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Donald Trump claque la porte de 66 organisations internationales : l’Afrique contrainte de se réinventer

[DIGITAL Business Africa] –  Le président des États-Unis, Donald J. Trump, a signé un mémorandum présidentiel ce 7 janvier 2026 ordonnant le retrait immédiat des États-Unis de 66 organisations internationales, dont 31 entités du système des Nations unies. Cette décision, présentée par la Maison Blanche comme un acte de « restauration de la souveraineté américaine », a des implications directes et indirectes majeures pour l’Afrique, en particulier dans les domaines du développement économique, du numérique, de la gouvernance, du climat et du commerce international.

Si Washington affirme vouloir réorienter ses ressources vers des priorités strictement nationales, ce désengagement massif redessine en profondeur les équilibres de coopération multilatérale sur lesquels s’appuient de nombreux pays africains.

L’Afrique directement touchée par le retrait américain

Parmi les entités concernées figurent plusieurs institutions onusiennes et intergouvernementales jouant un rôle structurant en Afrique. Le retrait américain signifie, de facto, un arrêt des financements, une baisse de l’influence politique et un affaiblissement opérationnel de ces organisations.

C’est notamment le cas de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), bras économique de l’ONU sur le continent. La CEA accompagne depuis des décennies les États africains dans l’élaboration de politiques publiques liées à l’industrialisation, à l’intégration régionale, à la transformation numérique et à la gouvernance des données. Le retrait des États-Unis, principal contributeur financier indirect via le système onusien, pourrait ralentir plusieurs programmes structurants, notamment ceux liés à l’économie numérique africaine et à la Zone de libre-échange continentale africaine.

Autre entité stratégique affectée : le Bureau du Conseiller spécial pour l’Afrique, qui joue un rôle de coordination entre l’ONU, les gouvernements africains et les partenaires internationaux. Son affaiblissement risque de réduire la capacité de plaidoyer du continent dans les grandes négociations globales.

Un coup dur pour le commerce, l’innovation et l’entrepreneuriat africains

La décision américaine concerne également des institutions clés pour l’économie africaine, à commencer par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED). Cette institution est au cœur de l’accompagnement des pays africains sur les questions de commerce numérique, d’investissements, de politiques industrielles et de souveraineté économique.

Dans le même registre, le retrait américain du Centre du commerce international (ITC) affecte directement les programmes de soutien aux PME africaines, à l’exportation, à l’entrepreneuriat numérique et à l’intégration des startups africaines dans les chaînes de valeur mondiales.

Pour les écosystèmes numériques africains, ces désengagements posent un double risque : moins de financements, mais aussi moins d’expertise technique et d’accès aux marchés internationaux.

Climat, biodiversité et numérique : un retrait à fort impact structurel

L’Afrique figure parmi les régions les plus vulnérables aux changements climatiques, alors même qu’elle en est l’un des plus faibles émetteurs. Le retrait des États-Unis de mécanismes centraux comme la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat et la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques pourrait freiner l’accès de nombreux pays africains aux financements climatiques, aux données scientifiques et aux programmes de transition énergétique.

Or, ces mécanismes sont de plus en plus liés aux politiques numériques, notamment en matière de données environnementales, d’IA appliquée au climat, de systèmes d’alerte précoce et de smart agriculture.

Une recomposition géopolitique aux effets ambivalents pour l’Afrique

Dans son exposé des motifs, Donald Trump assume un rejet clair de ce qu’il qualifie « d’agendas globalistes », accusés de diluer la souveraineté nationale et de gaspiller les ressources des contribuables américains. Cette posture ouvre cependant une nouvelle phase de recomposition géopolitique.

Pour l’Afrique, ce retrait américain pourrait :

  • renforcer l’influence d’autres puissances comme la Chine, l’Union européenne ou les pays du Golfe au sein des institutions multilatérales ;
  • pousser certains États africains à diversifier davantage leurs partenariats stratégiques ;
  • accélérer la recherche de solutions africaines, africainement financées et pilotées.

Mais il comporte aussi des risques importants, notamment une réduction des financements concessionnels, un affaiblissement des cadres normatifs internationaux et une fragmentation accrue des règles du jeu global, y compris dans le numérique.

Vers une souveraineté africaine plus assumée ?

Paradoxalement, cette décision américaine pourrait servir d’électrochoc pour l’Afrique. En se retirant de nombreuses enceintes multilatérales, Washington oblige indirectement le continent à repenser sa dépendance structurelle aux financements extérieurs et à renforcer ses propres institutions régionales, qu’il s’agisse de l’Union africaine, des communautés économiques régionales ou des agences spécialisées.

