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Hajj 2026 : Le passeport électronique pour faciliter le séjour des fidèles

[DIGITAL Business Africa] – Une avancée majeure pour le nouveau électronique saoudien. Le Visitor digital ID, depuis début mai 2026, est officiellement le pass pour les pèlerins en séjour en Arabie saoudite. Doté d’une puce chiffrée, le nouveau passeport électronique marque la transition du passeport lisible par machine vers un format électronique conforme aux standards de l’Organisation de l’aviation civile internationale.

Ce document vise à fluidifier les déplacements pendant le pèlerinage, réduire la dépendance aux documents physiques et améliorer la gestion logistique de flux de plusieurs millions de personnes».

Le Visitor digital ID repose sur trois niveaux :

• passeport électronique physique avec puce sécurisée ;

• identité numérique administrative accessible sur Absher ;

• usage ponctuel renforcé pour les pèlerins, notamment durant le Hajj.

Le passeport est équipé d’une puce électronique contenant des données biométriques et personnelles pour une sécurité renforcée. Il est conçu pour être lu automatiquement aux portes intelligentes (smart gates) des aéroports internationaux.

Les fidèles pourront solliciter le document sur la plate-forme Absher. Celui-ci ne remplace pas le passeport original pour franchir les frontières internationales. Les autorités saoudiennes ont rappelé que la simple image numérique du passeport n’autorise pas le voyage international.

En d’autres termes, le passeport électronique est utile pour l’identification à l’intérieur du Royaume, mais ne supprime pas l’obligation de porter le document physique pour les déplacements internationaux.

Par Jean Materne Zambo

Connected Africa Summit 2026 : Le Centrafricain Josué Yassarandji d’Agri AI remporte le prix de la meilleure innovation en AgriTech

[DIGITAL Business Africa] – Il y a eu le drame du lycée Barthélémy Bogandad en 2025 (29 lycéens sont décédés dans une bousculade suite à l’explosion d’un transformateur électrique pendant les épreuves de baccalauréat). Pour apporter un peu de baume dans les cœurs des Centrafricains, un jeune talentueux. Un as de la technologie : Josué Yassarandji.

Le promoteur de la startup AGRI-AI a remporté ce 2 mai 2026 le prix de la meilleure innovation en AgriTech et système alimentaire lors du Connected Africa Summit 2026, organisé à Nairobi.

Agri AI propose des solutions basées sur l’intelligence artificielle pour relever les défis de la productivité et de la transformation agricole. Grâce à cette technologie, les agriculteurs peuvent optimiser leurs rendements, anticiper les aléas climatiques et améliorer la gestion des ressources, ouvrant ainsi la voie à une agriculture plus résiliente et productive.

Le Connected Africa Summit 2026 est une plateforme continentale qui rassemble décideurs publics, investisseurs et innovateurs autour des leviers de la transformation économique africaine : connectivité, infrastructures numériques, formation aux compétences du futur, souveraineté des données et intelligence artificielle.

La startup Agri AI a représenté l’Afrique au sommet international d’intelligence artificielle au Royaume-Uni en 2026. Josué Yassarandji a été aussi récompensé pour son innovation, représentant l’Afrique au sommet international d’intelligence artificielle au Royaume-Uni en 2026.

Josué Yassarandji est un spécialiste de l’agribusiness, expert, développeur IT, et fondateur de YAKA FARM, certifié Microsoft et ancien du YALI RLC EA.

Par Jean Materne Zambo

Edgar Yonkeu au FEMUA 2026 : « L’IA est une chance inouïe »

[DIGITAL Business Africa] – Abidjan, ville de Côte d’Ivoire, vibre au rythme des mélodies africaines le temps d’une semaine. C’est une tradition depuis la première du Festival des musiques urbaines d’Anoumanbo en 2008. Mais cette année (2026), le FEMUA a accordé une place de choix à la technologie, notamment à l’intelligence artificielle. D’où le thème de cette édition : « L’IA et la jeunesse : menace pour l’emploi ou levier d’opportunités ? » 

À ce propos, le producteur Edgar Yonkeu estime que cette technologie émergente couve un potentiel indicible. Mais attention, il faut savoir comment s’y prendre.

« L’intelligence artificielle peut reproduire votre idée, mais c’est à vous de poser la bonne question. Et pour cela, il faut que l’on forme les jeunes artistes pour faire la différence. Après c’est un travail de studio. Je crois que l’IA, c’est une chance inouïe. »

Synchronisation parfaite aussi de la part des personnalités africaines invitées à cette fête de la musique lorsqu’il faut répondre à cette question.

Le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, est persuadé que l’intelligence artificielle est une véritable mine d’or. Il a rappelé que c’est un marché mondial pouvant dépasser 500 milliards de dollars à l’horizon 2028. Mais malheureusement, selon lui, l’Afrique représente encore moins de 1 % de cette valeur.

Pour atteindre l’idéal souhaité par le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, tout passe d’abord par des infrastructures numériques robustes. « L’intelligence artificielle est au cœur de la transformation structurelle de notre économie », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité de bâtir une Côte d’Ivoire plus compétitive.

Dans la même lancée, le représentant du Sénat ivoirien Kandia Camara s’est engagé à soutenir toutes les initiatives qui contribuent à promouvoir la culture et à accompagner le pays dans sa transformation numérique, et à mettre en place « des dispositifs juridiques et institutionnels afin d’encadrer l’usage de l’intelligence artificielle, de garantir l’utilisation éthique et inclusive de ces technologies ».

Le représentant du ministre de la Jeunesse, des Sports, du Rayonnement culturel et des Arts, représentant le ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, du Gabon, Paul Ulrich Kessany Zategwa, a rappelé que près de 40 % des métiers pourraient être automatisés.

Pour A’Salfo, promoteur du FEMUA, l’Afrique ne doit pas rester spectatrice de cette révolution technologique.

« Il faut voir le côté où l’IA nous offre des opportunités. Mais il faut aussi voir le côté où, en l’utilisant mal, elle peut être une menace. Donc il est important de mettre un point dessus, d’échanger, de discuter avec des experts, de parler de formation. Si nous ne nous approprions pas l’intelligence artificielle, nous allons subir l’intelligence artificielle, qui peut être un atout, qui peut être une opportunité si nous savons l’utiliser. », a-t-il dit.

L’édition 2026 du FEMUA se tient du 28 avril au 3 mai, et réunit des artistes de renom de la scène africaine et internationale, dont Youssou N’Dour, Black M et Fatoumata Diawara. Le Gabon est le pays d’honneur pour cette édition.

Par Jean Materne Zambo

Franck Gérard Kom : « L’intelligence artificielle n’est plus une promesse : elle sauve déjà des vies sur les routes camerounaises. »

[Digital Business Africa] – Au cœur du premier Forum national sur la sécurité routière, organisé au Palais des Sports de Yaoundé les 29 et 30 avril 2026, la transformation numérique du secteur des transports s’impose comme un levier stratégique. Placé sous le thème « L’intelligence artificielle au service de la sécurité routière », l’événement met en lumière des solutions concrètes déjà opérationnelles sur le terrain.

Parmi les acteurs engagés, MTN Cameroon, à travers sa branche B2B, se positionne comme un partenaire clé de l’État. Représenté par Franck Gérard Kom, l’opérateur revient sur une collaboration structurante avec le Ministère des Transports du Cameroun, bâtie autour d’un partenariat public-privé avec Camtrack.

Contrairement à une perception encore répandue, l’intelligence artificielle appliquée à la sécurité routière n’en est plus au stade expérimental au Cameroun.

« Ce que nous présentons aujourd’hui n’est plus de la théorie », insiste Franck Gérard Kom.

Depuis quatre à cinq ans, des solutions intégrant l’IA sont déployées à grande échelle. Des centaines, voire des milliers de véhicules bus interurbains, camions transportant des produits sensibles sont aujourd’hui équipés de dispositifs intelligents connectés.

Ces technologies reposent sur un triptyque fondamental : captation, transmission et analyse des données. Grâce à des caméras embarquées et des capteurs, les informations sont collectées en temps réel, puis centralisées dans les infrastructures numériques de MTN, notamment ses data centers sécurisés.

Une intelligence augmentée au service de la prévention

L’un des apports majeurs de ces systèmes réside dans leur capacité à détecter en amont les facteurs de risque. Somnolence du conducteur, non-port de la ceinture de sécurité, stationnement dangereux ou comportements à risque : autant de situations identifiées automatiquement par les algorithmes. Ces alertes sont ensuite transmises à une salle de contrôle opérée par les autorités, permettant une réaction rapide et coordonnée avec les forces de sécurité. L’objectif est clair : passer d’une logique de réaction à une logique de prévention proactive.

