[DIGITAL Business Africa] – Le Projet d’Accélération de la Transformation Numérique au Cameroun (PATNUC) a officiellement rétrocédé, ce mardi 6 janvier 2026, deux plateformes de contrôle de la qualité de service (QoS) des réseaux de communications électroniques à l’Agence de régulation des télécommunications (ART), lors d’une cérémonie organisée à l’immeuble Platinum, siège de l’ART à Yaoundé.
Présidée par la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, cette cérémonie marque une étape importante dans le renforcement des capacités techniques du régulateur. Elle s’est tenue en présence du coordonnateur national du PATNUC, Dr Fuaye Kenji Winfred Mfuh, d’un représentant de la Banque mondiale, partenaire du projet, du top management de l’ART, ainsi que de responsables institutionnels et de représentants de la presse.
Une acquisition stratégique au cœur de la transformation numérique
Prenant la parole, le coordonnateur national du PATNUC, Dr Fuaye Kenji Winfred Mfuh, a présenté la rétrocession comme l’aboutissement d’un processus structurant pour la transformation numérique du pays. « Cette cérémonie marque l’aboutissement du processus de passation des marchés publics ayant permis l’acquisition d’une plateforme de pointe dédiée à la mesure et au suivi de la qualité de service », a-t-il déclaré.
Selon lui, l’acquisition couvre la fourniture, l’installation et la mise en service de deux plateformes offrant « une solution évolutive, modulaire et robuste pour la collecte et l’analyse des données relatives à la couverture et à la qualité de service des réseaux 2G, 3G, 4G et 5G », avec une ouverture vers les technologies émergentes, « notamment celles basées sur les satellites en orbite basse ».
Des outils techniques complets et immédiatement opérationnels
Dans le détail, Dr Fuaye Kenji Winfred Mfuh précise que « la solution comprend les équipements de mesure nécessaires, les outils de tests sur le terrain (drive tests) ainsi que les logiciels associés ». Elle intègre également « une suite logicielle de post-traitement, d’analyse et de reporting de la qualité de service des réseaux, une infrastructure centralisée, ainsi que les licences et ressources informatiques requises ».
Le coordonnateur du PATNUC a insisté sur la dimension opérationnelle du dispositif : « Les équipes ont été formées à l’utilisation de ces équipements et sont désormais prêtes à être déployées sur le terrain », a-t-il assuré, indiquant que « l’un des premiers usages majeurs de cette solution sera le suivi de la qualité de service dans les sites où ils seront déployés ». L’acquisition inclut par ailleurs une année d’assistance technique.
Un levier pour répondre à la problématique persistante de la qualité de service
Pour le coordonnateur du PATNUC, l’impact attendu va bien au-delà du renforcement matériel.
« Nous sommes convaincus que ces investissements renforceront significativement les capacités opérationnelles du régulateur et constitueront un levier déterminant pour répondre au problème récurrent de la mauvaise qualité de service », a-t-il déclaré.
Ces outils doivent également « améliorer la planification du spectre et préparer le régulateur aux enjeux de la 5G et de la fourniture d’accès Internet via les satellites en orbite basse ».
L’ART s’engage à une utilisation rigoureuse des plateformes
Dans son discours, le directeur général de l’ART, Pr Philémon Zoo Zame, a salué une avancée majeure pour l’institution. « L’acquisition des deux plateformes de contrôle de la qualité de service, financée dans le cadre du PATNUC, est un geste fort que nous saluons avec déférence. Ces équipements de pointe viennent répondre à un besoin crucial », a-t-il déclaré.
Dans un marché marqué par une exigence croissante des consommateurs, ces outils permettront, selon lui, « de renforcer les capacités de la régulation, le contrôle et le suivi des activités des opérateurs ». « Grâce à cette rétrocession, nous pourrons faire un saut qualitatif dans l’exécution de notre mission régalienne de régulation, contrôle et suivi des activités des opérateurs au Cameroun », a-t-il ajouté.
Des engagements fermes face aux attentes des usagers
Face à la ministre, le DG de l’ART a pris des engagements clairs. « Nous mesurons pleinement la valeur et l’importance stratégique de ce matériel », a-t-il affirmé, s’engageant fermement à ce que les plateformes soient utilisées « de manière optimale et rigoureuse », déployées pour garantir le respect des cahiers de charges par les opérateurs télécoms, et maintenues durablement afin de répondre à « l’ambition du Chef de l’État de faire du Cameroun une nation numérique émergente ».
Il a également reconnu que la qualité de service demeure un défi majeur, annonçant notamment « l’audit de la fibre optique », dont les résultats devront permettre à l’ART de formuler des propositions pertinentes en réponse aux attentes des consommateurs.
Pour la ministre, la QoS est devenue un indicateur stratégique
De son côté, Minette Libom Li Likeng a replacé la rétrocession dans un contexte de transformation accélérée des usages numériques. « Aujourd’hui, avec l’essor fulgurant du numérique, la diversification des usages et l’accroissement constant des attentes des consommateurs, la qualité de service s’impose plus que jamais comme un indicateur stratégique », a-t-elle souligné.
Selon la ministre, la QoS n’est plus seulement une exigence technique appliquée aux réseaux par les opérateurs, mais un paramètre déterminant pour « la confiance des usagers, la compétitivité des acteurs du marché et la crédibilité de l’action publique en matière de régulation ».
Vers une régulation fondée sur des données objectives et transparentes
Dans un environnement marqué par la convergence des réseaux et l’exigence accrue de transparence, la ministre a insisté sur la nécessité de disposer de données « objectives, exhaustives et vérifiables ». Ces données constituent désormais, selon elle, « le socle d’une régulation moderne, crédible et fondée sur les faits ».
C’est précisément dans cette logique que s’inscrit la rétrocession des plateformes de contrôle de la QoS. Elles permettront au régulateur de « collecter, analyser et exploiter, en toute autonomie, des données fiables et harmonisées sur la performance réelle des réseaux », offrant ainsi à l’ensemble de l’écosystème une meilleure visibilité sur la qualité des services fournis.
Un enjeu central pour la crédibilité du secteur numérique
Opérationnel depuis mars 2023, le PATNUC vise à accélérer la transition digitale du Cameroun à travers le renforcement des infrastructures, l’inclusion numérique, la modernisation des services publics et le développement d’un écosystème innovant. La rétrocession de ces plateformes de contrôle de la qualité de service s’inscrit dans cette ambition.
Pour l’ART, l’enjeu est désormais de transformer ce renforcement technique en résultats concrets et perceptibles par les usagers, dans un contexte où la qualité de service demeure l’un des sujets les plus sensibles du débat public sur les communications électroniques au Cameroun.
Par Digital Business Africa









