[DIGITAL Business Africa] – Le discours d’ouverture de l’année judiciaire placé sous le signe du numérique. « Le juge face au défi du numérique”. C’est le thème de cette rentrée des cours et des tribunaux de ce 23 janvier 2026. Pour certains observateurs, le choix n’est pas anodin. Pour S.E Bassirou Diomaye Faye, président de la République du Sénégal, c’est une manière de reconnaître les sacrifices ayant conduit à la troisième République.
Conscient de l’essor fulgurant des technologies de l’information et de la communication comme l’IA, Bassirou Diomaye invite toute la chaîne judiciaire à s’adapter à cette révolution technologique, qui transforme profondément le secteur de la justice.
« Nous vivons dans un monde interconnecté qui nous impose son rythme. Tous les États, les institutions ainsi que leurs administrations qui refusent de s’y plier seront laissées inéluctablement en rade et risquent par conséquent d’être rapidement submergées et dépassées. Par ailleurs, il faut relever que dans l’entreprise de modernisation de la justice, le juge n’agit pas seul.
Il intervient dans une chaîne de plusieurs acteurs qui lui permet de rendre son office conformément à la loi et aux attentes des usagers. Dans ce cadre, l’usage optimal du numérique est subordonné à d’autres facteurs que sont des palais de justice adaptés aux réalités du numérique, une connectivité sécurisée et continue et des machines adaptées et sécurisées.
Il est donc urgent d’accélérer la mise en oeuvre du schéma directeur de l’usage du numérique dans la justice pour bien prendre en compte tous ces facteurs » , a-t-il indiqué.
Le chef de l’ Etat a marqué son incertitude quant au respect de certaines normes comme l’indépendance, l’impartialité, la réserve, la loyauté, le secret des délibérations, la probité, la dignité, entre autres.
Bassirou Diomaye Faye a prescrit aux acteurs de la justice d’adapter les curriculums de formation, de revisiter les référentiels éthiques et déontologiques, de renforcer la culture de la sécurité numérique et de s’approprier pleinement les outils technologiques.
Des mesures qui visent, selon le président Faye, à bâtir une justice moderne, robuste et proactive, capable de contenir, d’anticiper et de juguler les risques inhérents aux technologies de l’information et de la communication.
Mais il y a des préalables à respecter. Notamment une connectivité sécurisée et continue et des machines adaptées et sécurisées. Sans quoi de graves dangers et attaques malveillantes pourraient entraver « dangereusement » l’office du juge.
Par Jean Materne Zambo