Ce modèle illustre parfaitement la convergence entre infrastructures télécoms, intelligence artificielle et politiques publiques, où la donnée devient un outil d’aide à la décision en temps réel.

Des résultats mesurables et encourageants

Les premiers indicateurs confirment la pertinence de cette approche. Selon les autorités sectorielles, les dispositifs déployés auraient contribué à une réduction d’environ 30 % des accidents et des cas de mortalité sur les axes concernés. Un chiffre qui valide non seulement l’investissement technologique, mais aussi la pertinence du partenariat public-privé engagé entre les différents acteurs.

Au-delà de la démonstration technologique, MTN met en avant l’importance des infrastructures numériques dans la réussite de ces dispositifs. Couverture réseau étendue, qualité de service, capacité de traitement des données : autant d’éléments indispensables au fonctionnement de l’intelligence artificielle à grande échelle.

« Qui dit intelligence artificielle dit collecte et centralisation de données dans des environnements sécurisés », rappelle Franck Gérard Kom, soulignant les investissements consentis sur les réseaux et les plateformes technologiques.

Vers une évolution continue des systèmes intelligents

Dans un contexte où l’intelligence artificielle connaît une accélération mondiale, les solutions déployées au Cameroun sont appelées à évoluer. Amélioration des algorithmes, intégration de nouveaux cas d’usage, montée en puissance des capacités de calcul : l’innovation reste continue.

Pour MTN, l’ambition est claire : renforcer son rôle d’acteur du numérique au service du développement, en contribuant à des enjeux concrets tels que la sécurité des usagers et la protection des biens.

Par Digital Business Africa

Cameroun : kick-off du 1ᵉʳ tournoi « Orange U17 Elite Cup – FECAFOOT – FIFA TDS

[DIGITAL Business Africa] – Entre Orange Cameroun et la FECAFOOT, la connexion est haut débit. L’acteur majeur du sport, particulièrement dans le football, depuis plus de 20 ans, s’associe avec la Fédération camerounaise de Football pour semer les graines du football camerounais. Cela en organisant le tournoi « Orange U17 Elite Cup – FECAFOOT – FIFA TDS », dont le coup d’envoi a été donné lors d’une conférence de presse ce 29 avril 2026 au siège de la FECAFOOT à Yaoundé.

À l’initiative de la FECAFOOT, cette compétition a pour objectif de mettre en lumière les meilleurs jeunes footballeurs de moins de 17 ans issus des académies de football du Cameroun. Ce qui constitue une plateforme d’excellence destinée à identifier et préparer la prochaine génération des Lions indomptables U17. Venant Pouemi, Senior manager Brand & Communication chez Orange Cameroun, a rappelé à son partenaire FECAFOOT la vision d’ Orange Cameroun concernant le football jeune.

« Depuis plus de 25 ans maintenant, Orange Cameroun s’est investi dans l’accompagnement du football camerounais en commençant par ce que nous avons de plus cher, à savoir l’accompagnement de nos chers et valeureux juniors de l’Octave, ambassadeurs et de l’élite de l’image du Cameroun à l’international », a-t-il dit..

 

Un soutien constant

 

Il n’y a pas que la FECAFOOT qui soit le partenaire d’Orange Cameroun. L’entreprise a noué des partenariats avec d’autres entités pour accompagner les jeunes. Pour preuve, son partenariat avec l’Académie nationale de football qui permet à Orange de se déployer sur les dix régions du Cameroun à date.

Avec à la clef près de 2500 pensionnés formés, plus de 300 joueurs au sein des championnats locaux et environ 52 joueurs qui ont déjà été retenus dans les diverses sélections nationales de toutes catégories. Orange Cameroun peut aussi se targuer de contribuer au financement de toutes les catégories des Lions indomptables et de soutenir leur participation aux grandes compétitions internationales, notamment plusieurs éditions de la Coupe du monde et de la Coupe d’Afrique des nations.

L’entreprise n’oublie pas le 12ᵉ joueur. celui-là même qui fait vibrer les chaudrons bouillants : les fans. Orange Cameroun rapproche les fans de leurs équipes à travers des dispositifs innovants tels que les fanzones digitales et physiques, ainsi que des programmes d’hospitalité lors des grands rendez-vous sportifs.

Les étudiants et les élèves peuvent allier football et études grâce à Orange. L’entreprise accompagne les fédérations scolaires et universitaires, notamment à travers son appui aux Jeux FENASCO Ligue A depuis 2015 et à la FENASU depuis 2017.

Le tournoi « Orange U17 Elite Cup – FECAFOOT – FIFA TDS »,s’inscrit dans le cadre du programme FIFA Talent Development Scheme (FIFA-TDS), une initiative internationale visant à renforcer la formation des jeunes talents et à structurer la relève du football mondial, notamment à travers l’organisation régulière de compétitions de catégorie U17.

À l’issue de la compétition, une sélection des joueurs les plus prometteurs intégrera l’Académie de la FECAFOOT, avec pour ambition de constituer l’ossature de la future équipe nationale U17 des Lions Indomptables

Par Jean Materne Zambo

RDC : L’infrastructure numérique comme clef pour libérer la recherche et l’innovation

[DIGITAL Business Africa] – Le ministre de l’Économie numérique attache un intérêt aux infrastructures numériques. Augustin Kibassa Maliba l’a encore démontré au cours de son intervention ce 28 avril 2026. Invité à décortiquer la thématique du « Financement stratégique de la recherche et de l’innovation », lors du Forum Segment politique de haut niveau, le ministre Kibassa Maliba a présenté l’infrastructure numérique comme une priorité « absolue » du régime Tshisekedi.

Le ministre a insisté sur la nécessité d’un accès généralisé au haut débit, considéré comme un levier indispensable pour le développement de la recherche scientifique et de l’innovation dans un pays aux dimensions continentales comme la République démocratique du Congo, apprend-on.

Le gouvernement congolais a pour boussole le Plan de transformation numérique soutenu par la Banque mondiale et l’Agence française de développement (AFD). Le plan a mobilisé un investissement de 400 millions USD de la Banque mondiale et de 100 millions d’euros l’Agence française de Développement (AFD). Le plan vise à augmenter l’accès à internet et numériser les services publics d’ici 2030.

Les Piliers du Plan de Transformation Numérique (PATN-RDC) :

• Infrastructure de connectivité : Amélioration de l’accès à l’internet à haut débit et couverture numérique nationale.

• Infrastructure Publique Numérique (DPI) : Développement de l’administration électronique (e-gouvernement) pour digitaliser les services publics.

• Renforcement des capacités : Création de centres d’innovation dans les universités et programmes de formation en IA et métiers du numérique.

• Secteur Privé : Soutien à l’écosystème numérique, y compris les MPME, pour stimuler la compétitivité économique

Le programme prévoit également le déploiement de 10 000 kilomètres de fibre optique à travers le pays, en complément des efforts du gouvernement visant à renforcer le maillage national en connectivité.

Sous la terre comme sous les eaux, la RDC est reliée quasiment au reste du monde. Le pays est connecté à deux grands câbles sous-marins. Notamment le West Africa Cable System et le 2Africa.

Le câble 2Africa, mesurant environ 45 000 km, relie 33 pays en Afrique, en Europe et en Asie. Il est conçu pour fournir une capacité supérieure à tous les câbles actuels desservant l’Afrique.

Le WACS (West Africa Cable System), lui, fait 14 530 km, qui relie l’Afrique du Sud au Royaume-Uni, en passant par de nombreux pays le long de la côte ouest-africaine.

En plus de la fibre optique, le gouvernement mise sur l’apport des nouvelles technologies satellitaires Starlink. La solution a pour objectif de couvrir les zones les plus enclavées.

Par Jean Materne Zambo, sources: banquemondiale.org, ministère de l’économie numérique 

Banjul : avec l’Union africaine de radiodiffusion, ICT Media STRATEGIES forme 60 journalistes gambiens à l’IA et au journalisme responsable

[DIGITAL Business Africa] – La Gambie se positionne comme un hub africain de l’innovation médiatique en accueillant, du 14 au 15 avril 2026 à Banjul, une formation stratégique sur l’intelligence artificielle appliquée au journalisme. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la 17e Assemblée générale de l’Union africaine de radiodiffusion (UAR), qui s’accompagne de la célébration du 20e anniversaire de l’UAR.

Pendant deux jours, 60 journalistes gambiens ont été formés par des experts internationaux du Cameroun, de Chine et de Gambie. Cet atelier a été animé notamment par Beaugas Orain DJOYUM, directeur général d’ICT Media STRATEGIES, aux côtés d’Amran Gaye, Founder & CEO de DreamConnect Edu & Travel, et de deux experts chinois de la National Radio and Television Administration (NRTA), dont Leroy Zhang, Global Marketing Manager de l’Academy of Broadcasting Science. Haman Mana, directeur de publication du journal Le Jour, en assurait la facilitation.

