[DIGITAL Business Africa] – Au-delà de son ambition de faire du Bénin un exportateur de solutions technologiques, Romuald Wadagni consacre une place stratégique à un autre levier souvent sous-estimé : l’économie de la création de contenus. Dans son projet de société présenté ce samedi 21 mars 2026 à Cotonou, le candidat de la majorité propose une transformation en profondeur du secteur des médias et des industries culturelles, avec l’objectif de structurer un écosystème compétitif, créateur de valeur et d’emplois.
Avec son projet de “Content City”, Romuald Wadagni veut structurer une véritable industrie des contenus au Bénin. Formation, production, financement et monétisation : le candidat mise sur un écosystème intégré pour faire émerger un hub africain de la création numérique.
Face à la montée des fake news, à la fragmentation des audiences et à la faible structuration des filières créatives, Wadagni entend faire émerger un modèle où les contenus deviennent un véritable actif économique, au service de l’influence culturelle et du développement numérique du pays.
Une réponse à la désinformation et à la fragilité des médias
Le programme prévoit le déploiement de plusieurs initiatives pour améliorer la qualité de l’information et renforcer les capacités des acteurs du secteur. Parmi les mesures phares figure la création d’une application de contenus audiovisuels publics, accessible gratuitement, notamment en langues locales, afin de toucher les populations les plus vulnérables.
En parallèle, des programmes de formation seront mis en place pour structurer un vivier de professionnels capables de produire des contenus diversifiés et de qualité. Un programme d’éducation aux médias est également envisagé, avec un accent particulier sur les jeunes, afin de leur permettre de mieux décrypter l’information et de lutter contre les fausses nouvelles.
Le projet inclut aussi un renforcement de la collaboration entre l’État et les médias, avec des mécanismes de soutien à la production de contenus éducatifs et un meilleur financement du secteur.
Vers une industrie structurée de la création de contenus
Au cœur de la stratégie figure la création d’une zone spéciale dédiée aux créateurs de contenus, un espace de plusieurs hectares conçu comme un hub de production multimédia.
Cette “Content City” regrouperait des studios de production (y compris virtuels intégrant l’intelligence artificielle), des espaces dédiés à l’animation, aux jeux vidéo et aux contenus interactifs. L’ambition est de créer un environnement intégré où créateurs, producteurs et investisseurs peuvent collaborer efficacement.
Le projet prévoit également la mise en place d’une école spécialisée, en partenariat avec des institutions internationales de référence, pour former une nouvelle génération de créateurs capables de répondre aux standards mondiaux.
Des programmes d’incubation viendront compléter le dispositif, en offrant mentorat, accès aux équipements et opportunités de financement.
Un modèle économique pour monétiser les contenus africains
Au-delà de la production, le projet de Romuald Wadagni s’attaque à une problématique clé : la monétisation des contenus.
Des accords avec les plateformes de distribution et les réseaux sociaux sont envisagés pour garantir des conditions de rémunération plus équitables pour les créateurs. Des mécanismes de co-production devraient également permettre de financer des projets à plus grande échelle.
La mise en place d’un label “Bénin Originals” vise à valoriser les contenus locaux et à faciliter leur exportation vers d’autres marchés. Dans le même temps, un cadre renforcé de protection de la propriété intellectuelle est prévu, avec un accompagnement juridique pour les créateurs dans la gestion de leurs droits.
Enfin, des dispositifs de bourses et de résidences artistiques sont annoncés pour attirer et retenir les talents, notamment dans le cadre d’événements structurants à portée internationale.
Un levier d’influence et de souveraineté culturelle
À travers cette approche, le candidat inscrit la création de contenus dans une logique plus large de souveraineté numérique et culturelle. L’objectif est double : renforcer l’identité culturelle béninoise tout en positionnant le pays sur les marchés internationaux de l’économie créative.
Dans un contexte où les plateformes globales dominent la diffusion des contenus, la capacité à produire, distribuer et monétiser des contenus locaux devient un enjeu stratégique. Le projet présenté à Cotonou traduit ainsi une volonté de faire du Bénin non seulement un hub technologique, mais aussi un acteur influent dans l’économie mondiale des contenus.
Reste à savoir si cette vision ambitieuse pourra se traduire en résultats concrets, dans un secteur où les défis de financement, de régulation et de compétitivité restent particulièrement élevés.
Par Beaugas ORAIN DJOYUM








