[Digital Business Africa] – Malgré des progrès notables dans le déploiement des réseaux mobiles, l’accès effectif à l’internet haut débit reste encore limité au Sénégal. Alors que la 4G couvre environ 97 % de la population et que la 5G se développe progressivement dans les grandes agglomérations, seuls 8,16 millions de Sénégalais, sur près de 18 millions d’habitants, utilisent aujourd’hui l’internet mobile haut débit.
C’est dans ce contexte que les autorités sénégalaises envisagent de nouvelles solutions complémentaires aux infrastructures existantes. Lors de son message à la nation, le 31 décembre 2025, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a annoncé le lancement, à partir de 2026, d’un programme de déploiement d’antennes satellitaires. Cette initiative vise à offrir un accès gratuit à Internet à près d’un million de personnes, en priorité dans les zones rurales et les quartiers périphériques encore insuffisamment couverts par les réseaux terrestres.
Selon la GSMA, l’Association mondiale des opérateurs mobiles, le Sénégal figure parmi les pays les mieux couverts de la sous-région en matière de réseaux mobiles. Le pays compte environ 9,9 millions d’utilisateurs de services mobiles, soit 52 % de la population. Toutefois, la couverture ne se traduit pas toujours par un usage effectif. Le coût des services, la qualité de la connexion et les contraintes d’accès dans certaines zones continuent de limiter l’adoption du haut débit mobile.
Le satellite comme solution complémentaire
L’extension de la fibre optique à l’ensemble du territoire national demeure un projet complexe, nécessitant des investissements importants et des délais conséquents. Dans ce contexte, les solutions satellitaires de nouvelle génération, notamment celles reposant sur des constellations en orbite basse, apparaissent comme une alternative complémentaire. Elles offrent la possibilité d’une mise en service plus rapide, y compris dans les zones difficiles d’accès. Si les modalités d’utilisation des antennes annoncées n’ont pas encore été précisées, leur potentiel dépasse le simple accès à Internet.
Des bénéfices attendus dans plusieurs secteurs
Dans le domaine de l’éducation, une meilleure connectivité pourrait faciliter l’accès aux ressources pédagogiques en ligne, encourager les cours à distance et réduire les inégalités entre établissements urbains et ruraux. Pour les élèves et étudiants, l’internet devient un appui important à la continuité des apprentissages.
Dans le secteur de la santé, l’internet satellitaire pourrait soutenir le développement de la télémédecine, favoriser les échanges entre structures sanitaires et améliorer le suivi des patients, notamment dans les zones enclavées. Il constitue également un outil utile pour la formation continue du personnel soignant et la gestion des situations d’urgence.
Sur le plan économique, l’accès à Internet représente une opportunité pour les petits entrepreneurs, commerçants et agriculteurs, en facilitant l’accès à l’information, aux paiements numériques et aux marchés en ligne. Pour l’administration, cette connectivité renforcée peut contribuer à accélérer la dématérialisation des services publics et à rapprocher les citoyens des démarches administratives.
À travers cette approche, le Sénégal entend compléter ses infrastructures existantes et progresser vers une connectivité plus inclusive. Le recours au satellite s’inscrit ainsi comme un levier supplémentaire pour accompagner le développement des usages numériques et renforcer l’intégration des populations encore peu connectées, à l’horizon 2026.
Par Loïc SOUOP









