[DIGITAL Business Africa] – La transformation numérique des administrations burundaises franchit une nouvelle étape stratégique avec le lancement officiel, le 17 février 2026 à Bujumbura, de la version web du Guichet Unique Électronique (GUE) pour la gestion des permis d’importation, opérationnellement intégré avec un module spécialisé pour les produits pharmaceutiques et médicaux. Cette initiative est pilotée par l’Office Burundais des Recettes (OBR) en collaboration avec TradeMark Africa et la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), avec pour objectif d’améliorer la transparence, la traçabilité des opérations commerciales et la compétitivité économique du pays.
La nouvelle plateforme web permet désormais aux importateurs et exportateurs de soumettre leurs demandes de permis en ligne, de suivre l’avancement de leurs dossiers en temps réel et d’effectuer les paiements sans déplacement physique, réduisant ainsi significativement les contraintes logistiques et les coûts liés aux procédures manuelles. Elle centralise les interactions entre les différentes autorités gouvernementales impliquées, notamment l’Autorité burundaise de régulation des médicaments à usage humain et des aliments (ABREMA) chargée du contrôle de qualité et de conformité des produits de santé ainsi que les instances en charge des certifications sanitaires, phytosanitaires et des autorisations douanières.
Le GUE web dispose d’un tableau de bord interactif qui offre aux opérateurs économiques une visibilité complète sur leurs dossiers, avec calcul automatique des frais et possibilité de paiements en devises. Cette intégration vise à réduire les délais d’instruction, à renforcer la transparence et à éliminer les frictions administratives, conformément aux bonnes pratiques recommandées par la CNUCED sur les systèmes de guichets uniques électroniques, qui améliorent également le partage d’informations entre agences et assurent une application uniforme des droits et taxes.
Cette modernisation s’inscrit dans la stratégie nationale de transformation numérique des services publics du Burundi, qui vise à réduire les délais administratifs, à fluidifier les échanges commerciaux et à renforcer la compétitivité de l’économie dans un contexte régional de libre circulation des biens et services. L’introduction du module ABREMA dans le GUE web prolonge les efforts précédents d’intégration du système douanier ASYCUDA World – un logiciel de gestion des données douanières développé par la CNUCED et adopté par plus d’une centaine d’économies dans le monde et s’aligne avec les ambitions du pays de rejoindre un Territoire douanier unique régional.
L’utilisation de cette plateforme devient exclusive pour les importateurs de produits pharmaceutiques qui doivent désormais s’y conformer pour obtenir leurs autorisations, marquant une étape décisive vers la dématérialisation complète des démarches réglementaires. Selon des rapports antérieurs, l’intégration des modules électroniques a permis de réduire drastiquement les délais de traitement des permis, souvent de plusieurs jours à moins de 48 heures, tout en améliorant l’accès aux données commerciales en temps réel et en renforçant la transparence.
La digitalisation du GUE contribue également à fluidifier les échanges entre les agences réglementaires et les entreprises, facilitant l’application des normes sanitaires et phytosanitaires, et soutient les réformes destinées à intégrer le Burundi dans des initiatives régionales et continentales d’intégration commerciale. Dans plusieurs pays de la région, tels que le Rwanda, le Kenya, l’Ouganda ou le Zimbabwe, des guichets uniques interconnectés avec les systèmes douaniers en ligne ont déjà montré des gains significatifs en termes de réduction des coûts et des délais de dédouanement.
Cette initiative place le Burundi dans la dynamique régionale de facilitation du commerce électronique et de modernisation des procédures douanières, renforçant l’efficacité des opérations, la transparence des flux et la compétitivité de son économie dans un environnement commercial de plus en plus numérisé.
Par Loic SOUOP









