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Et si nos forêts ancêstrales hébergeaient aussi nos données?

[Digital Business Africa – Avis d’expert] – La forêt africaine, entre mémoire du monde et avenir numérique à l’heure de l’Intelligence Artificielle

Depuis des millénaires, nos ancêtres vivent avec la forêt. Ils y ont trouvé de quoi se nourrir, se soigner, se protéger, penser et dire le monde, bien au délà de l’actuelle « pensée scientifique ». La forêt n’était pas seulement un espace naturel. Elle était une mémoire vivante, un lieu de transmission, de régulation et d’équilibre.

Aujourd’hui, cette même forêt joue un rôle vital pour toute l’humanité : elle capte le CO₂, freine le dérèglement climatique et protège la biodiversité. Mais une question nouvelle émerge, à la croisée de l’écologie et du numérique :

Et si la forêt africaine pouvait aussi accueillir nos données ?

La forêt, poumon du monde… et socle d’avenir

La Forêt du Bassin du Congo absorbe chaque année des quantités colossales de carbone, contribuant à stabiliser le climat mondial. Pourtant, sa valeur est encore trop souvent réduite à une fonction passive : absorber, compenser, protéger , subissant ainsi les conséquences du développement mondial, Je proposerais aux Chefs d’Etats des pays du Bassin du Congo que cette forêt devienne aussi une actrice centrale du monde numérique et de l’intélligence

Artificielle :

Le monde numérique a un problème… éco-écologique

Chaque photo stockée, chaque vidéo regardée, chaque message envoyé repose sur des data centers — ces immenses infrastructures de stockage des données, qui consomment énormément d’énergie, d’argent, et produisent beaucoup de chaleur. Résultat : le monde digital, souvent perçu comme immatériel, est en réalité très polluant.

Nos ancêtres savaient une chose essentielle : la sève des arbres n’est pas un stock, c’est un flux vital. Elle ne s’accumule pas inutilement, elle circule, nourrit, s’adapte, puis disparaît là où elle n’est plus utile. Le numérique, lui, fait exactement l’inverse : Il accumule sans fin : images oubliées, vidéos jamais revues, données stockées « au cas où ». Cette accumulation a un coût invisible mais bien réel : énergie gaspillée, chaleur produite, climat fragilisé.

Une idée simple, mais puissante

La forêt africaine ne peut évidemment pas “stocker” des données comme elle stocke le carbone.

Mais elle peut rendre possible un autre modèle dans les territoires et pays forestiers : les températures sont plus stables, l’humidité et l’environnement naturel facilitent le refroidissement passif, les ressources locales permettent de produire de l’énergie propre (hydroélectricité, solaire, biomasse maîtrisée). Autrement dit, la forêt offre ce que le numérique cherche désespérément : de l’énergie propre et du refroidissement naturel.

Héberger des données pour protéger la forêt

Imaginez des centres de données conçus non pas contre la nature, mais avec elle. Des infrastructures sobres alimentées par des énergies renouvelables locales, intégrées dans des territoires protégés et dont une partie des revenus financerait directement : la préservation forestière, les communautés locales, les services essentiels (éducation, santé, connectivité).

Chaque donnée hébergée contribuerait alors à maintenir la forêt debout. Ce ne serait plus :

“On détruit pour se développer” Mais “On héberge pour préserver.”

Une révolution économique africaine

Un tel modèle, que nous nommons « LIBAG », changerait profondément la place de l’Afrique dans le monde. L’Afrique ne serait plus seulement : un réservoir de ressources naturelles,un territoire à protéger par les autres, ou encore un espace périphérique du numérique mondial.

Elle deviendrait : un acteur central du numérique durable, un fournisseur de services de données à faible impact carbone, un pôle d’emplois qualifiés pour sa jeunesse. La forêt ne serait plus un frein au développement, elle en deviendrait le socle.

Une question de souveraineté et de mémoire

Ce projet LIBAG ne peut réussir que s’il respecte une condition fondamentale : les données, comme la forêt, doivent rester sous contrôle local : hébergement des données en Afrique, leur valeur doit bénéficier aux territoires et la technologie doit servir les populations, pas les déposséder.

Nos ancêtres comme boussole

En réalité, le modèle LIBAG n’est pas une rupture. C’est un retour à une sagesse ancienne, appliquée à un monde nouveau. Nos ancêtres ont protégé la forêt sans serveurs, sans algorithmes, sans climatiseurs. Ils savaient que l’équilibre est une richesse. Aujourd’hui, il revient aux décideurs de ces pays africains d’orchestrer la réalisation des projets LIBAG afin de traduire cette sagesse dans le langage du XXIᵉ siècle : celui de l’Intelligence Artificielle.

Via Digital Business Africa, mon équipe de sept experts africains se tient à la disposition des Etats pour initier des PSLG (Partenariats Stratégiques Libag Global), de l’étude de faisabilité, à mise en oeuvre et la recherche/levée de fonds.

Si nos ancêtres ont protégé la forêt, à nous maintenant de la faire entrer dans l’avenir.

Par Pierre Ndjop POM

Conseil en stratégie et Transformation Numérique

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