Garga Haman Adji : « Le jour où j’irai à Silicon Valley rencontrer Google… » [VIDÉO]

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Garga Haman Adji, le candidat de l’ADD (Alliance pour la Démocratie et le Développement).

[Digital Business Africa] – La plateforme web TIC Mag (www.ticmag.net) qui a récemment migré vers l’appellation DIGITAL Business Africa (www.digitalbusiness.africa), magazine des décideurs consacré aux informations stratégiques sur les TIC, les Télécoms et le Numérique en Afrique, a entrepris d’interroger en interview vidéo les neuf candidats à l’élection présidentielle du 07 octobre 2018 au Cameroun. Digital Business Africa les a invité à parler du numérique et à exposer leurs propositions pour un meilleur développement du numérique au Cameroun. Septième arrêt ce 04 octobre 2018, Garga Haman Adji, le candidat de l’ADD (Alliance pour la Démocratie et le Développement).

Il a sa solution pour créer les emplois avec le numérique. Mais, il veut aller l’exposer et le présenter également à la Silicon Valley.  Même s’il affirme que « les gens vont dire que voilà un idiot qui dit qu’il veut voir GOOGLE », il reste convaincu que ses solutions pour la création des emplois sont les meilleures. Digital Business Africa vous propose cette interview vidéo de Garga Haman Adji où il expose également comment il entend développer ce secteur du numérique s’il est élu président de la République du Cameroun. Entretien vidéo.

Digital Business Africa : Quelle est, d’après vous, l’importance du numérique aujourd’hui ?

Garga Haman Adji : Je crois que tout ce qui est nouveau comporte une part de mystique. Et le numérique, c’est tantôt le mystique, tantôt le mythe. Le numérique ne se développe pas seul, le numérique est une sorte d’annexe soit à l’économie, soit à des idées soit à la politique. Mais, le numérique lui-même et lui seul ne développe rien. Ce n’est pas parce que vous faites le numérique qu’une usine va se monter à Yokadouma. Le numérique c’est un outil de travail, un outil qui facilite le travail et qui facilite la communication ; le mot qui vous est le plus cher c’est la connexion ou l’interconnexion.

À partir de ce moment, le numérique pour moi est une sorte d’annexe aux autres activités. On ne peut pas démarrer une activité uniquement sur la base du numérique sauf si on est fabriquant d’ordinateur. En tout cas du matériel numérique. Si non, on s‘en sert comme outil de travail. Que cela soit un travail concret ou un travail intellectuel. J’avais dit tout à l’heure l’informatique c’est une question de logique. C’est une sorte de transformation de l’intelligence humaine en intelligence artificielle.  Le numérique c’est cela.

Digital Business Africa : Quel est l’état des lieux que vous faites du développement de l’économie numérique au Cameroun ?

Garga Haman Adji : C’est à dire il faut le subdiviser, les éléments constitutifs de ce numérique. Parce que, comme je le disais tout à l’heure, la téléphonie mobile pour moi est venue certainement d’une thèse de quelqu’un qui a rassemblé les appareils des tours de contrôle, la téléphonie sans fil et le téléphone fixe, etc…. Et ils se sont dit qu’en assemblant tout cela, ils vont miniaturiser la téléphonie mobile. Donc, le numérique en tant que tel et seul ne peut pas développer quoi que ce soit.

Le numérique est un apport, le numérique est un soutien et le numérique. Le numérique doit toujours s’appuyer sur quelque chose, sauf si je veux vendre du matériel numérique. A ce moment, par lui-même, il secrète son propre développement. Mais, pour que les autres se développent, il faut qu’ils s’appuient sur cela. On a parlé de la téléphonie mobile, vous avez les sms, vous avez la parole directe c’est-à-dire les appels et les réponses ; vous avez mêmes des machines à calculer ; les jeux d’enfants, etc…. Tout est là-dedans.

Mais, chez nous on ne maîtrise pas cela. Quand j’ai contrôlé les opérateurs de la téléphonie mobile, nous avons découvert qu’ils faisaient la publicité dans la téléphonie mobile. Vous savez que dans la téléphonie mobile, il y a la publicité. Heureusement, j’avais demandé en allant en mission que le ministère des Finances me donne un inspecteur des impôts qui sache la gestion des entreprises.