Dans ce cadre, le DG d’ICT Media STRATEGIES a animé les principaux modules de cette formation, à forte valeur pédagogique et opérationnelle. Le premier, intitulé « Généralités sur l’IA et le journalisme », a permis de poser les fondamentaux tout en insistant sur le cadre éthique indispensable à la pratique journalistique à l’ère de l’intelligence artificielle.

Il a ensuite présenté aux participants les outils d’assistance éditoriale à travers le module « Introduction aux outils de production assistée par l’IA : assistants éditoriaux ; automatisation ; analyse de l’information », incluant un focus spécifique sur « Comment utiliser les outils d’IA pour lutter contre les deepfakes et les fake news ? ». Enfin, un troisième module, « Création de contenus médiatiques assistée par l’IA : texte, image, audio, vidéo ; montage ; postproduction », a offert une immersion concrète dans les usages avancés de l’IA pour la production de contenus multimédias.

Pour le Dr. Ismaila Ceesay, ministre de l’Information, des Médias et des Services de radiodiffusion de Gambie, les enjeux sont clairs et urgents : « Aujourd’hui, nos journalistes et nos diffuseurs font face à une double responsabilité. La première consiste à adopter l’innovation tout en défendant la vérité. »

Dans son intervention à l’ouverture du séminaire, le ministre a insisté sur le potentiel transformateur de l’IA pour les rédactions :
« L’intelligence artificielle peut aider nos rédactions à travailler plus intelligemment. Elle peut également améliorer la narration audiovisuelle. Elle peut renforcer le journalisme de données. Elle peut automatiser les processus de production et améliorer l’engagement des publics. En réalité, elle facilite votre travail. »

Mais il a également alerté sur ses dérives :

« Mais en même temps, elle peut être utilisée comme une arme par la désinformation, les deepfakes, les contenus manipulés et la propagande synthétique. »

L’accélération du cycle de l’information constitue un autre défi majeur.

« Aujourd’hui, l’information apparaît d’abord sur les plateformes numériques avant même d’arriver à la télévision », a rappelé le Dr. Ismaila Ceesay, avant de souligner :
« Les fausses informations circulent plus vite que les faits, et de plus en plus, l’intelligence artificielle fait partie de cet écosystème. C’est pourquoi cette formation arrive à point nommé. »

Même son de cloche du côté de Grégoire Ndjaka, directeur général de l’Union africaine de radiodiffusion, qui appelle à une utilisation responsable de ces technologies :

« Ce qui est important, ce n’est pas seulement de savoir utiliser l’intelligence artificielle, mais surtout de connaître les bonnes pratiques dans ce domaine. »

Et d’ajouter :

« Si l’intelligence artificielle est bien utilisée, elle est bénéfique pour la société, mais si elle est mal utilisée, elle peut être très, très nuisible pour un pays. »

Au niveau national, cette initiative s’inscrit dans une dynamique de transformation du paysage audiovisuel gambien. Abdoulie Sey, directeur général de la GRTS, y voit un levier stratégique :
« C’est l’une des étapes vers la transformation et la réforme de la GRTS… le matériel doit être modernisé… les logiciels également… mais aussi les mentalités, les compétences et les capacités des personnes qui y travaillent. »

Il insiste :
« Et comment y parvenir ? Par la formation continue. »

Intervenant en tant que formateur, Beaugas Orain DJOYUM a salué la qualité des échanges et l’engagement des participants :

« C’était un réel privilège de contribuer au renforcement des capacités des journalistes gambiens sur une problématique aussi stratégique que l’intégration de l’intelligence artificielle dans la pratique du journalisme. À travers des cas concrets et la prise en main d’outils d’IA ciblés, nous avons partagé des méthodes et des bonnes pratiques visant à faire de l’IA un levier d’amélioration de la qualité de l’information. »

Poursuivant, le DG d’ICT Media STRATEGIES a insisté sur les enjeux éthiques liés à ces technologies :

« L’enjeu est clair : éviter que ces technologies ne deviennent des instruments de manipulation ou de destruction de la réputation des institutions, des marques et des individus, pour en faire, au contraire, des outils puissants au service de la vérité, de la vérification et de la lutte contre la désinformation. Je tiens à remercier le directeur général de l’UAR pour cette opportunité qui me permet de transmettre ce savoir-faire à l’échelle africaine. »

Au-delà de la Gambie, cette formation illustre une tendance de fond sur le continent africain : l’intégration progressive de l’intelligence artificielle dans les écosystèmes médiatiques. Entre opportunités d’optimisation des processus éditoriaux et risques liés à la désinformation, les médias africains sont désormais appelés à trouver un équilibre entre innovation technologique et responsabilité éditoriale.

Dans cette perspective, des initiatives comme celle-ci résonnent fortement avec les enjeux du salon E-Gov’A 2026, prévu à Yaoundé, qui mettra en lumière les interactions entre l’intelligence artificielle et la gouvernance pour bâtir des services publics efficaces dans une Afrique « cashless, paperless et seamless ».

https://youtu.be/V5uqjbHKv1Y

Par Digital Business Africa

Télécoms : Clap de fin du 23ᵉ séminaire du FRATEL à Kinshasa

[DIGITAL Business Africa] – Le 23ᵉ séminaire du Réseau francophone de la Régulation des Télécommunications (FRATEL) est clos. La cérémonie de clôture a été présidée par Augustin Kibassa Maliba, ministre des Postes, Télécommunications et de l’Économie numérique, ce mardi 28 avril 2026.L’objectif des travaux était de stimuler le partage d’infrastructures et d’améliorer la qualité des services télécoms, selon l’ARPTC.

Le président Christian Katende a affirmé l’ambition de transformer la RDC en un véritable carrefour numérique africain.Dans son allocution de clôture des travaux, le ministre des Postes, Télécommunications et de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba, a salué « la qualité exceptionnelle des travaux » menés à Kinshasa, soulignant que la capitale congolaise s’est imposée, durant quarante-huit heures, comme un véritable carrefour de réflexion stratégique sur l’avenir des écosystèmes numériques francophones.

Au terme des travaux, plusieurs pistes prioritaires ont émergé, parmi lesquelles :

– la mutualisation des infrastructures pour optimiser les investissements et étendre la couverture,

– la promotion d’une concurrence axée sur les services et l’innovation,

– l’amélioration mesurable de la qualité de service,

– la réduction de la fracture numérique.

Le ministre a profité de cette tribune pour rappeler que la République démocratique du Congo a fait du numérique un pilier central de modernisation de l’État et de diversification de son économie, d’où l’adoption en 2025 du Plan national du numérique 2026-2030.

Cette stratégie repose notamment sur 4 piliers. Dont le développement d’infrastructures numériques souveraines, la gouvernance stratégique des données, considérées comme une ressource clé du XXIᵉ siècle, la mise en place de services publics numériques intégrés et accessibles et le renforcement de la cybersécurité et du capital humain.

Par Jean Materne Zambo, source: ARPTC

IPS 2026: Le Sénégal, champion d’Afrique de la statistique et veut intégrer les nouvelles technologies dans la collecte et la diffusion des données

[DIGITAL Business Africa] – L’ effet Bassirou Diomaye Faye est palpable. Depuis  son accession au pouvoir du président Sénegalais en 2024, le pays n’a eu de cesse de se distinguer à l’échelle internationale dans le domaine de la transformation numérique. Le Sénegal vient d’être sacré champion d’Afrique de la statistique selon la mise à jour des Indicateudrs de Performance statistique (IPS) de la Banque mondiale publiés ce 27 avril 2026.

L’organisation dit avoir évalué la qualité des systèmes statistiques nationaux de 188 économies couvrant plus de 99% de la population mondiale. D’après le rapport, le Sénégal se hisse à la première place en Afrique avec une note de 81,4 points sur 100 devant l’Afrique du Sud (81,3), l’Île Maurice (80,4) et l’Egypte (78,1). Alors que, le pays a occupé la quatrième place en 2023 et en 2022 derrière ces trois pays.

Les facteurs de cette performance, selon la Banque mondiale, sont : une statistique publique de qualité, ouverte et au service du développement; sa rigueur méthodologique et l’investissement dans les appareils statistiques qui constituent de véritables leviers de souveraineté.

Pour consolider ces aquis, le Sénégal entend renforcer les capacités des producteurs de données, assurer la régularité et l’élargissement de la couverture des enquêtes nationales, exploiter les sources administratives et intégrer des nouvelles technologies dans la collecte et la diffusion de l’information statistique

Les IPS constituent un cadre de référence international pour l’évaluation des systèmes statistiques nationaux. Publiés chaque année par la Banque mondiale, ils mesurent la maturité et l’efficacité de ces systèmes selon cinq principaux piliers : l’utilisation des données, l’accès et la diffusion des données, les produits statistiques, les sources de données et l’infrastructure de données.

