[DIGITAL Business Africa] – À l’occasion de la cérémonie de présentation des vœux de Nouvel An 2026 le 19 février au ministère des Postes et Télécommunications, la ministre Minette Libom Li Likeng a livré un discours fortement orienté vers l’accélération de la transformation numérique de l’État camerounais, le déploiement responsable de l’intelligence artificielle et le renforcement de la cybersécurité, dans la droite ligne de l’ambition du Chef de l’État, S.E. Paul Biya, pour faire du numérique un levier de performance publique, de souveraineté et de croissance.
Dès l’entame, la ministre a rappelé l’orientation présidentielle pour 2026, citant le message du Chef de l’État à la Nation du 31 décembre 2025 : « Nous accorderons parallèlement une attention encore plus soutenue au développement du numérique… ». Elle a souligné que cette orientation constitue « une véritable feuille de route pour l’action gouvernementale », engageant l’ensemble des acteurs publics et privés à faire du numérique un moteur de croissance, d’inclusion sociale et de création d’emplois.

Vision présidentielle et transformation numérique de l’État
Minette Libom Li Likeng a insisté sur la cohérence de l’action gouvernementale avec la vision portée par Paul Biya, rappelant que « le Président de la République n’a eu de cesse d’insister, en diverses circonstances, sur l’importance de l’économie numérique ». Elle a également mis en exergue les avancées de 2025 dans le cadre du Projet d’Accélération de la Transformation Numérique du Cameroun (PATNUC), qui traduisent la volonté de concrétiser la vision présidentielle visant à faire de l’économie numérique « un moteur de l’économie nationale ».
Sur le fond, la ministre a réaffirmé l’alignement avec la SND30, qui vise notamment à « moderniser l’administration publique par la transformation digitale des procédures, des services et des modes de gestion, afin d’améliorer l’efficacité et la transparence de l’action publique » et à « promouvoir la gouvernance électronique en déployant des plateformes numériques intégrées au service des citoyens, des entreprises et des administrations ».
Elle y associe l’exigence de souveraineté numérique et la réduction de la fracture numérique, en appelant à « accroître l’inclusion numérique afin de réduire la fracture territoriale, sociale et générationnelle ».

Intelligence artificielle, levier stratégique de modernisation
La ministre a placé l’intelligence artificielle au cœur de la modernisation de l’action publique. Revenant sur l’atelier d’imprégnation organisé en amont de la cérémonie, elle a rappelé que l’objectif était « d’analyser les enjeux liés à l’intégration de l’intelligence artificielle dans l’administration publique camerounaise, d’en identifier les opportunités et les conditions de mise en œuvre, et de définir une feuille de route nationale ».
Elle a tranché sans ambiguïté : « l’intelligence artificielle constitue désormais un enjeu stratégique majeur pour la modernisation de l’action publique, tant du point de vue de la performance administrative, de la qualité du service rendu au citoyen, que du renforcement de la souveraineté numérique nationale ». Et de préciser la portée de la rupture technologique en cours : « L’intelligence artificielle ne se résume pas à une simple innovation technologique. Elle constitue un changement de paradigme… ». Dans ce contexte, la ministre estime que « le Cameroun ne saurait rester en marge » et appelle à une action publique « cohérente, anticipative et coordonnée ».

Cybersécurité et confiance numérique, condition de la transformation digitale
La cybersécurité a été présentée comme un pilier de la confiance numérique. Minette Libom Li Likeng a rappelé la nécessité de « sécuriser le cyberespace national et protéger les données sensibles, face à l’intensification des menaces cybernétiques ». Elle a évoqué le renforcement des capacités de l’ANTIC et du CERT national, la sensibilisation aux usages responsables des réseaux sociaux et l’accompagnement des jeunes vers les métiers de la cybersécurité. La ministre a également annoncé l’intégration de l’IA « dans la détection automatique des anomalies, des menaces et des comportements malveillants », afin d’améliorer la prévention et la réponse aux incidents.
Mobilisation générale de l’écosystème public-privé
Au cœur du discours, la ministre a lancé un appel à l’engagement collectif, rappelant l’ampleur du chantier : « Le chantier dans lequel nous sommes résolument engagés, est d’une ampleur exceptionnelle, qui interpelle l’ensemble des acteurs de l’écosystème : l’administration, les services centraux et déconcentrés, les structures sous tutelle, les opérateurs du secteur, les usagers, ainsi que toutes les parties prenantes concernées. »
Elle a insisté sur la nécessité d’un changement de posture : « ce chantier exige au préalable une véritable conversion au numérique », avant d’appeler à une mobilisation totale des structures sous tutelle du MINPOSTEL : « Il est évident que tous ces défis ne sauraient être relevés sans une mobilisation totale de toutes les structures placées sous la tutelle du MINPOSTEL. » À l’endroit du secteur privé, l’appel est direct : « Aux acteurs du secteur privé, je lance un appel à un plus grand soutien à l’action du Gouvernement, afin de contribuer plus activement à la croissance du secteur et au-delà, à l’émergence du Cameroun à l’horizon 2035. »
E-Gov’A, catalyseur des ambitions de l’État numérique
Dans la dynamique d’engagement collectif prônée par la ministre, le Salon E-Gov’A, organisé par l’association Smart Click Africa et votre plateforme web d’infos stratégiques sur le numérique Digital Business Africa, s’inscrit comme une plateforme de mobilisation, de dialogue et de co-construction de solutions pour l’État numérique.
Prévu du 14 au 16 mai 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé, sous le haut patronage du ministère des Postes et Télécommunications, le salon se tiendra autour du thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique sans cash et sans papier ».

E-Gov’A réunira administrations, régulateurs, opérateurs, startups, experts, partenaires techniques et citoyens autour des enjeux de gouvernance électronique, de services publics digitaux, d’identité numérique, d’IA responsable et de cybersécurité. À l’heure où la ministre parle d’un chantier « d’une ampleur exceptionnelle » qui « interpelle l’ensemble des acteurs », le salon entend catalyser les synergies public-privé, valoriser les innovations locales et accélérer la mise en œuvre de solutions concrètes pour des services publics plus efficaces, inclusifs et sécurisés.
Sous la Très Haute Impulsion du Chef de l’État, et alors que 2026 est annoncée comme une étape décisive pour l’intelligence artificielle et la confiance numérique, ce discours constitue une orientation stratégique qui confirme que la transformation numérique n’est plus un chantier technique, mais bien un projet politique structurant pour l’avenir du Cameroun.
Par Digital Business Africa