Mais, malheureusement la corruption aidant, nous avons trouvé 52 milliards F.Cfa d’impôts et taxes non payés. Mais, MTN et ORANGE sont allés dire au ministre il y a trop d’impôts au Cameroun. Je ne sais pas si le ministre a été corrompu. Mais, c’est quand même l’ART qui nous a prévenu. Et qu’est-ce qu’on a fait ?  On leur a donné cadeau 24 milliards… La différence, on l’a effacée. Voilà ! Où est donc le développement par le numérique ?Garga Haman Adji

Nous avions découvert que les acteurs de la téléphonie mobile ne payaient pas les taxes relatives à la publicité. Les gens l’ignoraient et moi j’avais dit à l’un de mes collaborateurs de me compter, pendant un mois, chez ORANGE Cameroun et pendant un mois chez MTN Cameroon tous les textes de publicités. Et nous avons évalué. Je crois que les taxes c’est 3% en fonction des cas. Nous avons évalué et demandé qu’il y ait rattrapage.

Mais, malheureusement la corruption aidant, nous avons trouvé 52 milliards F.Cfa d’impôts et taxes non payés. Mais, MTN et ORANGE sont allés dire au ministre il y a trop d’impôts au Cameroun. Je ne sais pas si le ministre a été corrompu. Mais, c’est quand même l’ART qui nous a prévenu. Et qu’est-ce qu’on a fait ?  On leur a donné cadeau 24 milliards… La différence, on l’a effacée. Voilà ! Où est donc le développement par le numérique ?

Digital Business Africa : Pour vous tous les opérateurs mobiles doivent payer ces taxes de publicité sur la téléphonie mobile…

Garga Haman Adji : Chacun doit payer ce qu’il doit et chacun doit s’occuper du secteur de sa compétence avec compétence. Même le gars avec qui j’étais était un inspecteur des impôts. Un gars très intelligent que j’apprécie et que j’aime bien. Mais, Il sait que le code des impôts a prévu telle taxe pour telle activité, mais il n’y a personne pour s’en occuper à la direction générale des Impôts. Et lui, ayant vu cela, il l’a relevé. Je crois que cela a dû être changé.

D’ailleurs, le directeur général des Impôts, le jour où on présentait le rapport annuel de la CONAC, a dit : « je vais voir dans quelle mesure, je vais… ».  Parce qu’il faut émettre des ordres de recettes. Mais, il faut d’abord qu’il soit convaincu que la base de nos critiques et de nos calculs soit fondée.  Et c’est après qu’il émet les ordres de recettes, etc…. Donc, il y a un problème d’abord de compétence. Il y a Armand Claude ABANDA (de l’AI) qui fait un excellent travail en ce moment en informatique.

Et vous, votre travail doit d’abord être un travail de vulgarisation. Ramenez le numérique au niveau de la classe moyenne des Camerounais et non au niveau des techniciens, polytechniciens ou ingénieurs de Télécoms. Vous êtes informaticiens, vous pouvez trouver cette base moyenne et vulgariser cette outil-là.

Et en le vulgarisant vous verrez d’abord s’élever un taux de croissance du numérique de manière vertigineuse. Et là, vous aurez fait du travail intéressant pour vous et ne serait-ce que pour votre propre intérêt. Mais, également pour la production. Comment l’utiliser et le ramener cette fois ci non pas pour la parlotte, mais pour la production. Moi, c’est ce que j’aurais dit avec certitude ou avec approximation. Mais, c’est ça !

Digital Business Africa : Que proposez-vous aux jeunes entrepreneurs qui investissent dans le secteur du numérique ?

Garga Haman Adji : Il ne faut pas faire l’amalgame. Si tu veux faire du numérique dans la cardiopathie, il faut que cela rentre dans le cadre de la politique thérapeutique du Cameroun concernant le cœur. Mais, si moi j’ai besoin de produire du mil ou du maïs et vous, vous venez me dire que vous avez guéri les oreilles ?  Je suis dérouté. Donc, ce qu’il faut, c’est qu’il y ait une interaction entre les scientifiques et les politiques.

