[Digital Business Africa] – L’Inde a annoncé, le vendredi 6 février, la signature de protocoles d’accord avec 23 pays, dont six pays africains, pour renforcer la coopération autour des infrastructures publiques numériques (Digital Public Infrastructure – DPI). Les accords portent sur l’identité numérique, les paiements électroniques, l’échange de données et les plateformes de services publics dématérialisés.
Les pays africains concernés sont la Sierra Leone, la Tanzanie, le Kenya, l’Éthiopie, la Gambie et le Lesotho. Ils pourront répliquer ou adapter les plateformes de gouvernance numérique indiennes via India Stack Global, un portail donnant accès à 18 solutions numériques clés.
Parmi les principales plateformes figurent Aadhaar (identité biométrique), UPI (paiements instantanés), DigiLocker (documents numériques certifiés), e-Hospital, e-Office, eCourts et DIKSHA. D’autres solutions couvrent la vaccination, la santé numérique, le partage sécurisé des données, les achats publics, la télémédecine, la gestion des finances publiques, la formation, l’emploi et la planification des infrastructures.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte où de nombreux pays africains misent sur les DPI comme levier de modernisation de l’action publique, d’inclusion financière et d’accès élargi aux services essentiels. L’Inde s’impose dans ce domaine comme un acteur de référence, ses plateformes desservant environ 1,3 milliard de personnes. Le système UPI est déjà opérationnel dans plusieurs pays, dont les Émirats arabes unis, Singapour, le Bhoutan, le Népal, le Sri Lanka, la France, Maurice et le Qatar.
Selon l’indice mondial de développement de l’e-gouvernement des Nations unies (EGDI) 2024, l’Inde est classée 97ᵉ mondiale avec un score de 0,6678 sur 1, au-dessus de la moyenne mondiale (0,6382) et africaine (0,4247). Dans le sous-indice des services en ligne, elle affiche un score de 0,8184 sur 1.
Toutefois, cet engouement pour le modèle indien de DPI n’est pas sans risques. Dans une étude publiée en octobre 2025, le Forum économique mondial (WEF) alerte sur des vulnérabilités en matière de cybersécurité, évoquant notamment des fuites de données ayant touché plus de 20 millions de citoyens, des tentatives de fraude biométrique et des risques en cascade liés à l’interconnexion des services autour d’Aadhaar.
Face à la montée des cybermenaces visant les infrastructures critiques, le WEF souligne la nécessité de concevoir des DPI sécurisées dès l’origine, afin de préserver l’intégrité des systèmes, la confiance des citoyens et la souveraineté des données, dans un contexte marqué par la fraude à l’identité synthétique, les biais algorithmiques et les cyberattaques dopées à l’intelligence artificielle.
Par Loïc SOUOP









