Cameroun : Camtel et le Minpostel n’accordent pas leurs violons avec la Banque mondiale

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« Ce n’est qu’une question de patience, et tous doivent mettre la main à la patte », a affirmée la MINPOSTEL, Minette Libom Li Likeng.
La ministre des Postes et télécommunications, Minette Libom Li Likeng, et le DG de CAMTEL, David, Nkoto, Ename | Photo : YAOUNDE INFO / Illustration

(TIC Mag) – Un « atelier de haut-niveau sur les reformes à effectuer par le Cameroun dans son secteur des TIC » s’est tenu le 02 mars 2017 à l’amphi 300 du ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat). Un atelier organisé à l’initiative du Minepat et parrainé par la représentation camerounaise de la Banque mondiale.

En réalité, il ne s’agissait pas d’un « atelier de haut-niveau sur les reformes à effectuer par le Cameroun dans son secteur des TIC », mais il était question pour la Banque mondiale de présenter au gouvernement camerounais les différentes options de réformes et restructuration de Camtel, l’opérateur de télécommunications historique national. C’était du moins le sujet principal de réformes évoqué par les deux experts de la Banque mondiale présents à cette rencontre.

Même s’ils ont marqué de leur présence à cette rencontre, l’on peut dire, au vu de leurs déclarations, que le ministère des Postes et Télécommunications et Camtel n’ont pas apprécié la manière dont cet atelier a été organisé.

Faire entrer des investisseurs à Camtel

Déjà, pour la Banque mondiale, l’option retenue par le groupe de travail interministériel est la transformation de Camtel en holding avec deux entités. La première, étatique, qui s’occuperait de la gestion des infrastructures numériques et du réseau fixe et la seconde pour la gestion et la commercialisation du réseau mobile et du FTTX (fibre optique à domicile). Avec la possibilité pour des investisseurs privés d’entrer dans le capital de la seconde entité.

L’organisation et la préparation de cet atelier ont sans doute échappées au ministère des Postes et Télécommunications. En effet, au vu des déclarations de la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, qui a pris le soin de participer personnellement à cet atelier du début à fin, l’on se rend compte que le Minpostel n’était pas informé des termes de référence de cette rencontre.

A en croire la ministre, c’est en salle que les responsables du Minpostel découvrent les termes de référence. Bien que le directeur des Infrastructures du Minpostel ait présenté un exposé sur les grandes lignes du Plan Cameroun numérique 2020, qui n’a pas focalisé sur la restructuration de Camtel.

De leur côté, la direction générale de Camtel a dépêché un représentant qui a simplement indiqué que Camtel n’a pas prévu un exposé à cet atelier. Impossible donc pour l’opérateur public de répondre à une quelconque question ou de soumettre une quelconque suggestion à la Banque mondiale. Egalement ici, certains responsables laissent entendre que Camtel également n’avait pas reçu les termes de référence de cet atelier de haut niveau. Ce que contestent certains experts de la BM qui indiquent avoir envoyé ces termes de référence à Camtel et au Minpostel.

Monologue

Au finish donc, il ne s’agissait pas d’un dialogue, mais de l’écoute de ce que sont venus proposer les deux experts de la Banque mondiale (Charles Hurpy, spécialiste des politiques de TIC et Carlo Maria Rossotto, coordonnateur régional et spécialiste des politiques de TIC) repartis insatisfaits. Insatisfaits, car n’ayant eu aucun échange avec les responsables du Minpostel et encore moins avec ceux de Camtel sur les trois options de restructuration de Camtel proposées. Et la ministre de proposer que les choses se fassent dans les règles de l’art pour les prochaines rencontres. Avec l’implication de tous les acteurs publics du secteur des TIC pouvant être transformés par des réformes dans le secteur des TIC.

Déclaration de Minette Libom Li Likeng aux responsables et experts de la Banque mondiale au terme de cet atelier : « Nous saluons la tenue de cet atelier de haut niveau. Mais, comme vous l’avez constaté, il y a eu une coordination assez insuffisante. Parce que les termes de référence, nous ne l’avons pas eu. (…) C’est un premier atelier. Il va en avoir d’autres. Le gouvernement s’est engagé dans cette opération avec la Banque mondiale. Nous avons déjà commencé à échanger. Ce qui reste à faire c’est de se retrouver autour d’une table pour nous entendre sur les réformes à entreprendre. Au niveau des présentations qu’il y a eu, nous nous retrouvons dans l’esprit de ce qu’il a à faire. Mais, c’est la manière de le mettre en œuvre qui nécessite que nous accordions nos violons. Je pense que la Banque mondiale fera une autre mission. (…) Nous mettons un point d’honneur à ce que cette réforme soit effective et se fasse selon les règles de l’art, pour que tout le monde se retrouve. Parce qu’il serait bon que dans la salle, autour de la table, que l’on s’assure que soient là l’ART, l’ANTIC, le Ministère de l’Enseignement supérieur, le ministère du Tourisme et ceux-là qui sont les plus à même d’être transformés. »

Pour la ministre Libom Li Likeng, c’est après cette concertation conjointe que le point de vue gouvernemental sur ces réformes sera présenté à la Banque mondiale. Un point de vue qui sera inspiré de la stratégie Cameroun numérique 2020. « Et cette stratégie, précise la ministre, n’est pas celle du Minpostel, mais de tous les autres départements ministériels qui ont joué un rôle important pour que l’on ait cette stratégie Cameroun numérique 2020. Et nous voulons aller vite. Car 2020 c’est bientôt ! »

Ecrit par TIC Mag

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