[DIGITAL Business Africa] – Lors de l’AI Impact Summit 2026, le ministre indien de l’Union pour l’Électronique et les Technologies de l’information, Ashwini Vaishnaw, a abordé la question cruciale de l’utilisation responsable de l’intelligence artificielle et de la protection des droits de propriété intellectuelle dans le développement des modèles d’IA.
Dans une discussion avec l’ancien diplomate américain Charles Rivkin, Vaishnaw a souligné que les modèles de base d’IA, entraînés à partir de données disponibles dans le domaine public (livres, articles scientifiques, films, vidéos et autres contenus), soulèvent des défis complexes pour récompenser équitablement les créateurs tout en favorisant l’innovation.
« Les modèles de base sont formés à partir des connaissances disponibles dans le domaine public : livres, périodiques, revues, films, vidéos et toutes autres sources de contenu. Ce modèle constitue-t-il la meilleure façon de récompenser les créateurs ? Des améliorations sont-elles possibles ? Faut-il mettre en place les garde-fous nécessaires pour garantir un juste équilibre entre propriété intellectuelle et innovation ? », a souligné le ministre, posant ainsi des questions fondamentales sur la gouvernance et l’éthique de l’IA.
Pour Vaishnaw, une simple réglementation ne suffirait pas à répondre à ces enjeux. « Cela exigerait un consensus important et la création d’outils technologiques. Pour des problèmes aussi complexes, nous avons besoin de solutions technico-juridiques, c’est-à-dire des solutions qui prennent en compte les lois tout en intégrant des garde-fous techniques et des mécanismes d’équilibrage dans les modèles d’IA et dans leur déploiement », a-t-il expliqué.
Le ministre a précisé que son ministère collabore étroitement avec le secteur privé pour identifier les structures techniques et juridiques appropriées. Il a également insisté sur le fait que ces discussions devraient être menées à l’échelle mondiale, avec un consensus entre pays afin de créer un cadre harmonisé et efficace.
Soulignant l’importance d’une protection solide des droits d’auteur pour renforcer la confiance des investisseurs et stimuler l’innovation, Charles Rivkin a ajouté : « Lorsque les droits ne sont pas clairs, la tolérance au risque est faible », tout en rappelant la rapidité avec laquelle l’intelligence artificielle évolue.
Cet échange met en lumière la complexité de la gouvernance de l’IA et la nécessité d’un équilibre entre propriété intellectuelle, innovation et sécurité. Alors que l’IA continue de se déployer dans tous les secteurs, la recherche de solutions technico-juridiques et d’un consensus mondial apparaît comme un défi prioritaire pour les États et l’industrie, qui doivent collaborer pour établir des standards fiables et équitables.
Par Loïc SOUOP