Par Jean Materne Zambo, source: banquemondiale.org

Frédéric Nzé prend les commandes du numérique, un tournant stratégique pour la transformation digitale du pays

[Digital Business Africa] – Une page importante de l’histoire de la gouvernance technologique de la République du Congo s’est écrite ce mardi 28 avril 2026 au siège du Ministère des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique.

Dans une atmosphère empreinte de solennité, Léon Juste Ibombo a officiellement passé le témoin à Frédéric Nzé.

La passation de service entre le ministre sortant et son successeur s’est déroulée dans une ambiance chaleureuse à Brazzaville.

Si Léon Juste Ibombo quitte le navire après avoir posé les jalons de l’infrastructure nationale, Frédéric Nzé arrive avec une mission claire : accélérer la digitalisation des services publics et l’employabilité des jeunes.

Le bilan de l’ère Ibombo : L’ancrage infrastructurel

Après plusieurs années passées à la tête de ce département stratégique, Léon Juste Ibombo quitte ses fonctions en laissant derrière lui un héritage concret.

Lors de son allocution, il a tenu à remercier le Chef de l’État, Denis Sassou N’Guesso, pour la confiance placée en lui, qualifiant sa mission de « responsabilité exigeante».

Le ministre sortant a profité de l’occasion pour dresser un bilan des chantiers majeurs qui ont marqué son passage :

Expansion de la fibre optique sur l’ensemble du territoire national.

Modernisation des infrastructures critiques et mise en service de centres de données (Data Centers).

Dynamisation de l’écosystème startup, favorisant l’émergence de nouveaux talents locaux.

 

 « Ces résultats sont le fruit d’un travail collectif, rendu possible grâce à l’implication de mes équipes et des partenaires du secteur »,a-t-il souligné avant de souhaiter plein succès à son successeur.

 

Frédéric Nzé : L’ambition de l’efficacité administrative

Le nouveau ministre, Frédéric Nzé, ne compte pas marquer de temps d’arrêt. Saluant le travail accompli par son prédécesseur, il a immédiatement tracé les grandes lignes de sa feuille de route. Son mandat semble s’orienter vers une digitalisation de résultats, plus proche de l’usager final.

Ses priorités affichées sont claires :

 1. Réforme de l’État :  Accélérer la transformation numérique pour rendre l’administration publique plus transparente et efficace.

2. Dématérialisation : Simplifier les démarches administratives pour les citoyens et les entreprises.

 3. Capital humain : Faire du numérique un véritable levier d’opportunités pour les jeunes, notamment en matière de formation, d’emploi et d’entrepreneuriat.

Une vision ancrée dans la dynamique continentale

Dans cette perspective, des initiatives continentales comme E-Gov’A 2026, prévues du 14 au 16 octobre 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé, apparaissent comme des espaces stratégiques de convergence. Placé sous le thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique sans cash et sans papier », ce rendez-vous ambitionne de réunir décideurs publics, experts et entreprises autour de solutions concrètes pour moderniser l’action publique.

Pour le Congo, engagé dans une nouvelle phase de son développement digital, la participation à de telles plateformes pourrait constituer un levier d’apprentissage et de visibilité, mais aussi une opportunité de nouer des partenariats structurants en matière de digitalisation des services publics, d’infrastructures et de gouvernance numérique.

Les défis de la nouvelle ère

Malgré les avancées, les défis restent de taille pour le nouveau locataire du ministère. Frédéric Nzé devra s’atteler à la réduction du coût de la connectivité, à l’amélioration de la qualité de service des opérateurs et, surtout, à l’interopérabilité des systèmes d’information de l’État.

Cette transition marque une volonté de continuité gouvernementale, tout en insufflant un nouveau souffle axé sur la performance administrative et l’économie du savoir.

Pour Digital Business Africa, le Congo confirme ainsi son ambition de devenir un hub numérique incontournable en Afrique centrale.

Par Digital Business Africa

Pourquoi la zone CEMAC a besoin d’une presse économique forte

[Digital Business Africa – Avis d’expert] – Lorsqu’un investisseur international s’apprête à mobiliser plusieurs dizaines de millions d’euros dans la zone CEMAC, où trouve-t-il aujourd’hui une information économique fiable, structurée et contextualisée ? Trop souvent dans des dépêches produites hors de la sous-région. Rarement depuis Yaoundé, Douala, Libreville, N’Djamena, Brazzaville, Malabo ou Bangui.

Ce constat révèle l’une des fragilités les moins discutées de notre architecture économique : la faiblesse relative de notre presse économique et financière. Or une économie ne se développe pas seulement avec des capitaux, des routes, des banques, des matières premières ou des textes réglementaires. Elle se développe aussi avec de l’information fiable, accessible et intelligible. Une économie silencieuse, mal expliquée ou mal couverte est une économie qui avance dans le brouillard.

C’est pourquoi la CEMAC a besoin d’une presse économique forte, crédible, indépendante, pédagogique et influente.

La presse économique est une infrastructure de marché

Dans les cercles de décision, on évoque volontiers les infrastructures nécessaires à un marché financier mature : système de paiement performant, centrale des risques crédible, dépositaire central, agences de notation, cadre prudentiel solide, régulateurs efficaces. On oublie pourtant une infrastructure essentielle : la presse économique professionnelle. Elle n’est pas un accessoire de communication.

Elle est un bien public qui conditionne la profondeur du marché, l’éducation des épargnants, la qualité du dialogue entre régulateurs et opérateurs, ainsi que la résilience face à la rumeur. Dans nos économies, une fausse nouvelle sur la solvabilité d’un établissement financier peut, en quarante-huit heures, déclencher un mouvement de panique aux conséquences systémiques. Une presse économique compétente, indépendante et bien dotée devient alors une véritable infrastructure prudentielle. Elle remplace la rumeur par la donnée, l’émotion par la compréhension et la défiance par la transparence.

Un enjeu de souveraineté informationnelle et narrative

La dimension panafricaine de cette question est non négociable. Aujourd’hui, le récit financier sur l’Afrique centrale est très largement écrit par des médias internationaux ou panafricains dont les centres de gravité éditoriaux sont souvent situés hors de la zone CEMAC.

Ces médias sont respectables et utiles. Mais ils ne peuvent se substituer durablement à des rédactions enracinées dans nos réalités économiques, capables de comprendre les dynamiques locales, les contraintes réglementaires, les stratégies bancaires, les arbitrages publics, les attentes des PME et les signaux faibles du terrain.

Si les banques africaines, les régulateurs, les investisseurs institutionnels et les acteurs du marché ne soutiennent pas l’émergence d’une presse économique forte à l’intérieur de la CEMAC, nous laissons à d’autres le soin de raconter notre transformation. Ce choix a un coût stratégique : moindre attractivité des capitaux, compréhension biaisée des opportunités, marginalisation dans les arbitrages internationaux et perte de souveraineté informationnelle.

Pourquoi les acteurs financiers doivent s’engager

Les banques, les compagnies d’assurances, les établissements de microfinance, les sociétés de bourse, les fonds d’investissement, les fintechs, les institutions de régulation et les organisations professionnelles ne peuvent pas se plaindre de la faible culture économique du public tout en restant absents de l’espace médiatique.

Ils ne peuvent pas regretter la propagation de fausses perceptions sur le crédit, l’épargne, la monnaie, les frais bancaires, les marchés financiers ou la réglementation, sans contribuer activement à l’éducation économique et financière des citoyens.

S’engager auprès de la presse économique ne signifie pas acheter l’opinion. Cela ne signifie pas transformer les médias en relais promotionnels. Cela signifie accepter un dialogue exigeant avec l’espace public : expliquer les métiers financiers, vulgariser les mécanismes économiques, partager des données utiles, soutenir la formation des journalistes spécialisés et participer à des débats de fond.

La finance vit de confiance. Or la confiance ne naît pas du silence. Elle naît de la clarté, de la pédagogie, de la cohérence et de la redevabilité. Une population mieux informée devient une clientèle plus responsable, des entrepreneurs mieux éclairés deviennent de meilleurs partenaires, des décideurs mieux interpellés prennent de meilleures décisions.

Les trois risques à éviter dans le soutien à la presse

Faut-il pour autant soutenir indistinctement toute initiative qui s’auto-déclare presse économique ? Évidemment non. Les acteurs financiers doivent agir avec discernement, car trois écueils peuvent dévoyer des intentions louables.

1. Le risque de capture : Une presse trop dépendante des annonceurs bancaires perd progressivement sa fonction critique et donc son utilité. Une presse domestiquée ne sert ni le marché, ni, paradoxalement, les institutions qui la financent. L’appui doit donc être contractuel, transparent et jamais transactionnel sur la couverture rédactionnelle.

