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CM14 : L’Afrique et l’Asie du Sud et centrale subiraient des pertes de 6 à 6,5 % de leurs PIB en cas de dissolution de l’OMC [SG de la CCI]

[DIGITAL Business Africa] – La rumeur sur la dissolution de l’OMC enfle. Le secrétaire général de la Chambre de commerce internationale ne veut pas entendre parler de l’obsolescence de l’Organisation mondiale du Commerce.

En prélude à la cérémonie d’ouverture officielle de la 14ᵉ conférence ministérielle (CM14)ce 25 mars 2026 à Yaoundé, John WH Denton AO, SG de la Chambre de commerce internationale et représentant de plus de 45 millions d’entreprises dans plus de 170 pays a rappelé les risques de la dissolution de l’OMC.

« Une étude d’Oxford Economics commandée par la CCI montre que la dissolution de l’OMC entraînerait une baisse permanente du PIB des pays en développement de plus de 5 %. L’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud et centrale subiraient des pertes de 6 à 6,5 %.

Il ne s’agit pas de chiffres abstraits. Ce sont des emplois, des moyens de subsistance et des progrès en matière de développement, fruits de décennies d’efforts. Ici, au Cameroun, et sur tout le continent, le système commercial multilatéral n’est pas un enjeu géopolitique, mais un outil essentiel au développement », a-t-il dit.

Isaac Ouro-Nimini Hansen, Trade Policy Adviser at the National Board of Trade, explique les principaux défis auxquels l’OMC est confrontée aujourd’hui.

« L’OMC est confrontée à de nombreux défis, dont le principal est peut-être l’incapacité de ses membres à s’entendre sur de nouvelles règles commerciales pour répondre aux besoins d’une économie mondiale en mutation ».

« Les accords multilatéraux – accords négociés et adoptés par tous les membres de l’OMC – ont traditionnellement constitué le principal moyen d’élaborer de nouvelles règles commerciales mondiales. Le problème est qu’il est devenu de plus en plus difficile de parvenir au consensus nécessaire entre 166 membres aux intérêts et priorités divers ».

Le SG de la CCI ajoute à ces défis le non-respect des trois fonctions essentielles de l’OMC. À savoir la négociation, le règlement des différends et la délibération. Et d’ajouter que les membres ont des attentes de plus en plus différentes vis-à-vis du système, et certains ne le considèrent plus comme l’outil adéquat pour défendre leurs intérêts.

« Nous assistons à un niveau d’incertitude inédit, alimenté par les tensions géopolitiques, les conflits, les mesures unilatérales, les différends non résolus et des règles qui n’ont pas su s’adapter à l’évolution de l’économie mondiale. La situation a profondément changé depuis la création de l’OMC en 1995, et la réponse doit être à la hauteur de cette réalité », a-t-il dit.

John WH Denton AO, secrétaire général de la CCI, a dévoilé quelques réformes prévues par l’OMC pour soigner le mal. Notamment la prise de décision, le rôle des accords plurilatéraux et le traitement spécial et différencié. Selon lui, leur levée permettra à l’OMC de déployer pleinement son rôle de négociation sur tous les autres sujets : commerce numérique, services, agriculture.

Il rappelle aussi l’urgence des solutions créatives, « notamment des approches à géométrie variable qui puissent tenir compte de la véritable diversité des membres tout en préservant l’intégrité du système ».

Une note d’espoir pour la survie de l’OMC, c’est l’opérationnalisation du Fonds « Women Exporters in the Digital Economy ». Selon la directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Ngozi Okonjo-Iweala, le premier versement de subventions du fonds WEIDE a été effectué pour un montant total de 1,7 million de dollars. Près de 300 femmes entrepreneures bénéficient déjà de ce soutien, combinant assistance technique ciblée et aide financière directe.

Par Jean Materne Zambo

 

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