[DIGITAL Business Africa] – La Direction de l’Automatisation des Fichiers (DAF) du Sénégal a mordu à l’hameçon du groupe de hackers « THE GREEN BLACK GROUP ». 139 téraoctets de données ont été volés début février 2026. La DAF est un service stratégique de l’État sénégalais qui gère les données d’identité (état civil), la production des cartes nationales d’identité, des informations sensibles liées aux citoyens sénégalais.
Les informations biométriques de citoyens sénégalais, des informations liées à l’immigration, des fichiers sensibles constituaient les données en circulation sur le et. Ces données ont été cryptées (rendues illisibles), puis transférées vers le Dark Web.
Mais dans la soirée du 9 février 2026, l’abonné « Saxx » sur son compte X a publié des pièces visiblement authentiques pouvant exposer des données personnelles de millions de citoyens.


On peut voir des extraits de naissance, des copies de carte d’identité nationale, des extraits de copie littérale, des extraits du registre des actes de naissance.
Saxx semble en savoir un peu plus. Il redoute d’ailleurs le pire.
« Je crains qu’une publication totale des données du piratage de la DAF dans les prochaines semaines ne mène à la création de filières parallèles de faux papiers…
Outre mes inquiétudes, au-delà des 18 millions de Sénégalais concernés, c’est aussi les ressortissants d’autres pays impactés… et je ne parle pas d’autres corporations plus stratégiques et critiques touchées par cette cyberattaque…
Les répercussions de cette cyberattaque pourraient être terribles, mais seulement visibles dans les prochains mois ! »
Une déclaration qui indique clairement que la DAF s’apprête à subir un chantage. Certaines sources évoquent une demande de rançon de 6 milliards de FCFA .
Clément Domingo, spécialiste en cybersécurité, a donné une explication à la montée de la cybercriminalité en Afrique.
« Le Sénégal n’est pas particulièrement vulnérable », mais « la numérisation grandissante » de l’Afrique entraîne des hausses des attaques informatiques. « Il y a une énorme méconnaissance de nos dirigeants et de la population : on pense qu’il n’y a pas de cyberattaques en Afrique. Personne n’en parle. C’est un biais où on se dit qu’il ne se passe rien sur le continent africain. C’est totalement faux, c’est même le contraire aujourd’hui », explique-t-il.
« L’Afrique est devenue, depuis quelques mois, le ”bac à sable” des cybercriminels. C’est là où ils testent leurs nouvelles armes. Des États, des entreprises et donc des cybercriminels ont compris que ce taux grandissant de numérisation de l’Afrique en fait un continent de plus en plus exposé. Et le Sénégal n’en réchappe pas », insiste Clément Domingo.
Il convient de rappeler que si les données personnelles sont compromises, les risques incluent : l’usurpation d’identité, la fraude administrative, les arnaques ciblées, l’atteinte à la vie privée.
Par Jean Materne Zambo