2. La dispersion sans critère : Tout titre qui s’affiche économique ne mérite pas le même soutien. Le critère discriminant doit être la qualité analytique : formation des journalistes, respect de la déontologie, capacité d’enquête, valeur ajoutée de l’analyse et distinction claire entre information, opinion et communication.

3. La confusion des genres : Sponsoring d’événements, achat d’espaces publicitaires, partenariat éditorial, mécénat de formation et soutien institutionnel ne relèvent pas des mêmes logiques. Les confondre dilue l’efficacité de chacun et entretient des ambiguïtés de gouvernance que les comités d’audit ont raison de surveiller.

Trois leviers pour bâtir un écosystème de presse économique robuste

Soutenir efficacement la presse économique suppose de dépasser le réflexe du chèque ponctuel. Il faut concevoir un écosystème durable, structuré autour de trois leviers complémentaires.

– L’accès : Ouvrir aux journalistes économiques l’accès aux dirigeants, aux analystes et aux données sectorielles que les institutions produisent dans le respect strict des règles de confidentialité est sans doute le geste le plus utile et le moins coûteux. Une rédaction qui dispose d’interlocuteurs qualifiés produit une information infiniment supérieure à celle qui se nourrit de rumeurs.

– La formation : Les normes IFRS 9, la réglementation COBAC, les mécanismes du marché financier sous-régional, la lecture des comptes consolidés d’un groupe bancaire ou l’analyse des risques exigent une véritable spécialisation. Soutenir des séminaires, des bourses, des modules universitaires et des partenariats avec les écoles de journalisme élève durablement le niveau du débat public.

–  L’incitation à l’excellence : L’institution d’un Prix du Journalisme Économique de la CEMAC, doté de manière significative et arbitré par un jury indépendant, permettrait de distinguer chaque année les meilleures enquêtes, analyses sectorielles et investigations économiques et financières. Une telle reconnaissance ferait probablement davantage pour la qualité de la presse économique que des années d’insertions publicitaires dispersées.

Un engagement cohérent avec la transformation de l’Afrique centrale

Pour Afriland First Bank, ces convictions ne sont pas théoriques. Elles s’inscrivent dans la cohérence de notre vision stratégique HORIZON 2030, qui fait de la transformation de l’Afrique centrale notre priorité et de l’écosystème africain notre cadre d’action.

Présents dans les pays de la zone CEMAC et accompagnant plus des milliers de clients, nous savons d’expérience qu’il n’y aura ni marché financier profond sans presse économique forte, ni souveraineté économique sans souveraineté informationnelle et narrative.

Notre sponsoring de la Finance Week 2026 procède de cette conviction. Mais il doit ouvrir une dynamique plus large. J’appelle les autres acteurs majeurs du secteur financier de la zone (banques, marchés de capitaux, régulateurs, investisseurs institutionnels, assureurs et fintechs) à inscrire le soutien à la presse économique professionnelle dans leur doctrine d’engagement institutionnel et à en faire un axe à part entière de leur responsabilité économique et sociétale.

La CEMAC mérite mieux qu’une narration d’emprunt

Dans les années à venir, la CEMAC devra relever des défis majeurs : diversification productive, financement des infrastructures, transition énergétique, transformation digitale, sécurité alimentaire, emploi des jeunes, intégration régionale, mobilisation de l’épargne locale et développement des marchés de capitaux.

Aucun de ces défis ne pourra être relevé durablement sans une opinion publique mieux informée, sans un débat économique plus mature et sans des médias capables d’éclairer, de questionner et d’accompagner la transformation de nos économies.

La CEMAC n’a pas seulement besoin de plus de financement. Elle a besoin de plus de compréhension économique. Et cette compréhension passera nécessairement par une presse économique forte, respectée, indépendante et engagée dans l’intérêt général.

La CEMAC mérite mieux qu’une narration d’emprunt. Elle mérite des plumes, des rédactions, des enquêtes et des analyses qui parlent depuis l’intérieur de sa propre transformation. À nous, acteurs financiers, de prendre notre part dans la construction de cette voix.

Par Celestin GUELA SIMO, Directeur Général d’Afriland First BankAfriland First Bank

Yaoundé, 27 avril 2026

Tchad : le gouvernement accélère la refonte du cadre juridique du numérique pour encadrer l’IA et renforcer la souveraineté digitale

[Digital Business Africa] – Le gouvernement tchadien intensifie sa stratégie de transformation numérique en faisant de la modernisation du cadre réglementaire une priorité nationale. Face à l’évolution rapide des technologies et à la multiplication des usages digitaux, les autorités entendent renforcer l’encadrement juridique du secteur afin de prévenir les dérives, sécuriser les usages et consolider la souveraineté numérique du pays.

C’est dans cette dynamique qu’un comité de 34 membres a été officiellement installé à N’Djamena, le lundi 27 avril, par le ministre des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation de l’administration, Haliki Choua Mahamat. Cette instance a pour mission d’actualiser l’ensemble des textes encadrant le numérique, devenus insuffisamment adaptés aux profondes mutations technologiques observées ces dernières années.

Lors de la cérémonie d’installation, le ministre a souligné que les textes actuellement en vigueur sont devenus obsolètes face à la vitesse de transformation du secteur numérique. Selon lui, les réglementations existantes ne permettent plus de répondre efficacement aux défis liés à la cybersécurité, à la protection des données personnelles, à la gouvernance de l’Internet ou encore à l’encadrement de l’intelligence artificielle. Le comité dispose ainsi d’un délai de 45 jours pour proposer des textes modernisés, concrets et directement applicables.

La mission consistera notamment à harmoniser les dispositions existantes en s’appuyant sur les travaux déjà menés par l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP). L’objectif est de doter le Tchad d’un cadre juridique plus cohérent, plus robuste et davantage aligné sur les exigences actuelles de l’économie numérique mondiale.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité des réformes engagées depuis plusieurs mois. Quelques temps auparavant, Boukar Michel, ancien ministre des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation de l’administration publique, avait annoncé l’élaboration d’un Code du numérique pour le Tchad. Ce futur texte doit intégrer les normes internationales en matière de cybersécurité, de protection des données, de gouvernance de l’Internet et de régulation des plateformes numériques, afin de positionner le pays sur les standards mondiaux.

En octobre 2025, l’Assemblée nationale tchadienne avait déjà franchi une étape importante en ratifiant une ordonnance modifiant la loi de 2014 sur la régulation des communications électroniques et des activités postales. Cette réforme visait à moderniser le cadre juridique du secteur, à favoriser une meilleure concurrence entre les opérateurs, à améliorer la couverture des réseaux sur l’ensemble du territoire et à renforcer la souveraineté numérique nationale.

Ces efforts interviennent dans un contexte marqué par l’accélération de la transformation numérique et l’émergence de nouvelles technologies aux impacts multiples. L’intelligence artificielle, par exemple, s’impose progressivement dans les usages administratifs, économiques et sociaux, mais elle soulève également des défis majeurs. En l’absence de règles claires, elle peut favoriser la diffusion de fausses informations sur les réseaux sociaux, la production de contenus trompeurs comme les deepfakes, ou encore faciliter des arnaques numériques de plus en plus sophistiquées.

D’autres innovations comme le cloud computing, la blockchain ou encore l’essor des plateformes numériques renforcent également les enjeux de cybersécurité et de protection des données personnelles. Le vide juridique actuel peut ainsi exposer davantage les citoyens, les entreprises et les institutions aux cyberattaques, à la fraude numérique et à l’exploitation abusive des données sensibles.

Pour le Tchad, l’enjeu dépasse donc la simple réforme administrative. Il s’agit de bâtir un véritable socle de confiance numérique capable d’accompagner durablement la transformation de l’État, l’inclusion digitale des populations et la compétitivité économique du pays. Dans un contexte africain où la souveraineté numérique devient un enjeu stratégique majeur, N’Djamena veut clairement éviter que l’innovation technologique ne se transforme en facteur de vulnérabilité institutionnelle. La refonte du cadre juridique apparaît ainsi comme une étape indispensable pour faire du numérique un véritable levier de développement durable.

Par Loïc SOUOP

Côte d’Ivoire : l’ARTCI renforce la conformité réglementaire des communications électroniques et prépare l’essor de la 5G

[Digital Business Africa] – En Côte d’Ivoire, la régulation du secteur des communications électroniques entre dans une nouvelle phase. L’Autorité de Régulation des Télécommunications/TIC de Côte d’Ivoire (ARTCI) a réuni, du 15 au 17 avril 2026 à Yamoussoukro, l’ensemble des acteurs clés de l’écosystème numérique autour de son séminaire annuel consacré à la conformité réglementaire.

