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Matthew Wilson [Barbade] à la CM14 de l’OMC à Yaoundé : « Nous souhaitons un programme de travail ambitieux sur le commerce électronique » 

[Digital Business Africa] – L’ambassadeur de la Barbade auprès de l’OMC, des Nations unies et d’autres organisations internationales à Genève, en Suisse a pris part à la 14e conférence ministérielle de l’OMC à Yaoundé. Dans cet entretien avec Digital Business Africa, Matthew Wilson donne son avis la CM14 et les décisions qui sont prises en vue développer le commerce électronique pour tous les pays.

Digital Business Africa : Quelle importance accordée vous à cet événement ?

Matthew Wilson : Je suis ravi d’être ici au Cameroun, qui accueille la 14e Conférence ministérielle de l’OMC. C’est un événement majeur, car il offre aux ministres du Commerce du monde entier l’occasion de se réunir et de discuter de questions importantes liées au commerce, au développement et au multilatéralisme. Il est donc particulièrement important et impressionnant qu’un pays en développement comme le Cameroun, membre des États ACP, accueille cette conférence de grande envergure. Je suis ici pour représenter la Barbade et coordonner le groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique afin de veiller à ce que nos intérêts soient pris en compte lors des discussions qui se tiennent ici au Cameroun.

Digital Business Africa : Quel est votre regard sur le commerce électronique en ce moment ?

Matthew Wilson : Le commerce électronique est extrêmement important. C’est un moyen de commercialiser vos biens et services. C’est aussi un moyen d’aider les entrepreneurs, les jeunes hommes et femmes, à prospérer grâce au commerce en leur fournissant les outils numériques nécessaires pour mieux produire, consommer plus intelligemment et exporter vers le monde entier tout ce que vous produisez ici, vos produits exceptionnels, vos denrées alimentaires, etc.

Le commerce électronique est donc une plateforme formidable pour rapprocher le Cameroun du reste du monde et faire découvrir l’excellence camerounaise au monde entier.

Digital Business Africa : Cette thématique reste préoccupante au niveau de l’OMC, quelle est la position de votre pays à ce sujet ?

Matthew Wilson : Nous sommes actuellement en pleine discussion et négociation à l’OMC concernant le moratoire sur le commerce électronique. La Barbade reconnaît l’intérêt du maintien du moratoire et, à l’instar de nombreux autres États d’Afrique et des Caraïbes, a déposé un document auprès de l’OMC demandant sa poursuite. Nous souhaitons un programme de travail ambitieux sur le commerce électronique, axé sur le développement. Nous sommes heureux de voir comment cela se concrétise ici à Yaoundé. Le maintien du moratoire est essentiel.

Digital Business Africa : Pourquoi est-il important de le maintenir ?

Matthew Wilson : Il est important, car il offre aux jeunes entrepreneurs, notamment, la possibilité d’acquérir les compétences, les capacités et la confiance nécessaires pour investir et commercialiser des produits numériques. L’absence de taxes douanières à la frontière est un facteur crucial pour le développement de ces industries, de ces secteurs, en particulier pour les jeunes.

Digital Business Africa : Que représente d’après vous cet accord provisoire de l’OMC sur le commerce électronique signé par 66 membres ?

Matthew Wilson : Eh bien, il s’agit de ce que l’on appelle un accord plurilatéral au sein de l’OMC. Cela signifie qu’un groupe de pays souhaitant investir dans la négociation d’un accord dans un domaine particulier est libre de le faire. Cela signifie toutefois qu’il s’agit d’un sous-ensemble des membres de l’OMC, mais tous les membres de l’OMC peuvent bénéficier des règles et réglementations négociées dans le cadre de ces accords plurilatéraux.

Bien que la Barbade ne fasse pas partie de cet accord plurilatéral, nous en comprenons l’importance et nous soutenons ces pays afin qu’ils puissent le mettre en œuvre efficacement.

Il est primordial, à mon avis, de protéger les données personnelles. Comme vous le savez, les données représentent un pouvoir considérable, et la confiance est essentielle pour les citoyens.

Il est donc indispensable de mettre en place une réglementation de sécurité appropriée, des mécanismes adéquats et de veiller à ce que chacun comprenne l’utilisation qui sera faite de ses données.

Comme je l’ai dit, il s’agit d’une forme de contrat, d’une relation de confiance entre le gouvernement et les citoyens qui confient leurs données. La Barbade est un petit pays, certes, mais qui abrite une jeunesse incroyablement innovante, désireuse d’investir dans le numérique. Elle souhaite participer à la création, à l’utilisation et à la consommation des technologies numériques. Elle aspire à pouvoir vendre ses biens et services au-delà des frontières de la Barbade.

Discuter des enjeux du commerce électronique et du numérique, y compris de l’intelligence artificielle et de son potentiel pour un commerce plus intelligent et avoir accès à l’information et aux données est un aspect essentiel du travail que nous menons ici à l’OMC.

Ces discussions sont donc cruciales pour tous les pays, mais particulièrement pour les petits pays en développement, comme ceux des Caraïbes et du continent africain.

Digital Business Africa : Quelle est la relation entre la Barbade et l’Afrique ?

Matthew Wilson : Nous mettons tout en œuvre pour approfondir les relations entre les Caraïbes et l’Afrique. La Première ministre, Mme Amor Mottley, a fait de ce renforcement des liens commerciaux, culturels et humains une priorité de son gouvernement.

Au cours des dix dernières années, nous avons ouvert deux ambassades en Afrique, au Ghana et au Kenya, et nous avons multiplié les échanges culturels et commerciaux entre la Barbade et de nombreux pays africains. Nous souhaitons que cela se poursuive. Nous vous considérons comme un membre de notre famille caribéenne.

Propos recueillis par Ghislaine Deudjui et Jean Materne Zambo

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Par ailleurs, ne manquez pas la première édition du Salon de l’e-Gouvernance et de l’innovation digitale en Afrique (E-Gov’A), qui se tiendra du 14 au 16 mai 2026 à Yaoundé, sous le haut patronage du Ministère camerounais des Postes et Télécommunications.

Organisé par l’association Smart Click Africa et Digital Business Africa, cet événement réunira décideurs publics, organismes de développement, institutions publiques, entreprises, experts et acteurs privés de l’Afrique autour du thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique cashless et paperless ».

Plus d’infos sur www.e-gov.africa et via mail [email protected].

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