[Digital Business Africa] – La Journée mondiale de la radio, célébrée ce vendredi 13 février autour du thème « Radio et intelligence artificielle », offre l’occasion d’interroger en profondeur la transformation technologique en cours dans les médias audiovisuels. Au Cameroun, le débat s’est invité sur les antennes de la CRTV, à travers un entretien entre le journaliste Blaise Anicet ABEGA NDENGUE et le président du Conseil national de la Communication, Joseph CHEBONGKENG KALABUBSE.
Au cœur des échanges, l’intelligence artificielle apparaît à la fois comme un levier de modernisation et un défi éthique pour la radio camerounaise. Pour Joseph Chebonkeng, l’IA ne doit pas être perçue comme une menace, mais comme une évolution technologique inévitable : « On ne peut pas s’en passer parce que c’est l’évolution technologique de notre temps ». Il souligne toutefois la nécessité de préserver l’essence du média, rappelant que la radio reste indissociable de la voix humaine : « L’algorithme des voix synthétiques générées par l’intelligence artificielle ne doit pas nous faire perdre ce côté humain ».
Sur le plan opérationnel, le président du CNC met en avant les apports concrets de l’IA dans la production radiophonique. Selon lui, « la machine nous facilite la tâche », en réduisant les hésitations dans la création des programmes et en abaissant les coûts de production, un enjeu majeur pour les radios locales et communautaires. Mais, cette automatisation doit rester encadrée, afin que la technologie complète le travail journalistique sans l’effacer.
Face aux risques liés à la désinformation, le président du CNC précise la posture du régulateur : « Le Conseil national de la communication n’interdit pas l’utilisation de l’intelligence artificielle ; nous jugeons les médias par rapport au contenu. » Une manière de rappeler que l’IA, si elle est mal utilisée, peut devenir un vecteur industriel de fake news, mais que la responsabilité éditoriale demeure avant tout humaine.
Dans un paysage médiatique marqué par la convergence numérique et la montée en puissance des réseaux sociaux, le président du CNC insiste sur la nécessité de maîtriser les dérives : « Les discours de haine baissent dans les médias classiques, mais augmentent sur les réseaux sociaux ». Pour lui, l’enjeu est clair : faire de l’intelligence artificielle un outil d’amplification de la qualité et de la crédibilité de la radio, et non un facteur de fragmentation sociale.
À l’heure où la radio camerounaise entre dans l’ère de l’IA, le message est sans ambiguïté : l’innovation technologique est une opportunité, à condition de rester au service de l’humain et de l’éthique journalistique.
Par Loïc SOUOP









