Abega Moussa : « Mboa-Store veut donner une place aux développeurs africains d’applications mobiles »

Directeur général de MGSoft, il dévoile le positionnement de Mboa-Store, sur le marché mondial des applications mobiles.
 
Vous êtes promoteur de MGSoft, une entreprise spécialisée dans le développement des applications mobiles. Qu’est-ce qui vous a poussé à vous intéresser à ce secteur ?
Les appareils mobiles qui arrivent en  Afrique Ne sont pas adaptées pour une utilisation africaine. Pour nous, il  faut qu’on retrouve à l’intérieur de ces smartphones et tablettes, des contenus africains, parce que généralement ils viennent avec des contenus européens et asiatiques qui ne sont pas toujours utiles.
Nous présentons une alternative, qui est le Mboa-Store, une espèce de boutique en ligne des applications mobiles africaines. Pour que nous puissions développer toute une industrie des applications mobiles avec des contenus africains. De manière à ce que, lorsque quelqu’un cherche à partir de son smartphone ou sa tablette, une application mobile, quel que soit le domaine, la catégorie, mais qui concerne l’Afrique, il va sur le Mboa-Store, en étant sûr qu’il va la trouver.
Si on comprend bien, vous voulez faire du Mboa-Store, le Google Play africain. Avec quels moyens comptez-vous-y parvenir ?
Nous ne sommes pas concurrents des plateformes qui existent. Nous sommes une alternative. Les plateformes existantes reçoivent aussi des contenus venant de l’Afrique, mais elles manquent de visibilité. Si vous prenez par exemple Google Play qui a environ 1,5 millions d’applications mobiles, on retrouve à peine 10 000 applications mobiles africaines. Vous voyez que les applications mobiles sont noyées dans cette grande masse-là.
On veut donner une voix, une place aux développeurs africains, on veut donner une opportunité aux entreprises africaines de pouvoir elles-aussi développer des applications mobiles et communiquer avec la clientèle. Et donc, loger leurs applications dans le Mboa-Store en toute confiance.
Qu’apporte le Mboa-Store, par rapport aux autres boutiques en ligne comme Google Play ?
Quand vous dealez avec les américains, vous n’êtes pas toujours très sûrs de la transaction commerciale, financière, etc. Alors qu’avec une entreprise de droit soit camerounais, sénégalais, etc., il y a une proximité. Vous avez la certitude qu’en logeant votre application sur le Mboa-Store, vous savez où ils sont situés, vous avez les contacts, et vous avez l’assurance qu’en cas de litige, on peut facilement saisir.
Mettre son application dans le Mboa-Store se fait gratuitement, contrairement aux autres plateformes. Nous avons un seul critère, c’est de s’assurer que l’application soit vendable. Parce que le Mboa-Store en tire 30% des ressources.
Comme on l’a dit, si un développeur parvient à vendre son application à 1,5 million de clients à 500 F.Cfa seulement l’application, ça lui génère 750 millions de F.Cfa. Et le Mboa-Store tirant 30%, ça lui rapporte 222 millions de FCFA. Donc il y a là un business plan intéressant.
Lorsqu’on prend le cas du Cameroun, on constate que le marché des applications mobiles n’est pas très fleurissant. Comment MGSoft, avec son Mboa-Store, peut-il faire pour dynamiser ce secteur ?
C’est le challenge de la fracture numérique. Les autres ont pris une avance par rapport à l’Afrique, et ils continuent d’avancer. Cela se répercute également au niveau des contenus. Pour que nous atteignions 1,5 million d’applications mobiles en Afrique, il faudra qu’on travaille beaucoup, il faudra du temps.
Aujourd’hui, le Mboa-Store contient seulement 34 applications mobiles. Mais au Cameroun c’est énorme. L’objectif est d’amener les autres à venir nourrir, alimenter le Mboa-Store pour qu’il y ait plus de contenus, pour que nous apportions aussi notre contribution à la civilisation numérique mondiale qui se construit. Il ne faut pas que l’Afrique loupe également ce coche-là.
Propos recueillis par Frégist Bertrand
 
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