Cette rencontre stratégique s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la loi n°2024-352 du 06 juin 2024 relative aux communications électroniques, un texte majeur destiné à moderniser la gouvernance du secteur et à renforcer la transparence des pratiques des opérateurs.

Plus de cinquante participants ont pris part aux travaux, parmi lesquels des représentants du Ministère de la Transition Numérique et de l’Innovation Technologique, ainsi que plusieurs institutions sectorielles telles que l’AIGF, l’ANSUT et l’ANSSI, aux côtés des principaux opérateurs télécoms du pays.

Une régulation plus participative pour un marché plus compétitif

Dans la continuité de l’édition 2025, qui avait permis l’élaboration de plans d’actions de mise en conformité par catégorie d’acteurs, les discussions de 2026 ont porté sur plusieurs chantiers structurants.

Parmi les principaux axes abordés figuraient le bilan de mise en œuvre des plans d’actions précédents, la finalisation de la révision des cahiers des charges des titulaires de licences individuelles conformément à l’article 251 de la nouvelle loi, ainsi que la définition des orientations d’un référentiel commun de conformité.

Les participants ont également examiné des propositions visant à renforcer la protection des consommateurs, tout en formulant des recommandations sur les mutations du marché, notamment le développement des offres satellitaires et les nouvelles pratiques de partage de connectivité.

Présidant les travaux en plénière, Mme Patricia Amand, membre du Conseil de Régulation de l’ARTCI, a accompagné les échanges autour de ces enjeux stratégiques.

Dans son allocution d’ouverture, au nom du Directeur Général de l’ARTCI, Kouakou Guy Michel, Directeur de la Régulation des Télécommunications, a réaffirmé la vision d’une « régulation d’accompagnement et participative », soulignant que la conformité ne doit pas être perçue comme une contrainte administrative, mais comme un levier d’assainissement du marché et de stimulation des investissements.

Qualité de service et 5G parmi les priorités

Représentant le Ministère de la Transition Numérique et de l’Innovation Technologique, Kanvoli Stanislas a salué la dynamique de concertation engagée entre le régulateur et les opérateurs, tout en insistant sur la nécessité de produire des résultats concrets sur les dossiers prioritaires.

Parmi ces priorités figurent notamment l’amélioration de la qualité de service, enjeu central pour les usagers. L’accélération du déploiement de la 5G, technologie appelée à soutenir la transformation numérique du pays et le développement de nouveaux usages industriels et économiques, fait également partie des priorités.

À l’issue des travaux, un rapport de synthèse assorti de recommandations a été adopté afin de consolider la conformité réglementaire et d’adapter la régulation aux évolutions rapides du secteur.

Faire de la réglementation un moteur de croissance

À travers cette démarche, l’ARTCI confirme sa volonté de transformer les exigences réglementaires en véritables instruments de développement, dans un contexte où la compétitivité numérique devient un enjeu de souveraineté économique.

Pour la Côte d’Ivoire, l’objectif est clair : construire un environnement télécom plus transparent, plus attractif pour les investisseurs et mieux préparé aux défis technologiques de demain.

La conformité réglementaire apparaît ainsi non seulement comme une obligation juridique, mais aussi comme un pilier stratégique pour accompagner l’innovation, protéger les consommateurs et garantir une croissance durable du secteur des communications électroniques.

Par Loic SOUOP

Tchad : l’ADETIC sensibilise les jeunes filles aux opportunités des TIC et de l’intelligence artificielle

[Digital Business Africa] – À l’occasion de la Journée internationale des jeunes filles, l’Agence du Développement des Technologies de l’Information et de la Communication (ADETIC) a organisé, en collaboration avec plusieurs acteurs institutionnels du secteur numérique, une conférence-débat dédiée à la promotion des TIC et de l’intelligence artificielle auprès des jeunes filles tchadiennes.

La rencontre s’est tenue ce dimanche 26 avril, au lycée Boustane Alariffine autour du thème : « L’importance des technologies de l’information et de la communication (TIC) et de l’intelligence artificielle ». Elle visait à sensibiliser les élèves aux enjeux de la transformation numérique et à encourager leur implication dans les métiers d’avenir liés au digital.

L’événement a réuni plusieurs responsables administratifs et représentants d’institutions stratégiques du secteur, parmi lesquels Abdelhamid Hassaballah Djello, délégué provincial des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation de l’administration, ainsi que des représentants de la SOTEL Tchad, de l’ADETIC et de l’ARCEPT.

Prenant la parole à cette occasion, le proviseur du lycée Boustane Alariffine s’est réjoui du choix de son établissement pour accueillir cette initiative, soulignant l’importance d’un tel accompagnement dans l’orientation des jeunes filles vers des carrières porteuses et des perspectives professionnelles prometteuses.

Animée par Mahamat Saleh Adoudou Sikhel et Mahamat Sossal, la conférence a permis de mettre en avant le rôle stratégique des technologies de l’information et de l’intelligence artificielle dans les transformations économiques, sociales et éducatives contemporaines.

Les intervenants ont insisté sur la nécessité pour les jeunes filles de s’approprier ces outils devenus incontournables dans la société moderne. Ils ont rappelé que la maîtrise du numérique constitue aujourd’hui un levier essentiel d’autonomisation, d’employabilité et de participation active au développement national.

De son côté, le délégué provincial des Télécommunications a souligné l’engagement des pouvoirs publics en faveur du développement du numérique, notamment à travers des actions visant à renforcer l’inclusion des jeunes filles dans les filières technologiques et les nouveaux métiers du digital.

Au-delà de la sensibilisation, cette initiative traduit la volonté des autorités tchadiennes de réduire la fracture numérique de genre et de promouvoir une participation plus équilibrée des femmes dans l’économie numérique.

Dans un contexte où l’intelligence artificielle et les TIC redéfinissent les compétences de demain, l’enjeu est désormais de préparer les jeunes générations, et particulièrement les jeunes filles, à devenir des actrices à part entière de cette transformation.

Par Loic SOUOP

RD Congo : Contexte et objectifs des premiers états généraux des postes et télécommunications

[DIGITAL Business Africa] – Pour une première, la RD Congo tient les états généraux des postes et télécommunications. Il le fallait bien eu égard au tumulte observé dans le secteur. Février 2026, la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a instruit une prise en charge technique du dossier relatif à l’utilisation illégale des fréquences congolaises par la société de télécommunications MTN Rwanda.

S’agissant de la poste, les autorités souhaitaient que la Banque postale soit relancée et que la spoliation, l’occupation illégale des biens fonciers et immobiliers de la Société congolaises des Postes et Télécommunications ( SCPT) ne soient qu’un lointain souvenir. La liste des griefs du secteur des Postes et Télécommunications n’est pas exhaustive.

Deux mois après, S.E Félix Tshisekedi décide de donner de l’oxygène à ce secteur qui était presqu’ au bord de l’asphyxie, en lançant officiellement les premiers états généraux des postes et télécommunications, qui se tiennent du 27 au 29 avril 2029.

Les premiers états généraux des postes et télécommunications visent la modernisation des infrastructures, le développement du capital humain et la réduction des inégalités territoriales conformément au Projet de Transformation numérique de la RDC. Un plan ambitieux de plus d’un milliard USD qui entend porter la RDC au statut de hub numérique régional.

Trois objectifs majeurs ont été assignés aux états généraux des postes et télécommunications : établir un diagnostic « lucide » de l’écosystème postal et télécom, élaborer une feuille de route opérationnelle à court, moyen et long terme, et mettre en place un cadre permanent de concertation et de régulation pour assurer le suivi des réformes.

Prenant la parole pour son discours d’ouverture, le chef de l’État a rappelé l’impact du numérique et les télécoms  pour le développement de son économie.

« Il nous revient donc d’ériger le numérique, les télécommunications et la modernisation postale en leviers stratégiques de notre développement national. C’est dans cet esprit que s’inscrit notre ambition de faire de la République démocratique du Congo une nation digitale à l’horizon 2030, en cohérence avec les priorités du gouvernement », a-t-il déclaré.

Et de préciser que le secteur des Postes et Télécommunications se trouve à l’intersection de plusieurs enjeux majeurs, notamment celui de la connectivité territoriale.

« Dans un pays-continent comme le nôtre, relier les territoires, connecter les provinces, désenclaver les zones rurales et rapprocher les citoyens des services essentiels constituent une exigence de cohésion nationale », a-t-il souligné.

Félix Tshisekedi a également insisté sur les enjeux de sécurité liés au secteur, dans un contexte marqué par la montée des cybermenaces et la dépendance technologique. Il a appelé à une meilleure maîtrise des réseaux et à la sécurisation des infrastructures critiques, considérées comme des leviers essentiels de souveraineté.

