réseau, proches d’Honoré Mvula.

Nous avons identifié la portée complète de cette activité après avoir étudié les informations partagées avec nous par les chercheurs du laboratoire de Recherche en criminalistique numérique du Conseil de l’Atlantique (Atlantic Council’s Digital Forensics Research Lab). Notre évaluation a également bénéficié de rapports publics par des vérificateurs indépendants de l’AFP et de France 24. Notre enquête a lié cette activité à Force des Patriotes, un parti politique en RDC“, indique Facebook.

D’après le décompte du réseau social, environ 1,18 million d’abonnés aimaient ou suivaient une ou plusieurs de ces pages supprimées. 4 000 abonnés suivaient un ou plusieurs de ces groupes et environ 23 000 personnes suivaient un ou plusieurs de ces comptes Instagram. Plus encore, l’ensemble de ces comptes et pages supprimés ont dépensé 29 000 dollars pour des publicités sur Facebook et Instagram. Montant payés principalement en euros et en dollars américains.

Mode opératoire

D’après les explications de Facebook, les personnes à l’origine de cet état des choses ont utilisé des comptes en double et de faux comptes pour créer des personnages fictifs, publier dans des groupes, diriger les gens vers des sites web hors plateforme et gérer des pages se présentant comme des entités indépendantes d’information, de fact-Checking et de vérification des faits.

Fake account
Un exemple

Aussi, ceux qui sont allés à l’encontre des règles de Facebook, se sont fait passer pour des acteurs politiques et de l’opposition et ont publié des contenus susceptibles de manipuler le public. Certaines de ces pages semblent avoir été achetées et semblent avoir subi d’importants changements de nom au fil du temps.

Le Digital Forensics Research Lab illustre cette situation par la propre page Facebook vérifiée de Mvula. Cette page avait été créée le 25 novembre 2016 sous le nom d’un autre homme politique congolais, Samy Badibanga Ntita. Elle a subi plusieurs changements de nom jusqu’à ce qu’elle s’appelle “Honore Mvula” le 20 mars 2019.

La page ne contenait aucune référence à ses publications antérieures avant qu’elle ne prenne le nom de Mvula. Aussi, aucune explication n’a été donné pour expliquer pourquoi elle a changé d’identité. Le contenu le plus ancien de la page était une photo de profil téléversée le 20 mars 2019, ce qui suggère que son contenu précédent avait été supprimé.

Sur sa page Facebook, Honoré Mvula, essaye de se justifier et de donner sa version des faits sur la suppression de sa page : “A l’époque, avant de changer le nom, la page n’avaient que plus de 5000 abonnées. La page a été ensuite confiée à mes deux community managers qui l’ont liée à d’autres pages dont les activités et publications n’engagent en rien ma personne. Bien qu’ayant confié cette page à deux administrateurs (Community managers), elle est restée pourtant liée aux comptes de l’administrateur principal sans le savoir“, explique-t-il.

Par ailleurs, Tessa Knight, assistante de recherche en Afrique australe au sein du Digital Forensic Research Lab, fait observer que de la même manière, une page à l’origine appelée « Politique.cd » a changé son nom en « Force des patriotes » — le nom du parti politique de Mvula — le 17 mai 2020. Pour elle, il est possible que la page a été créée à l’origine comme une fausse version du site d’actualités réelles, Politico.cd, comme un moyen rapide de gagner des fans et abonnés.

Entre le 02 mars et le 19 mai 2020, analyse le DFRLab, la page a recueilli 6.178 abonnés et le compte a même publié un lien vers Politico.cd le 20 mars et partagé des publications provenant d’autres pages incluses dans l’analyse du DFRLab.

Après avoir changé de nom, la page “Force des patriotes” partageait presque exclusivement des messages de la page Facebook de Mvula, avec des publications originales occasionnelles ou partagés en provenance d’autres ressources du réseau. Le changement de nom n’a pas entraîné un afflux d’adeptes ; 

Les administrateurs de ces pages et les propriétaires de ces comptes supprimés publiaient principalement en français des informations sur l’actualité et la politique, avec en vedette les infos sur l’Union pour la démocratie et le progrès social, sur les responsables gouvernementaux, sur les candidats politiques, sur les critiques de l’opposition et sur le Parti populaire pour la reconstruction et la démocratie.

D’autres pages illégales dans la même stratégie

Toujours selon le DFRLab, d’autres pages Facebook se sont également engagées dans cette tactique. « V É R I T É », une page Facebook avec plus de 67 000 adeptes, a été créée à l’origine sous le nom de « Mireille mukeni » le 25 janvier 2020, en référence apparente à Mireille Mokeni, une personne réelle qui aurait drogué une femme nommée Eliane Bafeno et l’aurait forcée à avorter son enfant au nom d’un pasteur au début de 2020.

Le 03 avril 2020, la page a mis à jour son nom afin de refléter l’orthographe exacte du nom de famille de Mokeni avant de le changer encore une fois en « V É R I T É » et de supprimer toute trace de Mokeni, à l’exception de quelques références errantes faites par les postes communautaires“, détaille le DFRLab.

À partir du 03 avril 2020, observent ces chercheurs, la page s’est consacrée à la désinformation politique et sanitaire. Un certain nombre de postes ont recueilli des dizaines de milliers d’actions, tandis que d’autres ont été vérifiés par des organismes indépendants de vérification des faits et étiquetés comme de fausses informations.

Fake Vérité facebook

Plus récemment, ils ont publié des articles sur la pandémie du coronavirus 2019, en les utilisant pour attirer les faveurs des internautes, se constituer une base de fans avant de passer à des thèmes politiques.

Des comportements inauthentiques coordonnés 

Dans un communiqué, Facebook fait par ailleurs état de la suppression de neuf réseaux de comptes, de pages et de groupes actifs dans plusieurs pays. La suppression de quatre de ces réseaux avait déjà été annoncée au début du mois de juillet et s’est poursuivie hier avec les cinq restants.

En effet, Facebook considère comme Comportement inauthentique coordonné un effort coordonné visant à manipuler le débat public dans un but stratégique et qui intègre des faux comptes au cœur de l’opération. “Nous nous efforçons de mettre fin à deux types d’activités : les comportements inauthentiques coordonnés dans le cadre de campagnes nationales non gouvernementales; les comportements inauthentiques coordonnés au nom d’un acteur étranger ou gouvernemental“, précise le réseau social de Mark Zuckerberg.

 “Lorsque nous découvrons des campagnes nationales et non gouvernementales comprenant des groupes de comptes et des pages qui cherchent à induire les gens en erreur sur leur identité et leurs activités tout en s’appuyant sur de faux comptes, nous retirons les comptes, pages et groupes non authentiques et authentiques directement impliqués dans cette activité“, ajoute Facebook.

Depuis plus de trois ans, Facebook s’est engagé à rendre publiques ses conclusions sur les comportements inauthentiques coordonnés détectés et retirés sur ses plateformes web. Le groupe partage avec les abonnés et internautes des informations sur tous les comptes, pages et groupes supprimés dans le but de permettre à tous de voir plus facilement ses progrès en matière de sécurité et d’authenticité de ses réseaux sociaux.

Par Beaugas Orain DJOYUM

Le rapport mensuel (juillet 2020) de Facebook sur les comportements inauthentiques coordonnés

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