Mamoudou FADIL : « Nous entendons faciliter la collaboration entre les acteurs du numérique ivoiriens et camerounais »

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[Digital Business Africa] – Mamoudou FADIL, le nouveau Consul honoraire de la Côte d’Ivoire à Douala au Cameroun, installé le 21 novembre 2018 à Douala par le Gouverneur de la région du Litorral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, promet de mettre un accent sur la coopération digitale entre la Côte d’Ivoire et le Cameroun.

Digital Business Africa : Parmi vos missions : contribuer de manière efficace au développement des échanges commerciaux entre les deux Etats. Pour vous les acteurs du numérique ne seront pas oubliés. Concrètement, qu’est-ce qui sera fait pour eux ?

Mamoudou FADIL : Nous entendons faciliter la collaboration entre les acteurs du numérique de nos deux pays et soutenir l’installation de ceux qui veulent ouvrir des succursales aussi bien au Cameroun qu’en Côte d’Ivoire. Dans le secteur du numérique, la tendance marchande est à l’international et très peu d’entreprises possèdent des succursales. Notre apport sera donc de travailler aux côtés de ces entreprises pour faire connaitre leurs produits et services dans chacun des deux pays.

Digital Business Africa : En tant que consul de la Côte d’Ivoire à Douala, comment entendez-vous travailler pour qu’il y ait une accélération de la coopération entre les entreprises numériques de Douala et celles d’Abidjan ?

Mamoudou FADIL : Le Cameroun compte déjà trois entreprises Ivoiriennes de services numériques (SOCITECH, ALINK et AITEK) contre une seule installée à Abidjan (PANESS) d’où l’intérêt des deux pays. Ainsi, dans le cadre des missions qui sont les nôtres, nous travaillerons d’avantage à accélérer cette coopération en faisant réciproquement connaitre les entreprises. Et pour y parvenir, nous comptons organiser des forums économiques Ivoiro-Camerounais à Douala et à Abidjan et croyons qu’en l’état actuel, la représentation est la meilleure option.

Pour les entreprises désireuses d’ouvrir des succursales, nous les accompagnerons pour une installation rapide et facile ; nous ne manquerons pas  de mettre en place des facilités  pour leur développement commercial.

Digital Business Africa : Quelles sont les opportunités qui se présentent pour les entreprises numériques du Cameroun en Côte d’Ivoire ?

Mamoudou FADIL : Le marché du numérique a l’avantage de nécessiter peu de logistique pour la commercialisation. De plus, les problèmes résolus par le digital sont communs aux usagers pour peu qu’ils aient des habitudes de consommation identiques, ce qui est le cas pour le Camerounais et l’Ivoirien.

Sur cette base, il est évident que nous contribuerons à faire connaître aux marchés ivoiriens les produits et services fournis par des entreprises camerounaises. Bien évidemment, nous pourrons les accompagner pour des représentations, des succursales ou des joint-ventures afin de mieux adresser le marché ivoirien.

Il convient aussi de noter que le marché du numérique en Côte d’Ivoire représentait déjà 1000 milliards de FCFA en 2014. En 2018 le pays totalise 10 000 0000 d’abonnés Mobile Money (http://www.telecom.gouv.ci/assets/fichier/magazine/actualit_100316_1213.pdf).

D’après les mêmes autorités Ivoiriennes, les TIC contribuent également à 7% du PIB du pays.

Enfin, pour leur permettre de bien appréhender le marché Ivoirien et leur installation, nous nous entourons d’expertises avérées que nous mettons déjà à leur disposition. C’est le cas des études telles que celle réalisée par le cabinet Deloitte pour le compte du gouvernement Ivoirien sur l’Etude sur la maturité numérique des entreprises en Côte d’Ivoire

Digital Business Africa : Comment le Cameroun et les Camerounais peuvent-ils tirer avantage du secteur du numérique ?

Mamoudou FADIL : De prime abord, il me semble utile de rappeler que le Cameroun c’est cinq (5) points d’atterrissage de fibre optique chose rare en Afrique, vingt millions (20 000 000) d’abonnés mobile, trois (3) Datacenters dont deux (2) opérationnels et un (1) en  construction,  une contribution au PIB de l’ordre de 2,3%. Des chiffres qui montrent à suffisance le potentiel de ce secteur au Cameroun.

Pour en tirer partie, les Camerounais devraient d’avantage mutualiser leurs efforts afin d’offrir des services compétitifs. Ils devraient également s’employer à moins faire du copier-coller, mais à digitaliser les problèmes de base des  citoyens et des entreprises. Un fait que semble avoir compris certaines entreprises du secteur. Nous nourrissons cependant l’espoir de voir cette tendance aller grandissante.

Au Cameroun, le ministère des Postes et Télécommunications (PTT) a mis sur pied  le plan stratégique Cameroun numérique à l’horizon 2020 qui a pour objectif de porter la contribution annuelle moyenne du secteur à trois cent (300) milliards de FCFA. Un plan ambitieux pour lequel nous encourageons les parties prenantes à tout mettre en œuvre pour la concrétisation de celui-ci.

Digital Business Africa : Quel est votre analyse de l’état de l’écosystème des start-up au Cameroun et comment peut-il s’améliorer ?

Mamoudou FADIL : Nous remarquons qu’il y a une réelle volonté des Camerounais à créer des start-up et celle du gouvernement de les y encourager. Toutefois et ce pour le déplorer, il existe aussi une course à la prime et à la médiatisation au détriment de la fourniture des services et de la gestion des start-up.

Nous proposons pour l’amélioration de cet écosystème, la formation  des  promoteurs de start up dans la gestion de l’entreprise (Finance, Marketing …etc). Relevons qu’avant l’avènement des start up qui sont en majorité des Petites et Moyennes Entreprises, 90% de celles-ci font faillite au bout de trois (3) ans. Au regard de la jeunesse et des moyens à leur disposition nous préconisons également la mutualisation de leurs moyens.

Propos recueillis par B-O.D., Digital Business Africa

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