Par Jean Materne Zambo

Sénégal : L’ État stimule la création de centaines de milliers d’emplois estudiantins dans le numérique

[DIGITAL Business Africa] – Deux initiatives stratégiques du New Deal technologique sont sur les rails. Avec trajectoire vers le succès. Le ministre de la Communication et de l’Économie numérique, Alioune Sall, a assisté à l’inauguration de l’University Innovation Pod (UniPod) à l’Université Amadou Mahtar Mbow et au lancement de « Sénégal Digital Factory » ce lundi 27 avril 2026. Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Daouda Ngom, a officialisé l’initiative.

À travers ces deux initiatives, le Sénégal ambitionne de renforcer le poids du numérique dans l’économie nationale et de créer des centaines de milliers d’emplois dans les années à venir.

L’UniPod est un espace où les étudiants peuvent développer des projets réels.

– des équipements pour prototyper et tester des idées

– un accompagnement pour structurer un projet

– des opportunités pour travailler en équipe et avec des partenaires

– un cadre pour passer d’un projet académique à une solution utilisable

Le pôle de Diamniadio est le premier d’une série nationale, avec des projets similaires prévus à Ziguinchor et Saint-Louis. Le projet bénéficie du soutien des partenaires tels que le PNUD.

Un programme impactant vient parfaitement se coller à l’UniPod : le Sénégal Digital Factory. L’objectif du programme Sénégal Digital Factory est d’accompagner, structurer et déployer ces innovations à plus grande échelle, à travers tout le territoire. Avec pour modèle de faire travailler ensemble l’État, l’université, le secteur privé et les partenaires techniques.

Il s’agit d’une approche de co-construction appelée à se déployer dans les différents pôles territoriaux d’innovation, avec l’appui du Startup Act pour structurer durablement l’écosystème. Un écosystème où les enseignants trouvent un pont entre la recherche et l’impact.

Selon le MCTN, le choix du Sénégal est assumé : faire du numérique un levier de souveraineté, de création d’emplois et de croissance durable.

Par Jean Materne Zambo, source : MCTN

Cameroun / Télécoms : Kakotel menace d’engager une procédure judiciaire contre Camtel, symbole d’un marché sous tension

[DIGITAL Business Africa] – Le bras de fer entre Kakotel et les opérateurs télécoms au Cameroun franchit un nouveau cap. Dans un communiqué daté du 26 avril 2026, Kakotel Limited Cameroon SA annonce une nouvelle offensive judiciaire, cette fois contre Camtel, pour exiger la réactivation de ses services et faire valoir ses droits après plusieurs années de blocages persistants.

Selon l’entreprise dirigée par Joseph Kamgue Takougang, malgré un cadre contractuel formel, des engagements écrits et même des injonctions du régulateur, les services liés à l’interconnexion et à la fourniture de communications électroniques restent suspendus de manière unilatérale. Une situation que Kakotel qualifie de préjudiciable non seulement pour ses activités, mais aussi pour ses clients et partenaires.

Un nouveau front judiciaire contre Camtel

Le différend avec Camtel s’inscrit dans une longue série de tensions entre Kakotel et les acteurs dominants du marché. Dans son communiqué, l’entreprise rappelle plusieurs éléments factuels : un contrat cadre dûment signé, le versement d’une caution de 30 millions de FCFA, des engagements formels pris en réunion, ainsi qu’une reconnaissance de créance par Camtel lui-même.

« Depuis plus de cinq (5) ans, malgré : un Contrat Cadre n° 07D régulièrement signé entre les deux parties ; le versement d’une caution de 30 000 000 FCFA pour la mise en production des services Voix et SMS ; l’engagement écrit de CAMTEL pris lors de la séance de travail du 9 juin 2021 ; l’injonction formelle de l’Agence de Régulation des Télécommunications (ART) en date du 22 septembre 2020 et le relevé de compte de CAMTEL lui-même du mois d’avril 2026 reconnaissant un crédit de 29 895 098,04 FCFA en faveur de KAKOTEL, CAMTEL maintient de manière unilatérale et injustifiée la suspension totale des services contractuels (revente de trafic, terminaison d’appels internationaux, SMS, internet, FTTX, SVA, USSD, etc.) », écrit le PDG de Kakotel.

Malgré cela, les services liés notamment à la voix, aux SMS, à l’internet, à la terminaison d’appels internationaux ou encore aux services à valeur ajoutée restent suspendus.

Kakotel a ainsi adressé une mise en demeure à Camtel, avec un délai de huit jours pour rétablir l’ensemble des services, faute de quoi une procédure en référé sera engagée devant le Tribunal de grande instance, assortie de demandes de dommages et intérêts sur une période de cinq ans.

Une stratégie judiciaire assumée

Cette nouvelle action judiciaire confirme une constante dans la trajectoire de Kakotel : le recours systématique aux voies réglementaires et judiciaires pour faire valoir ses droits dans un marché qu’elle juge déséquilibré.

En décembre 2025 déjà, l’opérateur avait obtenu une décision historique du Tribunal de grande instance du Mfoundi condamnant MTN, Orange et Nexttel à verser plus de 5,8 milliards de FCFA de dommages et intérêts. Une victoire majeure pour un acteur longtemps marginalisé, qui avait mis en lumière les dysfonctionnements structurels du marché de l’interconnexion au Cameroun.

En amont, l’Agence de régulation des télécommunications (ART) avait, à plusieurs reprises, donné raison à Kakotel dans ses différends avec ces opérateurs, ordonnant la signature de conventions d’interconnexion ou la reprise de services suspendus. Mais faute de pouvoir accorder des réparations financières, ces décisions avaient trouvé leurs limites, ouvrant la voie à une judiciarisation accrue du secteur.

Joseph Kamgue, figure atypique du secteur

Au cœur de cette stratégie se trouve Joseph Kamgue Takougang, Directeur général de Kakotel, dont le profil tranche avec celui des dirigeants classiques du secteur. Réputé pour sa combativité, il s’est progressivement imposé comme une figure singulière capable d’obtenir des sanctions contre des opérateurs télécoms pourtant puissants et bien établis.

Sa démarche repose sur une lecture rigoureuse du cadre réglementaire et une volonté assumée de tester ses limites devant les juridictions compétentes. Une posture qui, au fil des années, a contribué à repositionner Kakotel non plus comme un simple acteur de niche, mais comme un catalyseur des débats sur la concurrence et la régulation.

Un symptôme des fragilités du marché

Au-delà du cas Kakotel, cette nouvelle affaire avec Camtel relance une question centrale : celle du respect des décisions du régulateur dans le secteur des télécommunications au Cameroun.

Car si l’Agence de régulation des télécommunications (ART) a, à plusieurs reprises, tranché en faveur de Kakotel en ordonnant la mise en œuvre effective de l’interconnexion ou la reprise de services suspendus, l’exécution de ces décisions reste problématique.

Dans plusieurs cas, les opérateurs concernés tardent à s’y conformer pleinement, installant de facto un décalage entre la décision réglementaire et sa traduction concrète sur le terrain.

Ce déficit d’exécution pose un enjeu majeur de crédibilité. Les nouveaux entrants peuvent ainsi voir leurs droits reconnus sans pour autant être immédiatement garantis.

Dans ce contexte, le recours à la justice apparaît de plus en plus comme un prolongement nécessaire de l’action du régulateur. Les décisions judiciaires, assorties de sanctions financières, deviennent alors le levier permettant de contraindre à l’exécution ce que la régulation seule ne parvient pas toujours à imposer.

Cette articulation entre régulation et justice révèle une réalité du secteur : le respect des règles ne repose plus uniquement sur l’autorité du régulateur, mais aussi sur la capacité des juridictions à faire appliquer ses décisions.

Dès lors, l’enjeu dépasse largement le différend entre Kakotel et Camtel. Il ne s’agit plus seulement de trancher un litige entre opérateurs, mais de s’interroger sur l’architecture même de la régulation au Cameroun.

Car une question s’impose désormais avec acuité : le régulateur dispose-t-il des moyens suffisants pour faire appliquer ses décisions de manière immédiate et contraignante, sans que les acteurs lésés soient systématiquement contraints de saisir les tribunaux ?

Dans un secteur aussi stratégique que les télécommunications, où les rapports de force économiques sont particulièrement marqués, l’efficacité de la régulation repose autant sur la qualité des arbitrages que sur leur force exécutoire. Tant que cette dernière demeure limitée, le recours au juge continuera d’apparaître comme une étape incontournable.

Renforcer les pouvoirs du régulateur — notamment en matière de sanctions financières et d’exécution directe de ses décisions — pourrait ainsi constituer un levier déterminant pour fluidifier le marché, réduire les contentieux et garantir une concurrence plus équilibrée.

Au fond, l’affaire Kakotel pose une question de gouvernance sectorielle : le Cameroun est-il prêt à franchir un cap en dotant son régulateur des moyens d’imposer, sans délai, le respect des règles du jeu ?

