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50 milliards de F.CFA pour l’emploi des jeunes et les femmes : ce que prévoit la loi de finances 2026… et ce qui reste à faire

[DIGITAL Business Africa] – L’annonce d’un fonds de 50 milliards FCFA en faveur de l’emploi des jeunes suscite de nombreux commentaires au Cameroun, entre attentes sociales, lectures politiques et approximations sur les réseaux sociaux. Le sujet a pris une dimension particulière lorsque le président de la République, SE Paul Biya, a rappelé la création de ce fonds dans son discours à la Nation du 31 décembre 2025. Ce soir, s’adressant aux jeunes dans son traditionnel message à la veille de la fête de la Jeunesse, le président a à nouveau fait allusion à ces 50 milliards de francs CFA.

« Je vous ai promis, lors de mes récentes prises de parole, que votre insertion dans le marché du travail, serait l’un des principaux chantiers de ce septennat.

Tel est le sens du Plan spécial de promotion de l’emploi des jeunes que j’ai récemment annoncé. Des dispositifs incitatifs y afférents ont d’ores et déjà été élaborés par le gouvernement. L’objectif en étant de bâtir une véritable synergie entre l’Etat, le secteur privé et le reste de la société, en matière de création d’emplois, en faveur des jeunes.

Je voudrais à cet égard citer, entre autres, les exemptions fiscales accordées aux entreprises qui recrutent des jeunes diplômés, la dotation de 50 milliards de Francs CFA prévue par la loi des finances, pour promouvoir l’entrepreneuriat des jeunes, le relèvement de la subvention du Fonds National de l’Emploi, et les mesures prises pour l’insertion des jeunes dans la réalisation des travaux à haute intensité de main-d’œuvre, financés par l’Etat », a déclaré le Chef de l’Etat ce 10 février 2026.

Depuis le début de l’année 2026, de nombreux jeunes nous ont demandé comment seront répartis et accordés ces 50 milliards de F.CFA.

Que prévoit exactement la Loi de finances 2026 ? S’agit-il d’un simple effet d’annonce ou d’un dispositif juridiquement encadré, doté de ressources identifiées et d’objectifs précis ? Décryptage de Digital Business Africa, texte à l’appui.

Un Fonds spécial explicitement créé par la loi

La Loi de finances 2026 institue formellement un compte d’affectation spéciale dédié à l’autonomisation économique des femmes et à la promotion de l’emploi des jeunes. L’article quarante-huitième dispose :

« Il est ouvert un compte d’affectation spéciale intitulé “Fonds Spécial pour l’autonomisation économique des femmes et la promotion de l’emploi jeune”. »

Ce Fonds n’est donc pas une ligne budgétaire générique, mais un mécanisme juridique spécifique, créé par la loi.

À quoi servent concrètement ces ressources ?

Le même article précise l’objet du Fonds et la nature des dépenses éligibles, notamment :

• le renforcement du cadre juridique, en vue de la création d’un environnement favorable à l’égalité des sexes dans le monde du travail et de l’économie, ainsi qu’à l’emploi jeune ;

• la promotion des politiques économique et sociale favorables à l’autonomisation économique des femmes et à l’emploi jeune ;

• le soutien de l’entrepreneuriat des femmes et des jeunes et leur accès au numérique et au crédit ;

• la promotion de l’éducation et la formation et le renforcement des compétences des femmes et des jeunes.

Ces 50 milliards FCFA ont donc vocation à soutenir un ensemble de politiques publiques structurantes liées à l’employabilité, à l’entrepreneuriat et à l’inclusion économique des jeunes.

Le plafond de 50 milliards FCFA fixé par la loi pour 2026

La Loi de finances 2026 fixe explicitement le plafond des ressources mobilisables pour l’exercice 2026. L’article soixante-et-unième dispose :

« Le plafond des ressources destinées à approvisionner le Fonds spécial pour l’autonomisation économique des femmes et la promotion de l’emploi jeune est fixé à F.CFA cinquante milliards (50 000 000 000) pour l’exercice 2026. »

Il s’agit donc d’un plafond légalement acté, inscrit noir sur blanc dans la loi.

D’où proviennent les ressources du Fonds ?

La loi indique que le Fonds est alimenté par :

• des dotations issues du budget de l’État ;

• des contributions des partenaires techniques et financiers ;

• des dons et legs ;

• toutes autres ressources susceptibles de lui être affectées conformément à la législation en vigueur.

Il s’agit donc d’un Fonds à financement mixte, combinant ressources publiques et partenariats.

50 milliards pour l’emploi jeune : un signal politique, un enjeu d’exécution

En 2026, ce Fonds spécial figure parmi les enveloppes thématiques les plus importantes prévues par la Loi de finances 2026, aux côtés du Fonds Routier (60 milliards FCFA) et des fonds de reconstruction des zones économiquement sinistrées. Ce qui traduit une priorité politique pour l’emploi des jeunes et de l’autonomisation économique des femmes.

Toutefois, la réussite du dispositif dépendra notamment :

• de la publication rapide des textes d’application attendus ;

• de la qualité de la gouvernance du Fonds ;

• de la capacité à transformer l’enveloppe budgétaire en programmes concrets, créateurs d’emplois durables.

Ce que la loi ne détaille pas

La Loi de finances 2026 ne précise pas :

• la liste des projets financés ;

• les secteurs prioritaires ;

• les indicateurs d’impact en termes d’emplois créés.

Ces éléments relèvent de la phase d’opérationnalisation, à venir via des textes d’application et des dispositifs sectoriels de mise en œuvre.

Un texte du MINFI attendu pour préciser la gestion du Fonds

La Loi de finances 2026 prévoit expressément que les modalités concrètes de gestion et d’utilisation des ressources du Fonds seront précisées par un texte du ministre des Finances. Autrement dit, si la loi crée le Fonds et fixe son plafond, ce sont des actes réglementaires du MINFI qui viendront définir :

• l’architecture de gouvernance du Fonds ;

• les mécanismes d’allocation des financements ;

• les critères d’éligibilité des projets ;

• les procédures de décaissement et de contrôle.

Le texte attendu du MINFI conditionne donc l’effectivité réelle des 50 milliards FCFA annoncés.

Si l’on en croît au président, c’est imminent. Car, dit-il, les dispositifs incitatifs y afférents ont d’ores et déjà été élaborés par le gouvernement.

« ICT Media STRATEGIES et Smart Click Africa ont vocation à s’inscrire dans les dispositifs publics de soutien à l’emploi des jeunes. La création de ce Fonds ouvre une opportunité structurante pour les jeunes comme nous de consolider nos projets à impact. À condition que les mécanismes d’accès et de gouvernance garantissent transparence, efficacité et redevabilité », commente Beaugas Orain DJOYUM, DG d’ICT Media STRATEGIES et par ailleurs président de l’association Smart Click Africa.

Digital Business Africa, votre plateforme d’informations stratégiques sur les TIC, les télécoms et le numérique en Afrique, poursuivra son travail de décryptage rigoureux, fondé sur les textes officiels et les faits vérifiables, afin d’informer les décideurs, les professionnels du numérique et les jeunes, tout en luttant contre la désinformation liée aux politiques publiques et à la transformation numérique.

Par Digital Business Africa

 

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