[DIGITAL Business Africa] – L’Afrique ne veut plus être simple consommatrice de technologies d’intelligence artificielle. Elle ambitionne désormais d’en devenir un acteur structurant. C’est dans cette dynamique que le groupe de la Banque africaine de développement (BAD), en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), a dévoilé le 23 février 2025 à Nairobi une initiative majeure destinée à mobiliser jusqu’à 10 milliards de dollars pour accélérer le développement de l’IA sur le continent.
Présentée lors du Nairobi AI Forum 2026, l’« Initiative 10 milliards USD pour l’IA » s’inscrit dans une stratégie de transformation structurelle visant à faire de l’intelligence artificielle un levier de croissance inclusive, de compétitivité et de souveraineté numérique. Les financements seront progressivement mobilisés jusqu’en 2035, à travers un partenariat associant institutions financières de développement, gouvernements africains et investisseurs privés.
Pour la BAD, l’objectif est d’éviter un décrochage technologique du continent à l’heure où l’IA redessine les chaînes de valeur mondiales.
« En tant qu’institution multilatérale de développement de premier plan, le Groupe de la BAD tire parti de son avantage comparatif pour s’assurer que l’Afrique ne soit pas laissée pour compte à l’ère de l’IA », a déclaré Nicholas Williams, chef de la Division des opérations TIC du Groupe. Il souligne que l’initiative doit catalyser des investissements structurants capables d’accélérer l’entrepreneuriat technologique, de consolider les écosystèmes de données et d’infrastructures, et de soutenir une croissance inclusive à l’échelle continentale.
La feuille de route élaborée par la BAD repose sur cinq leviers stratégiques : le développement d’infrastructures de données fiables et interopérables, le renforcement des capacités de calcul et d’informatique, la formation de talents spécialisés, la consolidation d’un cadre de confiance réglementaire et l’amélioration de l’accès au capital pour les start-up et entreprises innovantes. Les investissements viseront notamment les centres de données, les infrastructures de calcul haute performance, le financement de jeunes pousses technologiques ainsi que des programmes de formation avancée.
Selon les projections de la BAD, ces investissements pourraient contribuer à la création de jusqu’à 40 millions d’emplois et générer près de 1 000 milliards de dollars supplémentaires sur le PIB du continent à l’horizon 2035. Une phase de mobilisation auprès des gouvernements et des investisseurs internationaux doit désormais transformer cette annonce en engagements financiers concrets.
À travers cette initiative, la BAD et le PNUD affichent une ambition claire : positionner l’Afrique comme un acteur crédible de la nouvelle économie mondiale de l’intelligence artificielle, en faisant de l’IA un moteur de développement durable, d’innovation et d’inclusion.
Par Loic SOUOP









