[DIGITAL Business Africa] – La Côte d’Ivoire franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son administration publique. Dans un contexte marqué par la montée en puissance des investissements dans les énergies renouvelables, les autorités accélèrent la dématérialisation des procédures administratives liées au secteur énergétique, avec l’ambition de bâtir un écosystème public plus agile, transparent et compétitif.
Le 20 février à Abidjan, la Direction générale de l’énergie a procédé au lancement officiel d’une plateforme numérique dédiée aux demandes d’attestations d’exonération de TVA (taxe sur la valeur ajoutée), de TOB (taxe sur les opérations bancaires) et de droits de douane pour les équipements d’énergies renouvelables. À travers cet outil, les importateurs et porteurs de projets peuvent désormais soumettre leurs dossiers en ligne, suivre en temps réel l’évolution de leurs requêtes et interagir directement avec l’administration.
Pour Narcisse Kalifa Éhouman, directeur général de l’Énergie, cette plateforme constitue « une avancée majeure dans la transformation numérique de l’administration énergétique ». Développée en étroite collaboration avec le Guichet unique du Commerce extérieur, elle vise à fluidifier les échanges entre l’État et les opérateurs économiques, tout en renforçant la transparence et la traçabilité des décisions.
Au-delà de la simplification des démarches, l’enjeu est économique. En centralisant et en automatisant le traitement des demandes d’exonération, les autorités entendent réduire les délais d’instruction, limiter les coûts indirects et sécuriser l’environnement réglementaire des projets solaires, éoliens et hybrides. Cette optimisation administrative pourrait contribuer à améliorer la bancabilité des projets et à renforcer l’attractivité du marché ivoirien pour les investisseurs nationaux et internationaux.
L’initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation digitale de l’action publique. Ces dernières années, l’État ivoirien a accéléré l’automatisation des formalités du commerce extérieur, étendu les services fiscaux en ligne et intégré progressivement des outils numériques dans la gestion des services publics économiques. La digitalisation des exonérations énergétiques apparaît ainsi comme une brique supplémentaire dans la construction d’un gouvernement pleinement numérique.
Elle intervient également dans un contexte de transition énergétique accélérée. La Côte d’Ivoire ambitionne de porter la part des énergies renouvelables à environ 42 % à 45 % de son mix électrique d’ici 2030, à travers le déploiement de nouvelles centrales solaires et d’infrastructures énergétiques structurantes destinées à accompagner la croissance de la demande en électricité.
En combinant réforme administrative et stratégie énergétique, Abidjan envoie un signal limpide : la transformation numérique devient un levier central de compétitivité et un accélérateur de la transition verte. À terme, les autorités envisagent d’étendre cette dématérialisation à d’autres procédures sectorielles, avec pour objectif de généraliser le suivi en ligne des démarches stratégiques et d’ancrer durablement la culture du e-gouvernement au cœur de l’action publique.
Par Loic SOUOP








