Camtel booste les capacités de la fibre optique installée sur le long du pipeline Tchad-Cameroun 

[Digital Business Africa] – Les utilisateurs de l’Internet installés dans les régions du Nord et de l’Extrême-Nord Cameroun, mais aussi du Tchad auront désormais une meilleure connexion et de moins de moins les perturbations du réseau Internet.

Les capacités de la fibre optique installée sur le pipeline Tchad-Cameroun qui dessert ces zones ont été optimisées par Camtel. Tous les fournisseurs d’accès Internet opérant dans ces zones ont désormais plus de capacités. Ils s’agit de Camtel en premier lieu, mais également des opérateurs Orange, MTN, Sotel Tchad et SudaTchad qui avaient longtemps sollicité plus de capacités à Camtel. L’on est donc passé de 10 Gbps à 120 Gbps de capacités disponibles pour ces opérateurs, explique Camtel.

Camtel a présenté aux médias comment et pourquoi cette optimisation a été opérée. C’était ce mardi 07 mars 2023 à son siège à Camtel.Camtel booste les capacités de la fibre optique installée sur le long du pipeline Tchad-Cameroun

Et c’est Dieudonné Onomo, chef de projet Retransmission à la Business unit Transport de Camtel, accompagné des équipes de la Division de la Communication et des Relations publiques de Camtel coiffée par Éric Benjamin Lamère, qui a donné des précisions aux journalistes.

Optimisation par les ingénieurs de Camtel

D’après Dieudonné Onomo (photo), cette optimisation de la fibre optique de Camtel qui est en réalité la migration du pipeline Kribi-Zamengoe-Gangui en WDM a été entièrement faite par les équipes de Camtel à un montant de 42 millions de francs Cfa sans compter les frais d’achat du matériel adéquat pour l’opération. Car Camtel disposait déjà de ce matériel-là. Il ne manque pas de rappeler que les coûts de service des partenaires comme Huawei pour ces mêmes tâches sont très chers et que Camtel a beaucoup économisé en utilisant l’expertise de ses ingénieurs.

L’objectif visé de cette opération étant l’amélioration des capacités sur la dorsale septentrionale, la réponse favorable à la demande croissance et en attente des opérateurs, mais surtout la stabilité des communications électroniques dans les régions septentrionales et au Tchad. Résultat aujourd’hui, la transformation de la fibre optique du pipeline sur l’axe Zamengoé– Gangui de SDH en DWDM (voir explication au bas de l’article), l’augmentation des capacités entre Yaoundé et Gangui et la stabilisation trafic dans le grand nord et au Tchad.

De 10 Gbps à 120 Gbps

Dieudonné Onomo raconte les raisons de cette migration vers plus de capacités : « La fibre optique qui a été posée par COTCO sur le long du pipeline Tchad-Cameroun est une fibre très stable. Elle est dans une zone délimitée à gauche et à droite où l’on n’a pas accès. La profondeur est plus grande. Tout cela créée moins de risques. Mais, ce réseau était bas débit (SDH).

Entre Kribi-Yaoundé et Zamengoue-Yaoundé jusqu’à Gangui, à l’époque la capacité était seulement de 10 Gbps. Ce que nous appelons SDH. Sur une autoroute par exemple, vous avez le traffic des camions, des mini-bus, des cars et divers types de véhicules. Vous devez les prendre au même moment pour qu’ils arrivent à destination, les transportant d’un point A vers un point B.

Camtel booste les capacités de la fibre optique installée sur le long du pipeline Tchad-CamerounIl faut avoir un mécanisme pour les regrouper de manière cohérente de bout en bout afin qu’il n’y ait pas de collusion entre ces différents véhicules et pour qu’ils arrivent normalement à bon port. On appelle cela les techniques de multiplexage.

Avec toutes les plaintes qu’il y avait entre Yaoundé et Douala, entre Kribi et Edéa, entre Yaoundé et Bafoussam, on avait un réseau moins résilient, parce qu’il était bas débit. Mme la DG de Camtel a donc décidé l’an dernier de mettre en place ce projet exécuté par les ingénieurs de Camtel. Une première, car par le passé, on faisait appel aux partenaires Huawei ou Alcatel pour son implémentation. La DG a donc demandé que toute la migration de Kribi-Zamengué-Yaoundé-Zamengoué-Gangui soit faite par les ressources de Camtel ».

