[DIGITAL Business Africa] – Alors que la Primature a acté, à l’issue de la réunion du 29 janvier 2026, le maintien de SGS pour la poursuite des opérations de scanning au Port de Douala-Bonabéri, le directeur général de TransAtlantic D.S.A., Edwin Ngumbi Che, affirme publiquement que sa société continue d’opérer au port, au nom d’un contrat qu’elle dit avoir signé avec le Port autonome de Douala (PAD).
Dans l’émission La Vérité en face sur Equinoxe TV, le DG de TransAtlantic D.S.A. a déclaré : « Je vous laisse descendre au port de Douala. Nous sommes en train de scanner. Nous avons un contrat que nous sommes en train de respecter. Je vais me concentrer là-dessus. » Quelques jours plus tôt, ce DG, visiblement engagé dans une campagne de communication, tenait la même ligne éditoriale sur Balafon TV, en posture d’invité du Journal.
Interrogé frontalement par Equinoxe TV sur la portée des instructions du Premier ministre, Chef du Gouvernement, qui demandent au PAD le maintien de SGS et sur le fait de s’y conformer, le DG de TransAtlantic D.S.A. a répondu : « C’est bon pour information. À ce jour, jusqu’à preuve du contraire, nous travaillons. Nos avocats ont travaillé dessus et nous ont dit que vous avez le droit de travailler. »
Il a insisté sur la responsabilité de ses conseils juridiques : « Nous payons des avocats pour faire leur travail ; s’il y a un problème, nous les tenons responsables de toute négligence ou inexécution ; ils sont payés pour cela. Il y a une équipe juridique qui a rappelé le cadre et effectué les vérifications nécessaires ; ils sont payés pour cela. »
« Nous respectons ce contrat »
Le patron de TransAtlantic D.S.A. introduit toutefois une nuance importante : « Si le Port de Douala, notre cocontractant, nous invite et nous demande de revoir notre contrat, c’est autre chose. Pour l’instant, nous avons un contrat avec le Port de Douala. Nous respectons ce contrat. Si le port a signé un contrat sans autorisation, c’est un autre débat. Je ne veux pas m’y aventurer. » Il rappelle par ailleurs que TransAtlantic D.S.A. se prévaut d’un contrat de 25 ans avec le PAD.
Ces déclarations interviennent dans un contexte institutionnel déjà tendu. Quelques jours auparavant, la girectrice générale de SGS Cameroun S.A., Patricia Elder Nzondjou Nzeale, avait, dans une correspondance officielle adressée à Cyrus Ngo’o, DG du PAD, recadré la portée d’une séance de travail sollicitée par le PAD le même jour à la suite des instructions du PM.
SGS y rappelait que, conformément aux instructions de la Primature, les échanges devaient se limiter aux modalités pratiques de la reprise effective du scanning par SGS et que toute discussion de fond, notamment sur cette hypothèse de collaboration SGS – TransAtlantic souhaitée par Cyrus Ngo’o, le DG du PAD, relevait des prérogatives du Gouvernement, représenté dans le contrat par le ministère des Finances.
La séquence met en lumière un chevauchement de lectures juridiques et institutionnelles. D’un côté, l’arbitrage politique du 29 janvier 2026 consacre le maintien de SGS comme opérateur de scanning. De l’autre, TransAtlantic D.S.A. se fonde sur un contrat signé avec le PAD pour revendiquer la poursuite de ses activités, tout en renvoyant toute remise en cause éventuelle à une initiative formelle de son cocontractant.
Le PAD défie-t-il les arbitrages de la Primature ?
Au-delà du cas d’espèce, l’épisode pose la question de la hiérarchie des normes et des compétences dans la gouvernance des infrastructures stratégiques. Le PAD, gestionnaire du domaine portuaire, peut-il engager des opérateurs sur des segments aussi sensibles que le scanning sans alignement explicite avec l’autorité contractante de l’État et les arbitrages de la Primature ? Et comment éviter que des divergences contractuelles ne se traduisent par une insécurité juridique pour les opérateurs et les usagers du port ?
Dans l’immédiat, la ligne officielle issue de la Primature demeure claire : la poursuite du scanning par SGS, avec une mise en œuvre opérationnelle encadrée. Les sorties médiatiques de TransAtlantic D.S.A. traduisent, elles, une volonté de défendre ses intérêts contractuels, quitte à installer une zone grise entre arbitrage politique et interprétation juridique privée.
Une clarification formelle de l’État apparaît désormais indispensable pour sécuriser le dispositif, faciliter les activités des importateurs, préserver la crédibilité de la gouvernance portuaire et garantir la continuité du service dans un port vital pour l’économie camerounaise.
Voir : Affaire du scanning au Port autonome de Douala
Par Digital Business Africa









