[DIGITAL Business Africa] – OpenAI accélère son offensive sur le segment des grandes entreprises. L’éditeur américain d’intelligence artificielle a annoncé la signature de partenariats pluriannuels avec quatre géants mondiaux du conseil Accenture, Boston Consulting Group (BCG), Capgemini et McKinsey & Company dans le but d’accélérer le déploiement d’agents d’intelligence artificielle au sein des grandes organisations.
Cette alliance s’inscrit dans le prolongement du lancement, début février 2026, de Frontier, une plateforme développée par OpenAI pour concevoir, déployer et administrer des “AI coworkers”, présentés comme de véritables collègues virtuels capables d’exécuter des tâches de bout en bout. L’ambition est limpide : intégrer l’IA générative au cœur des processus métiers, en la connectant aux données internes, aux systèmes existants et aux règles opérationnelles des entreprises.
Concrètement, ces agents peuvent traiter une demande client de manière autonome, interroger un CRM, appliquer des règles de conformité, mettre à jour des bases de données ou déclencher des workflows, sans intervention humaine sauf en cas d’exception. L’objectif n’est plus seulement d’assister les collaborateurs, mais de transformer l’organisation du travail.
Dans ce dispositif, BCG et McKinsey interviennent principalement sur les dimensions stratégiques et organisationnelles. BCG accompagne ses clients dans la définition de leur stratégie IA, l’identification des cas d’usage prioritaires, la refonte du modèle opérationnel et la conduite du changement, notamment via son entité technologique BCG X. McKinsey, de son côté, cible les directions générales afin d’élaborer des feuilles de route IA alignées sur les priorités business, avec l’appui de sa branche spécialisée QuantumBlack.
Accenture et Capgemini se concentrent davantage sur l’intégration technique et l’industrialisation. Accenture prend en charge l’architecture data et cloud, la sécurisation des environnements, la conformité réglementaire et le déploiement à l’échelle internationale. Le cabinet souligne d’ailleurs avoir déjà équipé des dizaines de milliers de ses collaborateurs avec ChatGPT Enterprise. Capgemini mettra pour sa part à profit son expertise sectorielle et ses capacités d’intégration pour moderniser les systèmes d’information et assurer l’exploitation continue des agents IA dans les métiers.
Au-delà de l’aspect technologique, l’enjeu est stratégique pour OpenAI. Les grandes entreprises s’appuient traditionnellement sur ces cabinets pour piloter leurs transformations numériques. En intégrant Frontier dans les feuilles de route élaborées par ces acteurs influents, la société dirigée par Sam Altman maximise ses chances d’imposer sa plateforme comme standard dans les stratégies IA des grands groupes.
Cette approche permet également de consolider sa position face à une concurrence accrue sur le marché entreprise, notamment celle de Google, Anthropic ou encore Microsoft.
L’enjeu financier est tout aussi déterminant. Les projets de transformation numérique portés par ces cabinets représentent souvent des investissements de plusieurs dizaines, voire centaines de millions de dollars. Selon des informations relayées dans la presse économique internationale, OpenAI viserait environ 600 milliards de dollars de dépenses cumulées en capacité de calcul d’ici 2030, avec un objectif de chiffre d’affaires supérieur à 280 milliards de dollars à l’horizon de la fin de la décennie. À titre de comparaison, son chiffre d’affaires pour l’exercice écoulé s’élève à 13,1 milliards de dollars.
À travers cette alliance structurante, OpenAI ne cherche pas seulement à déployer des outils d’IA. L’entreprise ambitionne d’ancrer ses technologies au cœur même des modèles opérationnels des grandes organisations, en s’appuyant sur les acteurs qui en définissent les trajectoires stratégiques.
Par Loic SOUOP









