[DIGITAL Business Africa] – Le Vietnam engage une nouvelle phase de modernisation de son système de santé, avec une priorité claire : améliorer la qualité des soins tout en réduisant la surcharge des hôpitaux tertiaires. Réunie le 2 mars à Hô Chi Minh-Ville, la conférence nationale du secteur a confirmé l’accélération de la transformation numérique comme levier central de cette réforme.
La ministre de la Santé, Dào Hông Lan, a indiqué que le système national d’examens et de traitements médicaux s’oriente vers un modèle plus efficace, centré sur le patient et davantage ancré dans les soins de santé primaires. En 2025, près de 200 millions de consultations ont été assurées à l’échelle nationale, dont environ 180 millions prises en charge par l’assurance maladie, illustrant la pression constante sur les infrastructures sanitaires.
Dans ce contexte, les autorités ont engagé une simplification administrative d’ampleur. Le nombre de procédures liées aux examens et traitements médicaux est passé de 106 à 19, soit une réduction de plus de 80 %. Cette rationalisation vise à fluidifier le parcours des patients et à renforcer la performance opérationnelle des établissements.
La numérisation progresse également sur le terrain. Environ 30 millions de citoyens disposent désormais d’un dossier médical électronique, tandis que plus de 1 200 hôpitaux publics et privés ont déployé ce dispositif. L’objectif est de structurer une base de données nationale complète pour améliorer la continuité des soins, le suivi médical et la gestion hospitalière.
Le ministère poursuit en parallèle l’actualisation du cadre juridique encadrant les activités d’examens et de traitements, afin d’aligner le secteur sur les grandes orientations nationales en matière de protection et d’amélioration de la santé publique. Plusieurs projets stratégiques sont en cours, notamment le développement des soins préhospitaliers d’urgence, la promotion du tourisme médical et la mise en œuvre de la stratégie nationale de santé à l’horizon 2030, avec une vision à 2045.
La pression budgétaire reste un enjeu majeur. Avec un PIB estimé à 514 milliards de dollars en 2025, dont environ 27 milliards consacrés à la santé (soit 5,2 %), une croissance projetée de 10 % en 2026 impliquerait une hausse d’environ 3 milliards de dollars des dépenses sanitaires pour maintenir le même niveau d’investissement relatif. Cette dynamique renforce la nécessité d’optimiser les ressources existantes grâce aux outils numériques.
Parmi les chantiers prioritaires figurent la finalisation de la base de données nationale des examens et traitements médicaux, l’intégration des dossiers médicaux électroniques à l’application d’identification numérique VNeID, l’amélioration du contrôle qualité, le déploiement de techniques médicales avancées et l’extension de la télémédecine.
La conférence a également marqué le lancement du « Portail de garantie de paiement des frais hospitaliers ». Cette plateforme automatise les processus d’enregistrement et de règlement, réduisant la charge de travail des services administratifs et raccourcissant les délais d’attente pour les patients.
En plaçant l’efficacité, la digitalisation et l’expérience patient au cœur de sa stratégie, le Vietnam confirme sa volonté de bâtir un système de santé plus résilient et adapté à ses ambitions économiques.
Par Loic SOUOP








