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Scanning des marchandises : après l’arbitrage de la Primature, Cyrus Ngo’o ouvre des négociations entre SGS et Transatlantic au Port de Douala

[DIGITAL Business Africa] – Au Port autonome de Douala (PAD), le dossier explosif du scanning des marchandises connaît un nouveau tournant. Après la décision actée à la Primature le 29 janvier 2026 confirmant le maintien de SGS, la Direction générale du PAD ouvre désormais la porte à une collaboration entre SGS Cameroun S.A et Transatlantic D. SA. Une inflexion stratégique qui marque le passage d’un bras de fer institutionnel à une phase de négociation opérationnelle, avec pour objectif affiché de restaurer la performance logistique du Port de Douala-Bonabéri.

Cette évolution ressort clairement d’une correspondance confidentielle du PAD datée du 02 février 2026, signée par le directeur général Cyrus Ngo’o et adressée à la directrice générale de SGS Cameroun S.A. Le document convoque SGS à une réunion le 04 février 2026 au siège du PAD, pour examiner les modalités pratiques de reprise des activités de scanning au terminal à conteneurs, dans le strict respect des règles de police et d’exploitation applicables à l’ensemble des opérateurs de la plateforme portuaire. Au-delà du cadre réglementaire, la lettre inscrit noir sur blanc l’examen de l’hypothèse d’une collaboration entre SGS Cameroun S.A et Transatlantic D. SA.

Un basculement de posture du PAD
Jusqu’ici, le feuilleton opposait frontalement les acteurs autour du scanning des marchandises au Port de Douala-Bonabéri, sur fond de gouvernance du domaine public portuaire, d’autorisations d’exercer et de coûts logistiques. La décision de la Primature du 29 janvier 2026 a tranché en faveur du maintien de SGS dans le dispositif, mettant fin à l’incertitude juridique sur l’opérateur de scanning.

Mais, le PAD ne s’en tient pas à une victoire sèche d’un camp sur l’autre. En proposant une collaboration SGS–Transatlantic, la Direction générale du Port opte pour une solution hybride, visant à capter les complémentarités techniques et opérationnelles des deux entreprises au service de la compétitivité portuaire.

Ce repositionnement répond à une préoccupation centrale rappelée dans la correspondance du PAD : l’impact négatif des modalités actuelles de scanning sur les délais de passage portuaire des marchandises, à rebours des objectifs de performance et de compétitivité du Port de Douala-Bonabéri.

Le PAD entend donc remettre à plat l’organisation opérationnelle du scanning, les conditions d’occupation du domaine public portuaire, la mise à disposition des informations nécessaires à l’exploitation sécuritaire, ainsi que la prise en compte des coûts logistiques supportés par la Régie du Terminal à Conteneurs (RTC S.A.).

Après l’arbitrage politique, le temps de l’ingénierie opérationnelle

Depuis l’arbitrage politique, le PAD reprend la main sur le terrain opérationnel. La convocation de SGS à une réunion technique, assortie de l’examen formel d’une collaboration avec Transatlantic, montre que l’enjeu dépasse désormais la simple question de l’opérateur désigné. Il s’agit de réorganiser la chaîne de valeur des services au port, d’en réduire les frictions et d’en améliorer l’impact sur la fluidité logistique.

Vers un schéma de co-opération SGS–Transatlantic

La piste d’une collaboration entre SGS Cameroun S.A et Transatlantic D. SA, explicitement mentionnée par le PAD, ouvre plusieurs scénarios : partage de responsabilités sur certaines étapes du scanning, mutualisation d’infrastructures ou de données, voire répartition fonctionnelle des périmètres d’intervention. Si elle se concrétise, cette co-opération pourrait atténuer les tensions nées de la rivalité entre les deux acteurs, tout en permettant au PAD de mieux piloter la performance globale du dispositif de contrôle des marchandises.

Pour l’autorité portuaire, l’enjeu est double : sécuritaire et économique. Sécuritaire, car le scanning s’inscrit dans les obligations de sûreté et de contrôle des flux. Économique, car la fluidité du passage portuaire conditionne la compétitivité du Port de Douala-Bonabéri face aux autres hubs de la sous-région. La démarche du Directeur général du PAD, en ouvrant la voie à une collaboration SGS–Transatlantic, traduit la volonté de sortir d’une logique de confrontation pour entrer dans une logique de co-construction d’une solution plus efficace.

Un signal pour l’écosystème portuaire

Ce tournant stratégique envoie un message clair à l’ensemble des opérateurs de la place portuaire : après l’arbitrage des autorités centrales, le PAD privilégie désormais la recherche de solutions pragmatiques pour améliorer les performances du port. La réunion du 04 février 2026, convoquée par la Direction générale du PAD, pourrait ainsi marquer le début d’une recomposition du dispositif des principaux services au Port de Douala-Bonabéri, avec à la clé un nouveau cadre de coopération entre SGS (pour le scanning) et Transatlantic (pour l’accompagnement ?).

Pour les acteurs du commerce extérieur camerounais, c’est l’espoir d’une levée du blocus qui était observé, d’une meilleure prévisibilité des opérations et, in fine, d’un gain de compétitivité pour la place portuaire de Douala.

Par Beaugas-Orain DJOYUM

Encadré – Les points à l’ordre du jour de la réunion PAD – SGS (04 février 2026)

Selon la correspondance confidentielle du Directeur général du Port autonome de Douala, la réunion convoquée avec la Direction générale de SGS Cameroun S.A doit permettre d’examiner plusieurs points structurants pour la reprise des activités de scanning des marchandises au Port de Douala-Bonabéri :

  1. Cadre juridique de l’autorisation d’exercer
    Examen des modalités d’octroi à SGS Cameroun S.A de l’autorisation d’exercer au Port de Douala-Bonabéri, conformément à l’article 12 du décret n° 2019/034 du 24 janvier 2019 portant réorganisation du Port autonome de Douala.
  2. Conditions d’occupation du domaine public portuaire
    Analyse des conditions d’occupation du domaine public portuaire par SGS, conformément à l’article 15 du même décret, notamment en ce qui concerne les emprises, installations et équipements nécessaires aux opérations de scanning.
  3. Accès et partage des informations opérationnelles
    Définition du système de mise à disposition des informations nécessaires à l’exploitation sécuritaire des activités de scanning, conformément à l’article 7 du décret, en lien avec les exigences de sûreté portuaire et de coordination avec les autres acteurs.
  4. Prise en compte des coûts logistiques de la RTC
    Discussion sur les modalités de prise en compte des coûts logistiques exposés par la Régie du Terminal à Conteneurs (RTC S.A), du fait de l’organisation actuelle des opérations de scanning.
  5. Impact du scanning sur la fluidité du passage portuaire
    Évaluation de l’impact des activités de SGS sur les délais de passage portuaire des marchandises, jugés négatifs par le PAD au regard des objectifs de compétitivité du Port de Douala-Bonabéri.
  6. Hypothèse d’une collaboration SGS–Transatlantic
    Examen formel de la possibilité d’une collaboration entre SGS Cameroun S.A et Transatlantic D. SA, en vue d’améliorer l’efficacité opérationnelle du dispositif de scanning et de réduire les frictions observées sur la plateforme portuaire.

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