Dans un monde de plus en plus fragmenté, la souveraineté numérique, économique et institutionnelle de l’Afrique ne pourra plus être une simple rhétorique. Elle devra s’appuyer sur des capacités locales, des données maîtrisées, des infrastructures numériques solides et une diplomatie économique plus affirmée.

La décision de Donald Trump marque ainsi un tournant majeur. Pour l’Afrique, elle constitue à la fois un risque immédiat et une opportunité stratégique de long terme.

Par Digital Business Africa

 

La liste claire et vérifiée des institutions internationales ayant un lien direct avec l’Afrique dont les États-Unis se retirent selon le mémorandum présidentiel du 7 janvier 2026, avec pour chacune son rôle précis sur le continent.

liste des institutions

Institutions du système des Nations unies directement liées à l’Afrique

  1. Commission économique pour l’Afrique (CEA / ECA)
    Organe régional de l’ONU chargé de l’appui aux politiques économiques africaines, de l’intégration régionale, de l’industrialisation, du numérique et de la ZLECAf.
  2. Bureau du Conseiller spécial pour l’Afrique
    Interface stratégique entre l’ONU, les États africains et les partenaires internationaux pour la coordination des priorités du continent.
  3. Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED)
    Acteur clé pour les politiques commerciales africaines, l’économie numérique, l’investissement, la dette et la transformation structurelle.
  4. Centre du commerce international (ITC)
    Soutien direct aux PME africaines, à l’export, à l’entrepreneuriat, aux startups et à l’intégration dans les chaînes de valeur mondiales.
  5. Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA)
    Intervient massivement en Afrique sur la démographie, la santé reproductive, les données populationnelles et les politiques sociales.
  6. Programme des Nations unies pour les établissements humains (ONU-Habitat)
    Acteur central des politiques urbaines africaines, des villes intelligentes, de l’urbanisation durable et de la gouvernance locale.
  7. Université des Nations unies (UNU)
    Formation, recherche appliquée et renforcement des capacités, notamment en Afrique sur le numérique, la gouvernance et le développement durable.
  8. Bureau du Conseiller spécial pour les enfants et les conflits armés
    Très actif en Afrique, continent le plus concerné par les conflits armés suivis par l’ONU.
  9. Bureau du Représentant spécial sur la violence sexuelle en conflit
    Présent sur plusieurs théâtres africains, avec des programmes de prévention, de suivi et de justice transitionnelle.
  10. Bureau du Représentant spécial sur la violence contre les enfants
    Actions ciblées en Afrique sur la protection de l’enfance dans les contextes de crise et de post-conflit.

Institutions climatiques et environnementales cruciales pour l’Afrique

  1. Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC)
    Cadre central pour l’accès de l’Afrique aux financements climatiques, à l’adaptation et aux mécanismes de transition énergétique.
  2. Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC / IPCC)
    Production de données scientifiques utilisées par les États africains pour leurs politiques climatiques et agricoles.
  3. Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES)
    Essentielle pour les politiques de biodiversité, de ressources naturelles et d’agriculture durable en Afrique.
  4. Union internationale pour la conservation de la nature (UICN)
    Très présente en Afrique sur les aires protégées, la biodiversité, la gestion des ressources et les projets environnementaux.
  5. Organisation internationale des bois tropicaux (ITTO)
    Lien direct avec plusieurs pays africains producteurs de bois tropical et les politiques forestières.

Institutions intergouvernementales à impact africain indirect mais structurant

  1. Forum intergouvernemental sur les mines, minéraux, métaux et développement durable
    Important pour les pays africains riches en ressources minières et la gouvernance extractive.
  2. Institut international pour la démocratie et l’assistance électorale (International IDEA)
    Accompagnement des processus électoraux, des institutions démocratiques et de la gouvernance en Afrique.
  3. Organisation internationale du droit du développement (IDLO)
    Travaille sur l’État de droit, la justice, la gouvernance numérique et institutionnelle dans plusieurs pays africains.

Lecture stratégique pour l’Afrique

Le retrait des États-Unis de ces institutions signifie concrètement pour l’Afrique :

  • une réduction potentielle des financements multilatéraux,
  • un affaiblissement de l’expertise technique internationale,
  • une recomposition des rapports de force au sein du système onusien,
  • mais aussi une opportunité de renforcer les mécanismes africains et la souveraineté institutionnelle du continent.

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