A ce jour avec la concrétisation de ce projet, sur le pipeline Tchad-Cameroun, Camtel est donc passé de 10 Gbps à 120 Gbps. « C’est quand même un grand bond, se réjouit Dieudonné Onomo. Ce qui permet que les services qui vont vers le Nord, vers l’Extrême-Nord et vers le Tchad peuvent donc passer à partir du pipeline. A l’époque, ces services étaient autour de 80 Gbps. Aujourd’hui, les 120 Gbps permettent de transporter tous les services qui quittent de Kribi pour Yaoundé et de Yaoundé vers Maroua et vers le Tchad. Orange, MTN, Sotel Tchad et SudaTchad faisaient la pression pour avoir les capacités supplémentaires, car 10Gbps c’était petit. C’était l’élément déclencheur qui a motivé la hiérarchie de Camtel à mettre en œuvre ce projet. Et aujourd’hui, tous sont satisfaits. »

50 milliards de F.CFA à lever pour les investissements en 2023

Camtel ne s’arrêtera pas là, rassure Eric benjamin Lamère. Il annonce que toujours dans le cadre de l’investissement dans les infrastructures, Camtel a déjà lancé des appels à manifestation d’intérêt pour recruter des structures qui vont installer la fibre optique à domicile (FTTH) dans de nombreuses villes du pays.

Pour lui, Camtel entend renouer avec l’investissement absent de ses stratégies depuis plus d’une décennie. « En matière d’investissement dans le secteur du mobile par exemple, Camtel envisage de réduire considérablement le fossé qui le sépare avec les autres opérateurs mobiles. Nous sommes en train de lever une cinquantaine de milliards de Francs Cfa pour l’extension du réseau mobile en 2023. Si les autres opérateurs sont à environ 2000 BTS, avec les 500 BTS que nous avons installés en trois ans et si nous mettons en place 500 BTS par an, vous voyez que nous allons rapidement rattraper notre retard et conquérir le marché de la 4G », indique-t-il.

Des investissements qui permettront à Camtel d’engranger davantage de clients et de propulser son chiffre d’affaires à 450 milliards de francs Cfa en 2025. C’est en tout cas le vœu et l’ambition des décideurs de Camtel.

Par Digital Business Africa

Camtel booste les capacités de la fibre optique installée sur le long du pipeline Tchad-CamerounBon à savoir :

A propos du DWDM

Selon la communauté FS, le DWDM (Dense Wavelength Division Multiplexing) est considéré comme l’une des meilleures technologies pour augmenter la largeur de bande sur une installation à fibre optique existante. Elle permet de créer plusieurs “fibres virtuelles” sur une fibre physique. Pour ce faire, elle transmet différentes longueurs d’onde (ou couleurs) de la lumière le long d’un tronçon de fibre.

Le DWDM a d’abord été adopté par les opérateurs longue distance parce que les dépenses liées à l’amplification, à la compensation de la dispersion et à la régénération représentaient la majeure partie du coût des équipements de réseau dans les réseaux SONET régionaux et nationaux.

Le DWDM est devenu de plus en plus populaire dans les réseaux métropolitains lorsque les opérateurs locaux ont développé leurs réseaux. Outre l’épuisement des fibres, le volume du trafic est le principal facteur économique du déploiement de la technologie DWDM dans les réseaux métropolitains.

A propos du SDH

Le SDH (Synchronous Digital Hierarchy ou en français hiérarchie numérique synchrone) est un groupe de taux de transmission par fibre optique qui transporte des signaux numériques avec des capacités différentes. La technologie SDH permet de combiner des flux de données à faible débit avec des flux de données à haut débit.

En outre, comme l’ensemble du réseau est synchrone, elle permet aux utilisateurs d’incorporer et d’extraire relativement facilement des flux de bits individuels à partir de flux de données à haut débit.

SDH est la version du secteur de la normalisation des télécommunications de l’Union internationale des télécommunications de la norme SONET (Synchronous Optical Network). Ces deux technologies permettent des interconnexions de réseaux plus rapides et moins coûteuses que les équipements traditionnels de la hiérarchie numérique plésiochrone (PDH).

La SDH est utilisée dans les systèmes de transmission pour le réseau numérique à intégration de services à large bande et pour le transport de cellules en mode de transfert asynchrone, d’agrégations Ethernet, de signaux PDH, de signaux de réseaux de stockage et d’autres signaux de communication.

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