[DIGITAL Business Africa] – Le constat est sans appel : les offres de crédits instantanés sur smartphone inondent l’espace numérique camerounais. Pour de nombreux citoyens, ces applications représentent une “bouée de secours” face aux imprévus du quotidien. Cependant, ce qui est présenté comme un clic salvateur se transforme radicalement en un crédit ravageur, plongeant l’emprunteur dans un cycle de surendettement et de harcèlement.
Un mécanisme aux dérives usuraires
L’attrait pour ces cyberprêts réside dans leur apparente simplicité. Pourtant, une fois l’engagement pris, la réalité financière devient “dangereuse”. Les usagers rapportent des modifications unilatérales des conditions contractuelles : les taux d’intérêt s’envolent parfois jusqu’à 100 % du montant emprunté.
Au-delà de l’aspect financier, ces plateformes exploitent une faille majeure : l’accès aux données personnelles. En validant les conditions générales souvent sans les lire, l’emprunteur autorise l’application à aspirer son répertoire téléphonique. C’est ici que commence le véritable cauchemar. En cas de retard de paiement, les agents de recouvrement contactent systématiquement les proches, amis et partenaires professionnels de la victime, utilisant la honte sociale comme moyen de pression.
Un arsenal juridique méconnu
Pourtant, le secteur des services financiers numériques n’est pas un “Far West”. Depuis 2018, la zone CEMAC dispose d’un règlement communautaire strict encadrant les services de paiement électronique. Toute entité souhaitant proposer des prêts doit impérativement obtenir un agrément via le ministère des Finances, sous la supervision de la COBAC, le gendarme bancaire de la sous-région.
Actuellement, environ 17 prestataires sont officiellement enregistrés. Le danger provient essentiellement des personnes physiques ou des structures sans siège social au Cameroun, opérant dans l’illégalité totale. Ces acteurs contournent les régulations pour imposer des conditions qu’une banque ou une microfinance agréée ne pourrait jamais pratiquer.
La riposte du « Smart Consumer »
Face à cette prolifération, l’éducation financière devient la première ligne de défense. Les experts préconisent d’adopter l’attitude du “Smart Consumer” : ne jamais souscrire sans avoir vérifié l’agrément de l’entité. Un simple message WhatsApp ou une notification automatique ne constitue pas une garantie juridique suffisante.
Pour les victimes de ces escroqueries, des recours existent. La direction de la Police judiciaire et la Gendarmerie nationale disposent d’experts en ingénierie informatique capables de traiter les plaintes liées à la cybercriminalité. L’ingénierie des preuves est ici fondamentale : conserver les contrats électroniques et les traces de harcèlement est essentiel pour engager des poursuites.
Par DIGITAL Business Africa







