Enfin, les premiers datacenters de Microsoft en Afrique ! Objectif, fournir du Cloud à tout le continent

(TIC Mag) – Le géant américain des solutions numériques Microsoft a annoncé le 20 mai 2017 son projet d’utiliser pour la première fois des data center (centres de données) situés en Afrique pour fournir les services complets et intelligents du Cloud Microsoft à l’ensemble du continent. Selon le groupe américain, cette décision aura pour avantage de permettre aux entreprises d’accéder à des opportunités dans le monde entier, mais aussi accélérer les nouveaux investissements et faciliter l’accès aux services Internet et de cloud pour les populations et les organisations, « du Caire au Cap ».

« Les solutions de Cloud Microsoft fournies depuis l’Afrique permettront aux développeurs de créer de nouvelles applications innovantes, aux clients de transformer les entreprises, et aux gouvernements de mieux répondre aux besoins des citoyens », a expliqué Scott Guthrie, vice-président Cloud and Enterprise Group, Microsoft Corp cité par un communiqué.

En développant les investissements existants, Microsoft entend fournir plusieurs services dont Microsoft Azure, Office 365 et Dynamics 365, à partir des datacenters situés à Johannesburg et à Cape Town, avec une disponibilité initiale prévue en 2018.

Comme le relevait TIC Mag l’an dernier, jusqu’ici Microsoft n’avait aucun datacenter en Afrique. C’est donc la première fois que le géant américain met en place un datacenter en Afrique.  Pour offrir des services et des solutions de qualité, notamment les services Cloud, le géant américain Microsoft a installé à travers le monde 28 datacenters où sont stockées ses données et celles de ses clients et abonnés. D’après les experts de Microsoft, ce sont des datacenters géants dont la taille de chacun équivaut à la taille de 16 stades de football réunis. En plus, chaque data center compte 600 000 serveurs.

Pour comprendre les raisons de cette absence de datacenter en Afrique, TIC Mag avait posé la question à Rami Azzi, le Business Group lead de la division Applications & Services de Microsoft Afrique de l’Ouest, du Centre et des îles de l’océan indien. C’était en mars 2016 lors d’une rencontre à Yaoundé au Cameroun.  D’après lui, aucun datacenter de Microsoft n’était présent en Afrique pour trois raisons principales :

La première, le manque d’énergie. « Chaque datacenter a besoin d’énormes quantité d’énergie. Connaissant les challenges qu’il y a en Afrique pour assurer une meilleure connectivité, il faut s’assurer qu’il n’y ait pas de problème d’énergie », expliquait-il.

Deuxième raison, l’absence d’un cadre légal protégeant les données et interdisant de les transférer à quiconque, y compris au président de la République. « Les datacenters actuellement sont dans des pays qui protègent la sécurité sur les informations stockées sur ces daatacenters. Malheureusement, ces garanties légales n’existent pas dans beaucoup de pays africains. Rien n’empêche le président d’un pays de venir nous dire : ’’je veux toutes les informations qui sont sur votre datacenter’’. Et si jamais cela arrive, les compagnies qui nous font confiance, ne nous ferons plus confiance », se justifiait Rami Azzi.

La troisième raison principale, c’est la mesure des risques externes dont peuvent faire face certains pays africains, car explique-t-il, il faut absolument être dans les régions qui n’ont pas de risques. Par exemple, il faut être « dans les pays où il n’y a pas de révolutions ou de coups d’Etat possibles qui peuvent venir impacter ces datacenters. Je suis Libanais et il n’y a pas de Datacenter de Microsoft dans tout le Moyen-Orient non plus », expliquait alors ce cadre de Microsoft.

L’Afrique du Sud étant le premier pays africain choisi, l’on peut dire que ce pays répond au moins aux critères minima du géant américain.

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