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Numérisation : les quatre vérités de Moulay Hafid Elalamy : « Faites différemment ! Ne faites pas comme le Maroc »

(TIC Mag) – C’est un langage de vérité qu’a tenu Moulay Hafid Elalamy, le ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Economie numérique, aux différents participants de la deuxième édition du Salon international des TIC baptisée Africa IT Expo (AITEX) qui s’est tenue du 27 au 29 septembre 2017 à Casablanca au Maroc.

Le 27 septembre, à l’ouverture de cet événement organisé par la Fédération marocaine des Technologies de l’Information, des Télécommunications et de l’Offshoring (APEBI) et placé sous le haut patronage de sa Majesté le Roi Mohamed VI, le ministre a indiqué que le Maroc n’avait pas encore suffisamment exploité son potentiel en matière du numérique. Il invitait par la même occasion les différentes délégations des pays africains invités (Nigéria, Cameroun, Bénin, Gabon, Burkina Faso, Mali, Côte d’Ivoire) à prendre résolument le train du numérique… en ne suivant pas l’exemple du Maroc. « Chers amis du continent, vous voyez que nous travaillons ouvertement. Ce sont les autocritiques qu’il faut se faire. Et je vous le dis, le Maroc n’a pas bénéficié pleinement de tout son potentiel. Il ne faut pas faire comme nous. Il faut faire différemment… Mais, croyez-moi, nous avons pris conscience du retard, nous allons accélérer », a-t-il reconnu au terme de son explication. Ceci sous les applaudissements de l’assistance.

L’incrémental ne fonctionne pas

En effet, le ministre Moulay Hafid Elalamy a expliqué à l’assistance que Sa Majesté le Roi Mohammed VI fait du numérique sa véritable priorité et l’un des outils de développement du royaume. « En mars 2013 déjà, lors du Symposium du Maroc dans la société globale de l’information et du savoir, Sa Majesté le Roi faisait déjà part de sa volonté de digitalisation et de numérisation du Maroc. Concernant la digitalisation, le Maroc n’a pas profité véritablement de son potentiel. L’Etat marocain a été un peu timide. Nous avons des capacités très largement au-dessus de ce que nous avons été capable de réaliser. Nous avons voulu faire souvent de l’incrémental dans un secteur où il faut totalement faire un changement de paradigme. On ne peut pas faire de l’incrémental dans un secteur aussi dynamique que le numérique. Nous sommes un peu au bord de la piscine, mais on met à peine les orteils dans le digital. Il faut vraiment y plonger. Nous sommes capables de faire bien mieux que cela », a-t-il reconnu.

Des ministres en charge du Numérique et des invités de marque au Salon AITEX 2017.

Occasion pour le ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Economie numérique, Moulsay Hafid Elalamy, de lancer un appel à l’endroit des acteurs marocains et africains des TIC. Un appel pour l’accélération de la digitalisation des services étatiques. « Quand je dis qu’il faut prendre le train de la digitalisation, il ne s’agit plus d’informatiser les petits services. Il faut voir ce qui se passera demain. Nous sommes à l’ère du Big data, de blockchain, d’objets connectés et pleins de choses complètement nouvelles pour des has been comme moi, c’est de tout cela dont il s’agit aujourd’hui. C’est un changement radical du monde qui nous entoure. Une grande partie des métiers de demain n’existent pas aujourd’hui. C’est cette digitalisation qui va transformer le monde et nous avons le choix : soit d’être consommateurs de cette révolution numérique, soit d’être acteur. Pour l’instant, soyons clair, nous sommes en grande partie consommateurs de cette technologie. Nous commençons à peine un début de participation à cette transformation digitale », précise le ministre.

Donner des moyens aux jeunes

Autre appel lancé par le ministre, la collaboration Sud-Sud dans le partage d’expériences et de compétences, mais aussi la collaboration avec les partenaires de l’occident prêts à proposer des solutions aux problèmes numériques africains.

Selon Moulay Hafid Elalamy, aujourd’hui, l’accélération des progrès technologiques et les innovations numériques transforment radicalement la vie des citoyens et des entreprises. Il constate qu’Aujourd’hui des véhicules circulent au Maroc sans conducteurs, que les évolutions qu’ils  imaginaient farfelues il y a quelques temps encore sont désormais disponible au Maroc. Pour accélérer les choses, il admet qu’il faut offrir à la jeunesse, plus sensible et réceptive aux nouveautés, un terreau fertile à l’innovation. « Il faut rapidement libérer les énergies. Mettons-nous au travail. Nous avons suffisamment perdu du temps. Il faut changer de posture et de vitesse », conclut-il.

Par Beaugas Orain Djoyum à Casablanca


Cet article fait partie du Dossier spécial : AITEX 2017 : Le Maroc met en exergue l’innovation numérique africaine. Les textes du dossier :

Salon Aitex 2017 : Le Cameroun et le Nigéria en vitrine

Numérisation : les quatre vérités de Moulay Hafid Elalamy : « Faites différemment ! Ne faites pas comme le Maroc »

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