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Thursday, 2 February 2023 22:22

[DIGITAL Business Africa] – Lors du match d’ouverture de la CAN Total Energies 2021, l’hologramme virtuel d’un lion est apparu sur le toit du stade et sur l’esplanade. Le directeur général de Dreamwall (studio d’animation 2/D 3/D et de création graphique) et de Keywall (solution TV dans la création de décors virtuels et réalités augmentée aux habillages d’émissions), créateur de cet hologramme, a tenu une conférence sur les technologies virtuelles et la réalité augmentée à l’Institut de Formation et de Conservation du Matériel audiovisuel, IFCPA, ce lundi 10 janvier 2021. Digital Business Africa l’a rencontré au terme de cet échange avec les jeunes pour une interview. Précisions, il n’a pas souhaité parler du montant de son travail. L’interview porte donc simplement sur son travail.

DIGITAL Business Africa :  L’hologramme du lion apparu au stade Olembé lors de la cérémonie d’ouverture de la CAN 2021 a suscité des messages d’admiration parmi plusieurs internautes. De quoi est fait cet avatar ? Et quels étaient les jeux de cette technologie ?

Thibault Baras : C’est un lion virtuel en réalité augmentée, animé qui fonctionne comme un moteur de jeux. Il mesure 16 mètres de haut, six mètres de long et pèse plus d’une tonne. Ce ne pouvait pas être possible de mettre une statue comme celle-là sur la tribune. Heureusement c’était virtuel ; le toit ne s’est pas effondré (rire). Tout le monde a pu bénéficier de ce spectacle…  

Il était important d’empêcher que le lion entre en collision avec les danseurs sur la scène. Tout comme il est important de respecter l’environnement. Et donc la réalité augmentée ne fait sens que si elle est crédible à un certain niveau. Puisqu’ici, on sait bien qu’un lion géant n’existe pas. Par contre, son intégration dans un environnement réel est utile.

Par exemple s’il avait plu, il aurait été logique qu’il y ait de la pluie qui passe devant le lion, de la fumée ou des choses comme ça. En réalité augmentée, l’on doit prendre en compte tous ces éléments.

DIGITAL Business Africa : Comment un tel projet a été pensé et mis en œuvre ?

Thibault Baras : Au niveau de la réalité augmentée, nous avons un partenaire technologique qui est une société turque. Cette entreprise a été l’une des premières à intégrer l’utilisation des moteurs de jeux dans les technologies de télévision et de l’audiovisuel. Nous utilisons donc ces technologies qui permettent l’insertion d’éléments virtuels de réalité augmentée au sein du monde réel.

DIGITAL Business Africa : Le peuple camerounais peut-il s’attendre à une autre apparition de ce lion à la cérémonie de clôture de la CanTotalEnergie 2021 ?

Thibault Baras: Peut-être peuvent-il s’y attendre. En tout cas, je ne serai plus là.

DIGITAL Business Africa : Vous avez travaillé chez Canal+, où vous avez innové avec un système statistique qui a transformé le reportage sportif. Quel regard portez-vous sur le niveau d’infographie des chaînes de télévisions africaines ? 

Thibault Baras : J’ai regardé quelques programmes dans ma chambre d’hôtel, le soir très tard en revenant du stade. Je pense qu’il y a une marge de progression en matière d’infographie dans les chaines africaines. Mais, je n’ai pas suffisamment d’expérience pour juger ce que proposent les chaines africaines dans le domaine de la réalité virtuelle.

DIGITAL Business Africa : Que fait Dreamwall pour accompagner les jeunes talents camerounais dans la réalité augmentée ?

Thibault Baras : Avant la Covid-19, le studio de Dreamwall était ouvert à Yaoundé. L’on pouvait recevoir toutes les personnes désireuses de se faire former dans la réalité virtuelle. Maintenant, cela n’est plus possible. Nous sommes obligés de limiter les effectifs et surtout en ayant recours au télétravail. Cela n’a pas beaucoup de sens. Dans le futur, on espère développer un centre de formation dédié aux technologies virtuelles et de réalité augmentée au Cameroun. Là, il y aura un premier projet, puis devra s’ouvrir un centre de formation, dans tous les cas. Mais, ce n’est pas à l’ordre du jour.

DIGITAL Business Africa : Un mot à l’endroit à ces étudiants qui voudraient faire leurs preuves dans la technologie de la réalité augmentée

Thibault Baras : Pour pouvoir embrasser l’utilisation de ces nouvelles technologies, il faut s’intéresser à tout ce qui se passe dans le monde, en matière de technologie. Mais, il y a un élément essentiel : ce sont les moteurs de jeux. Il faut se concentrer sur eux, sur leur utilisation à travers des formations en ligne. C’est l’avenir dans la télévision, que ce soit dans l’automobile, l’aviation, la médecine. Ces sont ces moteurs de jeux qui vont vous permettre, dans quelques années, de porter des lunettes de réalité augmentée. Quand vous irez chez le médecin, vos lunettes pourront vous montrer l’intérieur de votre corps.

Propos recueillis par Jean Materne Zambo