[DIGITAL Business Africa] – Le Sénégal entend franchir, avec GAINDESAT-1B dont le lancement est prévu en 2026, un nouveau cap dans l’intégration du spatial au cœur de son économie numérique. Plus qu’un projet technologique ou sécuritaire, le satellite est désormais pensé comme un outil de production de données, appelées à alimenter des services numériques à forte valeur ajoutée.
Présenté par le professeur Gayane Faye, coordonnateur du projet SENSAT, lors de la rentrée académique 2025-2026 du Centre des hautes études de défense et de sécurité (CHEDS), GAINDESAT-1B s’inscrit dans la continuité du premier satellite national, GAINDESAT-1A, lancé avec succès en août 2024 depuis la base de Vandenberg (Californie, USA). Conçu au format CubeSat 1U, il sera dédié à l’imagerie et à la collecte de données environnementales, un segment stratégique de l’économie numérique mondiale.
Ces données spatiales constituent une matière première numérique essentielle pour le développement de services dans des secteurs clés : agriculture intelligente, gestion des ressources hydriques, aménagement du territoire, logistique, assurance, prévention des catastrophes ou encore urbanisme. En internalisant la production de données satellitaires, le Sénégal réduit sa dépendance aux fournisseurs étrangers et ouvre la voie à l’émergence de start-up, plateformes et solutions locales fondées sur l’exploitation de ces données.
Le projet s’accompagne également d’un investissement dans les compétences numériques avancées, avec la perspective de lancer une formation doctorale en recherche spatiale au CHEDS. L’objectif est de constituer un vivier d’experts capables non seulement d’opérer les satellites, mais aussi de transformer les données brutes en produits numériques commercialisables, au croisement du big data, de l’IA et de la cybersécurité.
Dans un contexte où la donnée est devenue un actif stratégique, le spatial apparaît comme un nouveau pilier de l’économie numérique sénégalaise. « Il est aujourd’hui impossible de parler de défense sans faire référence au spatial », a rappelé Gayane Faye, soulignant implicitement que la sécurité économique passe aussi par la maîtrise des infrastructures de données.
Avec GAINDESAT-1B, le Sénégal affirme ainsi son ambition de faire du spatial non seulement un levier de souveraineté, mais aussi un moteur de croissance, d’innovation et de compétitivité numérique à l’échelle régionale.
Par Loïc SOUOP.