Par Digital Business Africa

Cameroun: La CEMAC digitalise le Système d’Enregistrement des faits d’État Civil et des Statistiques 

[DIGITAL Business Africa] – L’ état civil en zone CEMAC se modernise. Six pays de la communauté ont validé le Guide pratique ESEC, au sortir d’un atelier tenu du 20 au 22 avril 2026 à Yaoundé. Le nouvel outil stratégique permettra aux États membres de la CEMAC de renforcer l’enregistrement des faits d’état civil et d’améliorer la production de statistiques vitales.

Un acte fort. Tant l’état civil fiable conditionne tout : transparence des élections, lutte contre la mortalité maternelle et infantile, aménagement du territoire, atteinte des objectifs de Développement durable (ODD) des Nations unies.

Selon des sources, la digitalisation dans le cadre de l’application de ce guide est identifiée comme le levier principal. Cette modernisation de l’ESEC doit permettre d’augmenter le taux d’enregistrement et de réduire les délais de production des statistiques.

Attentes du guide :

– Harmoniser les procédures d’état civil (naissances, mariages, décès).

– Garantir l’inclusion des populations vulnérables.

– Produire des données fiables pour la planification publique.

Le guide pratique ESEC couvre quatre axes :

1. Les procédures d’enregistrement des faits d’état civil ;

2. La production et l’exploitation des statistiques vitales ;

3. L’inclusion des populations vulnérables dans les statistiques officielles ;

4. La stratégie pour déployer le guide dans chaque pays

Selon le Bureau national de l’Etat civil (BUNEC), cette validation marque une étape décisive : l’état civil devient le socle du contrat social entre l’État et le citoyen, en Afrique centrale.

Pour les États, il s’agit de souveraineté statistique : disposer de données fiables pour décider juste et peser face aux investisseurs et partenaires internationaux.

Les travaux étaient placés sous la présidence de Nicolas Beyeme Nguema, commissaire de la CEMAC, et ont réuni une quarantaine d’experts ainsi que des partenaires internationaux (UNFPA, Banque mondiale, UNICEF, OMS, CEA, AFRISTAT).

Par Jean Materne Zambo, source : BUNEC

Algérie : un programme national de formation en IA pour bâtir 500 000 talents numériques d’ici 2027

[Digital Business Africa] – Face à l’accélération de l’adoption de l’intelligence artificielle dans les secteurs économiques et administratifs, l’Algérie entend faire de la formation un pilier central de sa stratégie numérique. Le gouvernement vient ainsi de lancer un vaste programme national de formation en intelligence artificielle (IA), destiné à renforcer les compétences locales et à préparer l’économie nationale aux mutations technologiques en cours.

Le lancement officiel a eu lieu ce dimanche 26 avril à l’Institut national spécialisé de formation professionnelle d’El Rahmania, à Alger, en présence de Nacima Arhab, ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, et de Noureddine Ouadah, ministre de l’Économie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises.

À travers cette initiative, les autorités ambitionnent de faire émerger rapidement une nouvelle génération de profils qualifiés capables de s’intégrer dans l’économie numérique, mais aussi de développer des solutions innovantes adaptées aux besoins des entreprises algériennes et du marché local.

Le programme repose sur une approche fortement orientée vers la pratique et l’immersion professionnelle. Le cycle complet s’étend sur 12 semaines, dont 8 semaines intensives de formation technique suivies de 4 semaines consacrées à la réalisation de projets concrets.

Afin de garantir la qualité de l’encadrement, une phase préalable de formation des formateurs a été lancée dès le 15 janvier 2026. Cette étape vise à doter les encadreurs des compétences pédagogiques et techniques nécessaires pour accompagner efficacement les apprenants.

L’objectif est clair : réduire l’écart entre la formation académique et les besoins réels du marché. Les participants seront amenés à travailler sur des cas pratiques, souvent en collaboration avec des start-up, en utilisant les modèles et outils d’IA les plus récents.

Ce programme s’inscrit dans une vision plus large portée par l’État algérien : la future stratégie nationale de transformation numérique, actuellement en préparation. Celle-ci prévoit notamment la formation de 500 000 spécialistes des technologies de l’information et de la communication (TIC), avec l’ambition de limiter la fuite des talents et de renforcer la souveraineté technologique du pays.

Le gouvernement veut ainsi positionner l’Algérie comme un acteur crédible de l’économie de la connaissance sur le continent, tout en captant une part significative de la valeur créée par l’intelligence artificielle.

Les autorités estiment d’ailleurs que l’IA pourrait contribuer jusqu’à près de 7 % du PIB national d’ici 2027. Pour atteindre cet objectif, plusieurs leviers sont activés : mécanismes de financement dédiés, création de centres d’excellence, renforcement de l’accès aux technologies numériques et soutien accru à l’entrepreneuriat innovant.

Au-delà du volet formation, le programme vise également à structurer un véritable écosystème d’innovation. Dans cette logique, un incubateur d’entreprises a été inauguré au sein même de l’Institut d’El Rahmania afin d’accompagner les porteurs de projets et de stimuler la création de start-up technologiques.

Cette approche intégrée illustre la volonté des autorités de faire de l’intelligence artificielle non seulement un outil de modernisation, mais aussi un moteur de croissance économique et de création d’emplois qualifiés.

Avec cette initiative, l’Algérie confirme sa volonté d’inscrire durablement l’IA au cœur de son modèle de développement et de sa compétitivité future.

Par Loic SOUOP

Congo : Serge ou Frédéric NZE ? Confusion autour de l’identité du nouveau ministre des Postes, des Télécoms et de l’Économie numérique

[DIGITAL Business Africa] – De l’expertise avérée au ministère des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique. Léon Juste Ibombo cède le fauteuil à Frédéric Nzé, passionné par la transformation numérique financière. C’est ce que relayent la plupart des sites d’information locaux à la suite du décret n° 2026-6176 du 24 avril 2026 du chef de l’État, S.E. Denis Sassou-Nguesso. Sans toutefois apporter de précisions ni de détails. Car le décret portant nomination du nouveau gouvernement dit le contraire.

 

Le décret indique bel et bien qu’il s’agit de « M. Serge Nze » qui, informé de la « bonne » nouvelle, a adressé un message de gratitude au président de la République pour la confiance placée en lui.

Message repris par plusieurs comptes sur les réseaux sociaux.

Dans la vidéo annonçant également le gouvernement, on parle de Serge NZE. Suivre à partir de la neuvième minute (9 min 42 s).

Dans la foulée, les messages de félicitations ont déferlé. Sur le post de Serge NZE, il faut scroller la section des commentaires pour espérer trouver un démenti officiel. Que non. Une telle confusion peut également être source d’arnaques en ligne. Certains abonnés estiment que, sur le plan légal, le ministre est celui dont le nom figure dans le décret.

Les différentes plateformes numériques de la Primature, du ministère en charge  du numérique et de la Présidence de la République n’ont apporté aucune précision ni le moindre portrait du promu pour dissiper la confusion qui a gagné les esprits.

De plus, aucun communiqué officiel n’est signé pour confirmer qu’il s’agit d’une confusion entre Serge NZE et Frédéric NZE, ou que Frédéric a pour second prénom Serge. Sur les réseaux sociaux, d’autres indiquent que ce sont les fils de l’ancien ministre Pierre Nze, co-fondateur du PCT, principal parti politique du pays.

Sans communication officielle, la confusion persiste donc. Mais si l’on s’en tient aux dires et aux écrits des médias locaux congolais, qui n’indiquent pas leurs sources, le nouveau ministre est Frédéric Nzé, entrepreneur engagé et passionné par la transformation digitale et financière en Afrique.

L’expert en technologie (ici, en image d’archives avec son prédécesseur, Léon Juste Ibombo) est le PDG d’Akieni, une entreprise congolaise spécialisée dans la digitalisation des services publics et privés depuis 2023. Son ambition est de préparer l’Afrique de demain en formant une jeunesse compétente, prête à s’approprier les outils numériques et à contribuer à la croissance du continent.

Frédéric Nzé est également cofondateur d’Akieni Academy, une plateforme de formation visant à développer les compétences numériques des jeunes talents africains. Tout comme CAPI Think Tank, qui élabore des stratégies d’innovation et de développement économique pour le continent.

Depuis 2022, il dirige Kamoa Ltd, une fintech innovante opérant en Afrique de l’Est et de l’Ouest, qui facilite l’accès au crédit grâce à l’analyse de données alternatives, favorisant ainsi l’inclusion financière des populations non bancarisées. Le Techpreneur a par ailleurs dirigé Ohakam LTD. Il est diplômé de l’ENSAE de Paris M.s.c, Mathematics & Economics en 1992.

Par Jean Materne Zambo