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Cameroun : l’ANTIC renforce son arsenal de cybersécurité grâce au PATNUC et à la Banque mondiale

[DIGITAL Business Africa] – L’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication (ANTIC) a officiellement réceptionné, le 20 janvier 2026 à Yaoundé, un important lot d’équipements et de logiciels de cybersécurité acquis dans le cadre du Projet d’accélération de la transformation numérique du Cameroun (PATNUC), financé par la Banque mondiale.

Cette rétrocession vise à renforcer de manière significative les capacités nationales de surveillance, de prévention et de réponse aux cybermenaces, dans un contexte de digitalisation accélérée de l’économie et de l’administration camerounaises.

La cérémonie s’est tenue sous la présidence de Minette Libom Li Likeng, ministre des Postes et Télécommunications, en présence des responsables du MINPOSTEL, du directeur général de l’ANTIC, le Pr Ebot Ebot Enaw, du coordonnateur national du PATNUC, Dr Mfuh Windfred Fuaye Kenji, ainsi que de nombreux partenaires techniques et financiers.

Dans son allocution, la ministre des Postes et Télécommunications a souligné que cette rétrocession s’inscrit dans une vision stratégique globale de l’État camerounais. « Un cyberespace sûr et de confiance constitue aujourd’hui un déterminant majeur de la performance économique, de la continuité de l’action publique, de la souveraineté numérique et, plus largement, du développement durable », a déclaré Minette Libom Li Likeng, insistant sur la nécessité de bâtir une digitalisation souveraine, sécurisée et résiliente.

Un renforcement technologique au cœur de la cybersécurité nationale

Selon le directeur général de l’ANTIC, le Pr Ebot Ebot Enaw, les équipements et logiciels réceptionnés permettront à l’institution d’adopter une approche plus proactive de la cybersécurité, notamment grâce à des systèmes avancés de détection et de prévention des intrusions déployés au niveau des infrastructures critiques. Ces outils offrent une forte capacité de traitement des données, indispensable pour analyser de grands volumes d’informations issus de capteurs, de bases de données et d’interactions numériques, afin de détecter, prévenir et répondre efficacement aux incidents cyber.

Revenant sur le contexte sécuritaire, la ministre a rappelé que « la cybersécurité n’est plus un sujet périphérique ou purement technique, mais un enjeu central qui conditionne le fonctionnement même de nos sociétés modernes », évoquant notamment le doublement des attaques exploitant des failles de sécurité observé au Cameroun entre 2023 et 2024.

Les nouvelles plateformes réceptionnées viennent également renforcer les capacités de scan de vulnérabilités, de tests d’intrusion et de renseignement sur les menaces, des fonctions essentielles pour anticiper les attaques et améliorer la résilience du cyberespace camerounais.

Une réponse à l’explosion des usages numériques et des cybermenaces

Dans son intervention, le Pr Ebot Ebot Enaw a rappelé que le Cameroun a engagé, depuis 2010, d’importantes réformes juridiques et institutionnelles pour sécuriser son cyberespace, sous la Très Haute Impulsion du Président de la République. Ces réformes ont conduit à l’adoption de lois sur la cybersécurité et les communications électroniques, ainsi qu’à la redéfinition des missions du ministère des Postes et Télécommunications et de l’ANTIC.

Prenant la parole au nom de l’équipe projet, Dr Mfuh Windfred Fuaye Kenji, coordonnateur national du PATNUC, a souligné que ces investissements traduisent la volonté du Gouvernement et de la Banque mondiale de doter durablement les institutions camerounaises d’infrastructures modernes, capables d’accompagner la transformation numérique dans un environnement sécurisé et digne de confiance.

Aujourd’hui, l’ANTIC s’appuie sur trois structures opérationnelles clés : la Direction des audits de sécurité, le Centre national de cryptographie et de certification électronique, et le Centre de réponse aux incidents de cybersécurité (CIRT). Ces entités opèrent dans un environnement marqué par une croissance rapide de l’usage d’Internet, dont le taux de pénétration est passé de 4,3 % en 2010 à près de 50 % en 2026, avec pour corollaire une augmentation notable des menaces cybercriminelles.

Des chiffres révélateurs de l’ampleur des défis

Les statistiques présentées par le directeur général de l’ANTIC illustrent l’intensité croissante des activités de cybersécurité au Cameroun. En 2025, l’agence a traité 32 500 réquisitions judiciaires, soit une hausse de 30 % par rapport à 2024. Depuis janvier 2024, plus de 8 500 vulnérabilités ont été détectées lors des audits et scans de sécurité réalisés dans les administrations publiques et les structures privées.

Dans le même temps, 206 procès-verbaux d’authentification de preuves numériques ont été établis à la demande des autorités judiciaires. Sur les réseaux sociaux, 8 499 faux comptes usurpant l’identité de hautes personnalités et d’institutions ont été identifiés depuis janvier 2024, dont 6 416 fermés grâce à la collaboration avec des plateformes comme Facebook et TikTok.

La ministre des Postes et Télécommunications a relevé que ces chiffres traduisent « une recrudescence des escroqueries en ligne, des usurpations d’identité, des atteintes à la disponibilité des services numériques essentiels et des violations de données personnelles », susceptibles d’altérer durablement la confiance des usagers dans le numérique.

Des investissements structurants via le PATNUC

C’est pour faire face à cette montée en charge que l’ANTIC a proposé, dans le cadre de la composante 1 du PATNUC dédiée au renforcement des capacités des entités gouvernementales chargées de la sécurité des réseaux, un vaste projet d’acquisition d’équipements pour le CIRT. Le projet comprend notamment cinq serveurs haute performance, trois plateformes d’investigation, vingt consoles de stockage, trente stations de travail spécialisées et trois plateformes de scan de vulnérabilités et de tests d’intrusion, pour un budget global estimé à 735,37 millions de FCFA.

À l’issue de la procédure d’appel d’offres, le marché a été attribué à la société ELECTRA. La livraison des équipements a connu certains retards, liés aux réglementations strictes encadrant l’exportation de matériels sensibles, mais le taux de réception atteint déjà 95,99 %.

Selon la ministre, ces équipements permettront notamment de « moderniser l’infrastructure technologique du CIRT national, de renforcer ses capacités de veille, d’analyse et de réponse rapide aux incidents, et de consolider la résilience et la souveraineté numériques du Cameroun ».

Vers un cyberespace plus sûr et plus attractif

 Pour le directeur général de l’ANTIC, ces nouveaux équipements amélioreront sans aucun doute les capacités de surveillance et d’investigation de l’agence et contribueront à renforcer la confiance dans le cyberespace camerounais. Il a toutefois souligné, à l’instar de la ministre, que la technologie seule ne suffit pas.

Deux projets complémentaires ont ainsi été soumis au PATNUC, l’un pour renforcer les compétences du personnel de l’ANTIC en cybersécurité, l’autre pour former les agents des administrations publiques. La ministre a insisté sur le fait que « la sensibilisation et l’éducation au numérique constituent un pilier essentiel de la lutte contre la cybercriminalité ».

L’objectif affiché est clair : bâtir un cyberespace plus sécurisé, plus résilient et plus attractif, aussi bien pour les investisseurs et les startups que pour les usagers, dans un contexte où la transformation numérique devient un levier central du développement économique du Cameroun.

Par Digital Business Africa

 

 

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