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Scanning au port de Douala : le Premier ministre Joseph Dion Ngute tranche et confirme SGS jusqu’en 2032

[DIGITAL Business Africa] – Le Premier ministre Joseph Dion NguteJoseph Dion Ngute a mis fin, le 29 janvier 2026, au bras de fer institutionnel autour du scanning des marchandises au port de Douala-Bonabéri. À l’issue d’une réunion de crise à Yaoundé, le chef du gouvernement a ordonné le maintien du contrat liant l’État du Cameroun à la Société Générale de SurveillanceSociété Générale de Surveillance (SGS), confirmant que celui-ci court juridiquement jusqu’en 2032, et mettant ainsi un coup d’arrêt à la tentative du Port autonome de Douala de substituer l’opérateur suisse par Transatlantic D. SA.

Les fondements juridiques du maintien du contrat de scanning des marchandises liant l’État à la Société Générale de Surveillance (SGS) au port de Douala-Bonabéri ont été présentés. Une clarification apportée par le ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè, au terme de cette réunion de crise. Explications dans son intervention au journal de 20h de la CRTV, dans un contexte de fortes tensions institutionnelles opposant le Port autonome de Douala (PAD) à l’opérateur suisse.

Revenant sur la réunion de crise tenue à Yaoundé, le ministre des Transports a d’abord précisé le cadre institutionnel des échanges. « Étaient présents à cette réunion le ministère des Transports, les opérateurs que sont la Société Générale de Surveillance (SGS) et la direction du Port autonome de Douala. Nous avons été encadrés également par la présence du ministre de la Communication, qui est président du conseil d’administration de cette société », a-t-il déclaré.

Selon lui, cette configuration élargie a permis un partage d’informations avec l’ensemble des parties concernées, notamment les services de la douane.

« SGS et tous les autres acteurs de la douane nous ont donc permis de partager », a-t-il ajouté, soulignant la dimension interinstitutionnelle du dossier.

Sur le fond du différend, le ministre a rappelé que celui-ci trouve son origine dans un engagement contractuel ancien.

« Le problème naît d’un contrat qui a été signé en 2015 par le gouvernement de la République, représenté par le ministre des Finances, et la Société Générale de Surveillance », a-t-il expliqué.

Si la convention est bien conclue pour une durée de dix ans, son application effective repose sur une clause technique déterminante, souvent omise dans le débat public. « Cette convention a une durée de dix ans, qui devait donc prendre effet et s’achever dix ans après. Mais à l’intérieur de cette convention, il est prévu que la validité, la mise en exploitation effective, c’est-à-dire à partir du moment où l’on a installé le quatrième container », a précisé Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè.

Or, selon les éléments communiqués par le gouvernement, cette condition n’a été remplie qu’en 2022.

« Le quatrième container a été installé en 2022. C’est de là que naît la date à partir de laquelle on peut compter les dix ans », a insisté le ministre des Transports, fixant ainsi l’échéance contractuelle à l’horizon 2032.

Cette sortie médiatique vient conforter la décision du Premier ministre, Joseph Dion Ngute, de maintenir le contrat liant l’État du Cameroun à la Société Générale de Surveillance (SGS) pour les opérations de scanning au port de Douala-Bonabéri, mettant ainsi un terme à la tentative du Port autonome de Douala (PAD) de substituer l’opérateur suisse par Transatlantic D. SA.

Elle vient également confirmer la position exprimée en amont par le ministre des Finances, Louis-Paul Motaze, qui avait, en décembre 2025, adressé une correspondance au directeur général du PAD, Cyrus Ngo’o, lui demandant de maintenir SGS, au motif que son contrat n’avait fait l’objet d’aucune résiliation formelle. Une instruction qui n’avait pas été suivie d’effet, le PAD ayant poursuivi, malgré tout, la mise en œuvre de la solution Transatlantic D. SA.

En toile de fond, ce dossier emblématique révèle les limites juridiques de l’autonomie décisionnelle des établissements publics face aux contrats engageant l’État, mais aussi la centralité du scanning dans la sécurisation des recettes douanières et la gouvernance portuaire au Cameroun. À l’approche désormais clarifiée de l’échéance de 2032, le débat se déplace progressivement de la légalité du contrat vers les conditions de l’après-SGS et les choix stratégiques futurs de l’État camerounais.

Digital Business Africa poursuivra son travail de décryptage rigoureux de ce dossier sensible, au carrefour des enjeux de souveraineté économique, de gouvernance portuaire et de finances publiques.

Par Digital Business Africa

 

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