Et à ce moment, le politique dira, voilà la voie que je veux suivre. Les autres techniciens peuvent lui permettre de redresser cette voie. C’est cette interaction entre le politique et la technique, je crois, que les gens peuvent se comprendre et élever en même temps leurs niveaux. Toi par exemple, tu connais ton travail. Combien sont comme toi qui connaissent ce que tu fais ?  Tu rentres à la maison en disant : « Je fais le numérique… ». Le numérique c’est quoi ? C’est numéro combien ?

Donc, pour moi tout doit être conçu. Pas seulement préconçu, mais conçu avec un objectif et une stratégie qui indique comment atteindre cet objectif.  Quels sont les éléments, les apports extérieurs qu’il faut mettre en place ? Qui doit faire quoi ? Et où puiser les outils de production, de fabrication, de commercialisation? Pour répondre à quels besoins ? Il faut aussi analyser les besoins.

Ce Cardiopad, c’est peut-être bien fait. Sur le plan technique, il est à féliciter. Mais, si vous donnez cela au professeur EYENGA qui est l’un des plus intelligents parmi les neurologues du Cameroun, s’il n’a pas été formé sur cela, il restera sur ses cours de la faculté. Donc, il y a cela que je peux suggérer.

Digital Business Africa : Quels conseils donnez-vous aux jeunes entrepreneurs qui veulent investir dans le secteur du numérique ?

Digital Business Africa : Nous sommes dans une civilisation qui progresse et c’est ce progrès de la civilisation qui nous a conduit au numérique. Maintenant, que nous y sommes, il faut que ces jeunes-là voient comment faire pour qu’ils influencent l’administration pour créer les besoins. Parce qu’il faut qu’il y ait une demande et la demande doit répondre à un besoin. Il faut savoir créer le besoin et répondre à ce besoin. Or, pour créer le besoin il faut d’abord que les gens maitrisent l’outil et ensuite rien qu’en le maitrisant cela devient un besoin.

…un jour j’ai pensé dire à l’ambassadeur des Etats unis de me permettre d’aller rencontrer GOOGLE.Garga Haman Adji

Je suis incapable de me séparer aujourd’hui de mes téléphones mobiles. J’en ai besoin. Mais, il y a quelques années je ne savais pas ce que c’était. Donc, il y a un problème d’organisation à la base et de réflexion. Le marketing vient plus tard. Mais, faire en sorte que les besoins du privé et les besoins du public soient connus. Au besoin, réfléchir à ces besoins et les proposer. Parce que si vous demandez à quelqu’un qui ne connaît rien à rien et vous lui dites : « Nous avons le numérique ». Qu’est-ce que vous voulez ? Il vous répond : « Vraiment, vraiment vous êtes très beau hein ! » Non ! Il y a un travail de conception à la base et c’est comme en économie ; il y a une conception à la base. Il faut une ligne directrice et la suivre. C’est facile pour vous.

Avec le numérique et avec l’informatique déjà, c’est facile pour vous de tracer comment faire pour aboutir à cela. Et puis, vous savez, un jour j’ai pensé dire à l’ambassadeur des Etats unis de me permettre d’aller rencontrer GOOGLE. C’est prétentieux de ma part. Mais, j’ai des idées. Mais je n’ai pas la technique.

Pour créer les emplois on peut dans votre cadre du numérique là créer des emplois. Mais, je ne vous dis pas comment. Parce que je risque de vendre mon idée qui peut me rapporter beaucoup d’argent le jour où j’irai à SILICON VALLEY. Mais, je vous dis qu’avec la technologie actuelle, c’est très facile de remonter aux sources, à la racine pour guider les gens à créer des emplois.

Pour créer des emplois, je vous jure, il y a des méthodes qui peuvent marcher avec ce numérique. Par exemple, un programme pour créer des emplois selon sa position géographique à travers le monde. Voilà ce que j’ai en tête. Mais, je trouve que cela fera trop prétentieux ! Les gens vont dire que voilà un idiot qui dit qu’il veut voir GOOGLE.

Propos recueillis par DIGITAL Business Africa

Présence sur les réseaux sociaux de Garga Haman Adji

Point fort : Rien à signaler

Point faible : Pas de présence structurée sur les réseaux sociaux. Absence remarquée sur les réseaux sociaux. Programme politique non disponible sur le web. Pas de site web ni du parti et encore mois de l’homme politique.


Prochain candidat :  Paul Biya du Rdpc. Rendez-vous sur DIGITAL Business Africa (www.digitalbusiness.africa)


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