[DIGITAL Business Africa] – Le Maroc franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son économie traditionnelle. Le 25 février, un accord stratégique a été signé pour mobiliser 36 millions de dirhams (environ 3,9 millions USD) afin d’accélérer la transformation numérique du secteur de l’artisanat, pilier historique et social du Royaume.
La convention réunit le secrétariat d’État chargé de l’Artisanat, les chambres d’artisanat et leur fédération, aux côtés de l’Agence de développement du digital (ADD). Deux autres accords ont également été conclus lors de la même cérémonie, portant sur la promotion internationale du savoir-faire marocain et sur un nouveau contrat-programme sectoriel à l’horizon 2026.
Au cœur du dispositif : la structuration numérique du secteur. Le programme prévoit la mise en place d’une carte professionnelle de l’artisan, le lancement d’un registre national de l’artisanat et la dématérialisation des services administratifs des chambres et de leurs structures affiliées. Objectif affiché : simplifier les procédures, améliorer l’efficacité administrative et doter le secteur d’outils digitaux capables de soutenir sa croissance.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du contrat-programme national dédié au développement de l’artisanat. L’enjeu est stratégique. Selon les données officielles, le secteur représente 22 % de la main-d’œuvre nationale et contribue à hauteur de 7 % au PIB. Les exportations affichent une croissance de 7,6 %, tandis que l’artisanat génère près de 10 % des recettes touristiques en devises, notamment grâce aux achats réalisés par les visiteurs internationaux.
Au-delà de la modernisation administrative, la digitalisation vise un triple impact : formaliser davantage les activités, améliorer la productivité et faciliter l’accès aux marchés, aussi bien nationaux qu’internationaux. Dans un environnement économique de plus en plus digitalisé, la compétitivité des artisans passe désormais par la traçabilité, la visibilité en ligne et l’intégration aux chaînes de valeur numériques.
Les deux autres conventions signées complètent cette stratégie. La première, conclue avec SMAP EVENTS, cible la promotion internationale du savoir-faire marocain à travers des événements et plateformes dédiées. La seconde prépare un contrat-programme 2026 axé sur la structuration professionnelle, la formation et l’accompagnement des artisans.
En conjuguant digitalisation, promotion internationale et renforcement des compétences, Rabat ambitionne de transformer un secteur traditionnel en un écosystème plus structuré, formalisé et orienté vers la performance. Une évolution qui illustre la volonté du Maroc d’ancrer ses industries culturelles et créatives dans la dynamique globale de la transformation numérique.
Par Loic SOUOP








