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Robert Staiger à la CM14 : «  L’ Afrique représente – 0,5 % des investissements mondiaux en capital-risque dans l’IA ».

[Digital Business Africa]- Joint par courrier électronique, l’économiste en chef de l’OMC a répondu aux questions de DIGITAL Business Africa sur les prévisions de l’OMC en matière de commerce mondiale. Selon le rapport de l’organisation, on pourrait assister à un ralentisement de la croisance du commerce mondial en 2026, assorti d’une baisse des investissements liés à l’IA. Robert Staiger évoque aussi les freins au blocage de la ZLECAf.

Digital Business Africa: Bonjour, monsieur Staiger. Hier, vous avez formulé des prévisions concernant le commerce mondial et les investissements liés à l’IA. Vous estimez désormais que ces investissements pourraient diminuer d’ici 2026. Quels sont les facteurs qui vous amènent à cette conclusion ?

Robert Staiger: Notre rapport indique que les investissements dans les produits liés à l’IA ont été un moteur majeur de la croissance du commerce mondial en 2025. Nous ne disons pas que les investissements liés à l’IA diminueront nécessairement en 2026.

Mais nos prévisions de base supposent que la croissance de ces investissements se modérera quelque peu en 2026 par rapport à l’essor observé en 2025, ce qui contribuera à la modération de la croissance du commerce mondial par rapport à 2025 que nous prévoyons dans notre scénario de base pour 2026.

Digital Business Africa: Malgré son faible taux d’investissement dans l’IA, l’Afrique profite de l’essor mondial de cette technologie. Comment expliquer cela ? Comment le continent peut-il rivaliser avec les États-Unis ou la Chine en matière d’investissement dans l’IA ?

Robert Staiger: Notre rapport indique que le commerce africain bénéficie effectivement de l’essor mondial de l’IA. De nombreux biens essentiels à l’IA, tels que les semi-conducteurs et les puces, étant largement exemptés des nouveaux droits de douane, la forte hausse mondiale des investissements technologiques a contribué à maintenir une demande soutenue pour les matières premières et les minerais africains, composants essentiels de ces chaînes de valeur technologiques.

Toutefois, des efforts supplémentaires sont nécessaires pour permettre à l’Afrique de gagner en importance dans la chaîne de valeur de l’IA pour le commerce de marchandises. Comme le souligne notre rapport, l’Afrique représente actuellement moins de 0,5 % des investissements mondiaux en capital-risque dans l’IA.

On observe des signes de progrès dans le secteur des services numériques : les pays africains ont enregistré une forte croissance des services informatiques, les entreprises du monde entier ayant adopté les outils d’IA et ayant besoin de davantage de capacités de traitement des données et de support logiciel.

Investir dans les infrastructures permettant à l’Afrique de tirer pleinement parti de ces avantages comparatifs dans les produits liés à l’IA l’aidera à profiter de la croissance continue des investissements dans ce domaine.

Digital Business Africa: Nous savons que le commerce électronique s’accompagne souvent de fraudes en ligne telles que le vol de données personnelles, les fausses publicités ou les escroqueries… Quel est le coût de ces fraudes pour le commerce mondial ? Et comment l’OMC protège-t-elle les acteurs du commerce électronique ?

Robert Staiger: Ces questions sont intéressantes et importantes, mais notre rapport ne les aborde pas car il porte sur d’autres sujets ; je n’ai donc pas d’éléments particuliers à apporter à ce sujet sur la base de notre rapport.

Digital Business Africa: En l’absence d’un accord unanime entre tous les membres sur le moratoire sur le commerce électronique, pensez-vous que l’accord entre les 66 membres puisse être considéré comme une alternative ?

Robert Staiger: Bien que ce soit une question intéressante, je ne suis pas vraiment en mesure de répondre à ce genre d’hypothèses.

Digital Business Africa: Pour conclure cet entretien, évoquons la ZLECAf, la Zone de libre-échange continentale africaine. À votre avis, il s’agit d’un marché précieux pour les Africains. Pourquoi sa mise en œuvre est-elle si longue ? L’OMC peut-elle soutenir les États africains dans la mise en œuvre effective de cette zone de libre-échange ?

Robert Staiger: Les grands projets d’intégration commerciale prennent du temps car ils ne se limitent pas à la signature d’un accord ; ils nécessitent également une coordination douanière, des règles d’origine, des infrastructures, des systèmes de paiement, une logistique efficace, une harmonisation réglementaire et un suivi politique rigoureux.

Cela est particulièrement vrai pour un projet continental aussi ambitieux que la ZLECAf. Cela étant dit, même si l’OMC ne peut pas mettre en œuvre la ZLECAf pour ses membres, elle peut les aider dans leurs efforts en la matière grâce à une assistance technique, un soutien à la facilitation des échanges, des données, la transparence, le renforcement des capacités et un dialogue politique.

 

Propos recueillis par Jean Materne Zambo 

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